Ramallah, le 31 août 2026, WAFA– La Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation a révélé que les autorités israéliennes avaient publié une nouvelle déclaration, sous l’appellation d’« biens de l’État », portant sur 370,28 dunums de terres situées à Abu Dis et Arab al-Sawahreh, dans le gouvernorat de Jérusalem (voir carte ci-contre), en vertu de la déclaration n° (הכ/05/26), datée du 27 août 2026.
La décision concerne les bassins fonciers n° 3 et 6 d’Abu Dis ainsi que le bassin n° 5 d’Arab al-Sawahreh, sur la base de l’ordonnance militaire relative aux « biens de l’État » n° 59 de 1967. Elle place ainsi ces terres sous l’autorité de ce qui est désigné comme le « gardien des biens de l’État et des biens abandonnés ».
Cette déclaration s’inscrit dans le prolongement des mesures destinées à établir la colonie de « Mishmar Yehuda », après la publication, en décembre 2025, par les autorités israéliennes, d’un avis relatif à l’équipe de la « ligne bleue » portant sur quelque 3 380 dunums au profit de ce projet. Avec la nouvelle superficie déclarée, l’ensemble foncier actuellement mobilisé au profit de la colonie atteint environ 3 750 dunums.
Cette démarche intervient parallèlement à l’élaboration du premier plan de la colonie, qui prévoit quelque 3 600 unités de colonisation, prélude à sa transformation en une importante ville coloniale à l’est de Jérusalem.
Le gouvernement israélien avait approuvé la création de « Mishmar Yehuda » en février 2023, avant que le commandant de la région militaire Centre ne signe, en février 2024, un ordre définissant son périmètre d’influence.
Cette succession de mesures révèle une démarche gouvernementale intégrée, allant de la reconnaissance de l’avant-poste et de la définition de son périmètre d’influence à l’agrégation et à la reclassification des terres, puis à la planification de milliers d’unités et à leur raccordement aux infrastructures. Elle contribue ainsi à renforcer l’encerclement colonial à l’est de Jérusalem et à fragmenter la continuité territoriale palestinienne entre Abu Dis, al-Sawahreh et al-Obaidiya.
La portée du nouvel avis apparaît d’autant plus clairement lorsqu’elle est mise en regard de la déclaration du 29 février 2024, par laquelle les autorités israéliennes avaient déclaré quelque 2 640 dunums de terres d’Al-Eizariya et d’Abu Dis comme « biens de l’État ». Cette décision concernait notamment le bassin foncier n° 6 d’Al-Eizariya ainsi que les bassins n° 4, 6 et 7 d’Abu Dis.
Les deux déclarations se recoupent géographiquement dans le bassin foncier n° 6 d’Abu Dis et au niveau du site de Jabal al-Qatfa, confirmant que la nouvelle déclaration constitue une étape supplémentaire dans une série continue de déclarations foncières s’étendant de la zone située entre les colonies de Ma’ale Adumim et de Kedar jusqu’aux abords de la colonie de « Mishmar Yehuda ».
À travers ces déclarations successives, les autorités israéliennes cherchent à combler les espaces séparant les différents blocs de colonies et à constituer une ceinture coloniale continue à l’est de Jérusalem. Cette politique accentue l’isolement de la ville de son environnement palestinien et réduit l’espace géographique disponible pour Abu Dis, Al-Eizariya, al-Sawahreh ainsi que pour les communautés bédouines de Wadi Abu Hindi et de ses environs.
La déclaration de ces terres comme « terres de l’État » fait peser une menace existentielle sur la communauté bédouine d’Al-Muntar, qui compte 112 familles palestiniennes et se trouve à l’intérieur de la zone visée. Elle transforme l’espace où sont implantés les habitations, l’école, les pâturages et les itinéraires de déplacement de la communauté en « biens de l’État » susceptibles d’être affectés à des projets coloniaux, ouvrant la voie à un durcissement des restrictions sur la construction, le pâturage et l’accès aux terres, ainsi qu’à une multiplication des ordres de démolition et d’expulsion.
Cette mesure intervient dans un contexte de contraintes coercitives auxquelles la communauté est déjà confrontée, notamment la fermeture de sa principale voie d’accès, les restrictions visant ses infrastructures et son école, ainsi que la privation d’équipements et de services de base. Le risque ne se limite ainsi plus à la prise pour cible d’infrastructures isolées, mais s’étend à l’espace territorial dans lequel toute la communauté est établie, poussant progressivement ses habitants vers un déplacement forcé, sous l’effet de conditions rendant leur maintien sur place de plus en plus difficile.
La Commission a souligné que la qualification de ces terres comme « biens de l’État » ne confère à Israël aucun droit de souveraineté sur celles-ci et ne modifie pas leur statut de terres palestiniennes occupées. Selon le droit de l’occupation, la puissance occupante est uniquement habilitée à assurer l’administration temporaire des biens publics, tandis que les colonies et leur expansion constituent une violation du droit international.
La Commission a également appelé les ayants droit à prendre connaissance de la décision et a rappelé que celle-ci pouvait faire l’objet d’objections dans un délai de 45 jours à compter de sa publication. Elle les a exhortés à rassembler sans délai leurs documents de propriété et leurs cartes cadastrales et à saisir les autorités compétentes.
H.A



