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Accueil Occupation 31/August/2026 06:39 PM

Israël impose son programme scolaire à 45 000 élèves palestiniens à Jérusalem-Est

Jérusalem, le 31 août 2026, WAFA– Quelque 45 000 élèves palestiniens de Jérusalem-Est occupée seront contraints d’étudier cette année selon le programme scolaire israélien, a révélé lundi le quotidien israélien Haaretz.

Ces élèves représentent environ 38 % des quelque 120 000 élèves scolarisés à Jérusalem-Est, qui seront concernés par l’enseignement du programme israélien au cours de la prochaine année scolaire.

Selon le quotidien, il s’agit d’une évolution sans précédent depuis 1967, année de l’occupation israélienne de Jérusalem-Est. Après l’occupation, le système éducatif palestinien de la ville est resté lié aux programmes utilisés dans les écoles de Cisjordanie, qui reposaient initialement sur le programme jordanien, avant l’adoption du programme scolaire palestinien.

Haaretz précise que 39 363 élèves étudieront selon le programme israélien durant l’année scolaire 2026-2027 dans 105 établissements municipaux, auxquels s’ajouteront 5 085 élèves dans des établissements « reconnus mais non officiels ». Le nombre total d’élèves concernés dépassera ainsi 45 000, soit environ 38 % des quelque 120 000 élèves de Jérusalem-Est.

Ce changement n’est pas volontaire, mais résulte de pressions israéliennes intensives exercées sur les directions des établissements scolaires et les parents dans différents quartiers. Ces pressions visent notamment à imposer le programme israélien aux nouveaux élèves entrant en première et en septième année, dans le but de les intégrer dès les premières étapes de leur scolarité au système éducatif relevant des autorités israéliennes.

Le porte-parole du gouvernorat de Jérusalem, Maarouf al-Rifai, a vivement mis en garde contre les conséquences de la décision des autorités israéliennes d’imposer ce programme aux nouvelles classes qui ouvriront mardi prochain dans les écoles publiques de Jérusalem-Est, notamment les classes de première et de septième année.

Il a qualifié cette mesure d’escalade grave et sans précédent depuis 1967, estimant qu’elle constitue une atteinte directe à l’identité nationale et culturelle des générations de Jérusalem.

Selon al-Rifai, cette décision s’inscrit dans le cadre d’une politique systématique visant le secteur de l’éducation palestinienne à Jérusalem et cherchant à substituer le récit israélien au programme palestinien. Il a dénoncé une atteinte au droit des élèves palestiniens de Jérusalem à recevoir un enseignement fondé sur des programmes reflétant leur histoire, leur identité et leur culture nationale.

Les chiffres témoignent, selon lui, d’une progression rapide et préoccupante de l’imposition du programme israélien. Le nombre d’élèves suivant ce programme est passé de 10 347 en 2020-2021 à 19 402 en 2024-2025, puis à 27 041 en 2025-2026, contre moins de 13 000 six ans auparavant et seulement quelques centaines il y a environ quinze ans.

Al-Rifai a souligné que cette escalade ne constituait pas un phénomène soudain, mais une nouvelle étape d’un processus de longue durée marqué par des pressions israéliennes sur les établissements scolaires palestiniens. Celles-ci ont notamment porté sur les directions des écoles et sur le conditionnement de certains financements à des exigences liées aux programmes scolaires, jusqu’à la prise de contrôle de deux complexes éducatifs de l’UNRWA dans les camps de Shuafat et de Kafr Aqab.

Selon les informations disponibles, les autorités israéliennes prévoient d’ouvrir 14 classes du secondaire, une école primaire et cinq jardins d’enfants dans le complexe de Shuafat, ainsi qu’une école secondaire pour garçons dans le complexe de Kafr Aqab. Pour al-Rifai, ces mesures font partie d’une tentative de « remodelage » de l’environnement éducatif de Jérusalem au service des politiques israéliennes.

Il a souligné que l’imposition du programme scolaire des autorités occupantes à la population palestinienne d’une ville occupée constituait une grave violation du droit international humanitaire. Il a rappelé que la Quatrième Convention de Genève impose à la puissance occupante des obligations précises à l’égard de la population civile, notamment la protection des enfants, la garantie de la continuité du fonctionnement des établissements éducatifs et l’interdiction d’utiliser l’éducation comme instrument d’effacement de l’identité de la population ou d’imposition d’un récit politique.

Le responsable palestinien a estimé que le ciblage des programmes scolaires dépassait le cadre d’une mesure administrative ou éducative et constituait une atteinte directe à la conscience, à la mémoire et à l’identité nationale des générations de Jérusalem. Il a dénoncé la volonté d’effacer le programme palestinien au profit d’un programme israélien véhiculant le récit de l’occupation, notamment à travers la suppression ou la marginalisation de pans essentiels de l’histoire palestinienne, tels que la Nakba, les prisonniers palestiniens et Jérusalem.

« L’éducation est l’un des principaux vecteurs de préservation de l’identité de Jérusalem », a-t-il déclaré, estimant que la volonté de contrôler les esprits des élèves et leurs programmes scolaires s’inscrivait dans le prolongement des politiques d’annexion, de judaïsation et d’effacement du caractère arabo-palestinien de la ville.

Al-Rifai a affirmé que l’imposition du programme israélien faisait partie d’un ensemble cohérent de politiques visant à consolider l’annexion de Jérusalem et à la séparer de son environnement palestinien. Il a notamment souligné que le mur de séparation et les checkpoints avaient isolé des dizaines de milliers de Palestiniens de Jérusalem du centre-ville et de ses institutions, dans le cadre d’une politique visant à rompre les liens naturels entre la ville et son environnement palestinien.

Il a averti que la poursuite de ces politiques, conjuguée au contrôle de l’éducation et des programmes scolaires, menaçait l’avenir des générations de Jérusalem et la mémoire collective de la ville. Il a appelé les familles, les établissements scolaires et la société locale à renforcer la résilience des élèves et des enseignants et à défendre leur droit à une éducation fondée sur le programme palestinien.

Il a également appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales à l’égard de Jérusalem en tant que ville sous occupation, et à ne pas considérer les mesures prises par les autorités occupantes comme un fait accompli ou comme une simple question administrative interne.

Al-Rifai a enfin souligné que l’attachement des habitants, des enseignants et des élèves de Jérusalem au programme palestinien ne se résumait pas à la défense d’un manuel scolaire, mais constituait une défense de la mémoire, de l’identité, de l’histoire et du droit à préserver le récit national. Il a affirmé que l’éducation demeurerait l’une des principales lignes de défense de l’identité arabe, musulmane et chrétienne de Jérusalem et du droit de ses générations futures à connaître l’histoire de leur ville et à préserver son patrimoine et son identité.

H.A

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