Ramallah, le 13 septembre 2026, WAFA- La Commission des affaires des prisonniers et ex-prisonniers a fait état dimanche d’une dégradation des conditions sanitaires et humanitaires de trois détenus palestiniens dans la prison israélienne d’Ofer, dont un sexagénaire souffrant de plusieurs maladies chroniques et présentant des séquelles de violences qu’il aurait subies lors de son arrestation.
Selon la Commission, Maher Rizq Abdel Naasan, 60 ans, originaire du village d’al-Mughayyir, a été arrêté le 6 juillet 2026 à un point de contrôle volant dans la région d’Ain Sinya, alors qu’il se trouvait dans son véhicule. Sa famille est restée sans nouvelles de lui pendant plusieurs heures avant d’apprendre qu’il avait été placé en détention.
Des témoignages de prisonniers libérés qui l’ont rencontré ont fait état de coups violents, d’une exposition prolongée au soleil et de brûlures de cigarettes infligées sur son corps pendant son arrestation, selon la Commission. Son véhicule aurait par ailleurs été confisqué pendant une semaine et plusieurs documents personnels, pièces d’identité et titres de propriété foncière auraient été retenus.
La Commission indique que son état de santé s’est aggravé en détention. Il souffre notamment d’une hernie discale au niveau de la quatrième vertèbre, pour laquelle une intervention chirurgicale était prévue avant son arrestation, ainsi que d’une inflammation à une articulation de la jambe, de troubles du côlon et de douleurs abdominales. Il souffre également de douleurs persistantes au niveau de l’épaule, du dos et de la poitrine, attribuées aux violences subies lors de son arrestation.
Ancien officier supérieur des forces de sécurité palestiniennes, Maher Abdel Naasan purge actuellement le deuxième mois d’une détention administrative de quatre mois, selon la Commission. Il est père de sept enfants.
La Commission a également indiqué que Rafik Raed Rafik Qabaj, 23 ans, originaire d’al-Bireh, souffrait de problèmes cardiaques caractérisés par une accélération du rythme cardiaque avant son arrestation et nécessitant un traitement. Il souffre également de gale (scabiose), qui se serait propagée dans l’ensemble de son quartier de détention en raison, selon la Commission, du manque d’hygiène.
Arrêté le 12 février 2026, Qabaj fait l’objet d’un deuxième ordre de détention administrative de quatre mois. Il est étudiant en pharmacie.
Concernant le troisième détenu, Ali Abdel Eid Barghouthi, originaire de Beit Rima, la Commission a rapporté que les détenus éprouvaient des difficultés à changer régulièrement de vêtements et à les laver, faute de produits de nettoyage en quantité suffisante. Le manque de sous-vêtements contribuerait également, selon elle, à la propagation de la gale.
Barghouthi, détenu depuis le 15 décembre 2025, a également fait état de perquisitions répétées dans les cellules, de fouilles, de dégradations et de confiscations d’effets personnels. Il a affirmé que l’administration pénitentiaire empêchait les détenus d’accomplir collectivement la prière et sanctionnait ceux qui dirigeaient la prière.
La Commission a appelé à une intervention urgente pour garantir aux détenus, notamment aux malades et aux personnes âgées, l’accès aux soins médicaux nécessaires, ainsi qu’à l’amélioration des conditions de détention et à la fin des violences et de la négligence médicale, conformément aux normes internationales et humanitaires.
H.A



