Bruxelles, le 20 août 2026 (WAFA) – La Fondation Hind Rajab a déclaré ne pas faire confiance à la décision de l'armée d'occupation israélienne d'ouvrir une enquête sur le meurtre de Hind Rajab, de six membres de sa famille et des deux secouristes envoyés à leur secours le 29 janvier 2024.
La fondation a exprimé ses doutes quant à l'efficacité de cette enquête, qui intervient après que l'armée d'occupation a admis que ses soldats avaient tiré sur la voiture transportant Hind Rajab à Gaza en janvier 2024.
Le cas d'Hind (5 ans) a suscité une vive émotion internationale après la diffusion virale d'un enregistrement où on l'entendait appeler désespérément le Croissant-Rouge à l'aide. Elle a été retrouvée morte dans une voiture, avec six membres de sa famille et deux ambulanciers dépêchés sur place pour la secourir.
L'organisation a ajouté que sa position inclut également le meurtre de 15 ambulanciers et secouristes palestiniens par des tirs israéliens à Rafah le 23 mars 2025.
L'organisation de défense des droits humains a affirmé que ces enquêtes, même si elles devaient avoir lieu, ne constitueraient pas un véritable pas vers la justice.
Elle a expliqué que « de nombreuses organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains et juridiques ont documenté au fil des ans que les enquêtes internes israéliennes sur les violations commises par ses soldats souffrent de lacunes fondamentales et ne peuvent être considérées comme des mécanismes de responsabilisation fiables ».
Elle a ajouté que les enquêtes sur les violations commises par l'armée d'occupation se terminent généralement sans examen approfondi, sans poursuites ni sanctions significatives.
Elle a ajouté que « même dans les rares cas où des soldats ont été reconnus coupables de crimes, les sanctions étaient souvent très clémentes ou de nature administrative ».
L'organisation a cité l'assassinat de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh comme exemple.
Elle a noté qu'après une enquête menée par l'armée israélienne sur le meurtre d'Abu Akleh en mai 2022, celle-ci a reconnu en septembre de la même année qu'il existait une « forte probabilité » qu'elle ait été tuée par des tirs israéliens.
Cependant, l'avocat général militaire a conclu qu'aucun soupçon ne justifiait l'ouverture d'une enquête criminelle par la police militaire, et aucune enquête de ce type n'a été ouverte.
La Fondation Hind Rajab a soulevé des questions quant au moment choisi par Israël pour cette annonce.
Elle a ajouté : « Deux ans et demi après le génocide, pourquoi Israël a-t-il soudainement décidé d’ouvrir des enquêtes criminelles sur ces deux cas précis, parmi les innombrables crimes documentés par les instances internationales, les organisations de défense des droits humains et juridiques, les journalistes et les enquêteurs indépendants ?»
La fondation estime que la réponse « se trouve dans les propres archives d’Israël ».
Elle a indiqué qu’Israël affirme avoir saisi son Mécanisme d’établissement des faits et d’évaluation de plus d’un millier d’incidents de conduite présumée inappropriée de ses forces à Gaza et avoir ouvert 74 enquêtes criminelles, mais qu’aucun rapport exhaustif détaillant l’état d’avancement ou les résultats de ces enquêtes n’a été publié.
L'organisation a également cité une analyse indépendante menée par Action on Armed Violence (AOAV) portant sur 52 enquêtes militaires israéliennes publiques concernant des violations présumées à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Selon l'organisation, cette analyse a révélé que 88 % de ces enquêtes ont été classées sans suite ou sont restées en cours d'examen sans qu'aucune conclusion ne soit rendue publique, tandis qu'une seule enquête a abouti à une peine de prison.
L'organisation a ajouté que cette situation « n'est pas nouvelle, mais s'inscrit dans la continuité d'une tendance qui perdure depuis des décennies, l'annonce d'enquêtes internes n'ayant jamais permis d'établir une véritable responsabilité pour les crimes commis contre les Palestiniens. »
La fondation a ajouté que le moment choisi pour cette annonce devait être replacé dans son contexte plus large, intervenant alors qu'Israël fait l'objet d'une surveillance internationale accrue concernant la récente escalade des tensions à Gaza, l'intensification des attaques contre le Sud-Liban et la reprise de ses opérations militaires contre la Syrie.
Elle a indiqué qu'en octobre 2025, à la suite d'une enquête approfondie, elle avait identifié l'unité militaire israélienne, les commandants et les soldats qu'elle jugeait responsables de la mort d'Hind Rajab, de six membres de sa famille et des deux secouristes envoyés à leur secours.
La Fondation Hind Rajab a été créée en février 2024 et son siège se trouve à Bruxelles. Elle poursuit activement des actions en justice contre des responsables et des militaires israéliens dans le monde entier.



