Accueil Les Prisonniers 13/September/2026 12:22 PM

À Janot, les détenus palestiniens malades face à la dégradation des conditions de détention

Ramallah, le 13 septembre 2026, WAFA- L’Autorité chargée des affaires des prisonniers et des détenus libérés a fait état, dans un rapport publié dimanche, d’une dégradation continue des conditions de détention, de vie et de santé des prisonniers palestiniens incarcérés dans la prison israélienne de Janot, dénonçant notamment l’intensification des opérations de répression et de fouille, les mauvais traitements, le manque aigu de vêtements et de nourriture ainsi que ce qu’elle qualifie de négligence médicale envers les détenus malades.

Selon le rapport, le prisonnier Osama Fathallah al-Shinni, détenu depuis le 20 novembre 2024, souffre d’une hernie discale au niveau du dos, pour laquelle il avait subi une intervention chirurgicale en 2022. Après avoir été interrogé pendant 30 jours à la prison d’Ofer, puis transféré successivement à Nafha et à Ramon, il a finalement été transféré à Janot.

L’Autorité indique qu’al-Shinni souffre actuellement de douleurs intenses et affirme que l’administration pénitentiaire refuse de lui fournir des analgésiques. Il a également fait état de mauvais traitements de la part des gardiens, de fouilles quasi quotidiennes et d’un manque de produits de première nécessité.

Concernant l’alimentation, le prisonnier a décrit une nourriture de mauvaise qualité et indiqué que plusieurs détenus souffraient de graves carences nutritionnelles. Il affirme avoir perdu 35 kilogrammes depuis le début de sa détention et ne disposer que de deux changes de vêtements, tandis que les détenus du quartier souffriraient généralement d’un manque de sous-vêtements.

Le temps passé dans la cour, ou « fawra », ne dépasserait par ailleurs qu’environ une heure par jour, avec des horaires irréguliers susceptibles d’être modifiés en fonction des sanctions imposées par l’administration pénitentiaire.

Le rapport cite également le témoignage de Qassam Abdel Karim Shibli, détenu depuis le 26 août 2019 et toujours en détention provisoire. Celui-ci a fait état de la poursuite des opérations de répression et des incursions dans les cellules et les quartiers de détention.

Selon son témoignage, des unités de répression israéliennes de « Metzada » et « Yamaz » ont effectué, le 4 septembre, une opération dans plusieurs cellules, dont celle où il était détenu. Les forces intervenantes auraient utilisé des balles en caoutchouc, des grenades lacrymogènes et la violence physique, faisant deux blessés parmi les prisonniers. Les détenus, selon Shibli, n’auraient pas été informés des motifs de cette opération.

Le prisonnier Fadi Ahmad Abu Al-Rob, détenu depuis le 21 mars 2026, a pour sa part fait état de provocations et d’insultes répétées, ainsi que de la poursuite des fouilles et des opérations de répression dans les cellules et les quartiers. Il affirme avoir perdu 15 kilogrammes depuis son arrestation, qu’il attribue à ce qu’il décrit comme une politique de sous-alimentation systématique dans les prisons israéliennes.

Le rapport évoque également le cas d’Achraf Mohammad Hassan al-Zaghari, originaire du camp de réfugiés de Dheisheh et détenu depuis le 28 décembre 2022. Il souffre de blessures antérieures à son arrestation, notamment aux deux genoux à la suite de tirs, avec des éclats toujours présents dans son corps. Il souffre également d’une blessure à l’oreille gauche subie lors d’une opération de répression à Ofer il y a environ un an et demi.

Selon son témoignage, cette blessure lui a depuis causé des douleurs, une baisse de l’audition et des acouphènes, dans un contexte qu’il décrit comme marqué par la négligence médicale, les mauvais traitements, les humiliations, le manque de produits de première nécessité et la mauvaise qualité de la nourriture.

Enfin, l’Autorité signale le cas d’Ahmad Mustafa Blidi, originaire de Salfit, détenu administrativement depuis le 2 février 2025. Il souffre de gale (scabiose) et ne recevrait, selon le rapport, ni médicaments ni pommade pour traiter son état, aggravant ainsi ses problèmes de santé.

L’Autorité des affaires des prisonniers affirme que les difficultés rencontrées par les détenus palestiniens ne se limitent pas aux conditions de détention, mais concernent également l’accès aux besoins essentiels, notamment la nourriture, les vêtements et les soins médicaux. Elle dénonce la poursuite des fouilles et des opérations de répression dans les quartiers pénitentiaires, dont les conséquences seraient particulièrement lourdes pour les détenus malades ou blessés.

H.A

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