Jérusalem, le 2 octobre 2026, WAFA — Au total, 11 409 colons israéliens ont pénétré dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa pendant la période des fêtes juives, de Roch Hachana jusqu’à la fin des incursions jeudi, selon le gouvernorat de Jérusalem, qui fait état d’une nette intensification des incursions, des rites religieux et des mesures israéliennes à l’intérieur et autour du site.
Roch Hachana : 593 colons israéliens ont pénétré dans la mosquée Al-Aqsa lors des incursions recensées le 13 septembre 2026. Le site était fermé aux incursions le 12 septembre, qui coïncidait avec un samedi, alors que des groupes du mouvement dit du « Temple » réclamaient l’autorisation de pénétrer dans l’enceinte le jour du shabbat.
Yom Kippour : 1 678 colons ont pénétré dans la mosquée Al-Aqsa les 20 et 21 septembre, dont 992 le 20 septembre et 686 le 21 septembre.
Souccot : au cours des cinq premiers jours de la fête couverts par le recensement, du 27 septembre au 1er octobre, 9 138 colons ont pénétré dans l’enceinte. Le gouvernorat de Jérusalem en a recensé 1 500 le 27 septembre, 1 792 le 28 septembre, 1 462 le 29 septembre, 2 474 le 30 septembre et 1 910 le 1er octobre.
Le nombre total de colons ayant pénétré dans la mosquée Al-Aqsa pendant Roch Hachana, Yom Kippour et les cinq premiers jours de Souccot s’établit ainsi à 11 409 au 1er octobre. La fête de Souccot se poursuit vendredi 2 octobre, avant la célébration de « Sim'hat Torah » samedi 3 octobre.
Ces incursions se sont accompagnées de rites religieux plus visibles et plus étendus, avec la participation de ministres, de rabbins, de responsables et de personnalités politiques israéliennes, parmi lesquels le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, Moshe Feiglin, dirigeant du parti Zehout, et le rabbin Yehuda Glick. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également participé à des rites au mur Al-Buraq, selon le gouvernorat.
À l’intérieur de l’enceinte d’Al-Aqsa, les pratiques recensées comprennent notamment des prières et des rites religieux collectifs et publics dès le début des incursions, avec prosternations, prières, chants religieux, danses, chants, applaudissements et sonneries du shofar. Certains participants portaient également des livres et feuilles de prière ainsi que des vêtements religieux et des tee-shirts ornés d’images et de slogans liés au mouvement dit du « Temple ».
Selon le gouvernorat de Jérusalem, ces pratiques ne se sont plus limitées à la partie orientale de l’enceinte, mais se sont étendues le long du parcours des incursions, sur certaines plateformes et dans des zones boisées jusqu’aux abords de la mosquée Bab al-Rahma. Des groupes y sont restés pendant de longues périodes pour y effectuer des prières et des rites collectifs et publics.
La partie orientale de l’enceinte est toutefois demeurée un point de rassemblement récurrent. Des groupes successifs s’y sont dirigés et y sont restés durant de longues périodes, récitant des chants religieux, priant et se prosternant à voix haute. Le gouvernorat affirme que cette présence dépasse désormais le simple passage sur le parcours des incursions et contribue à établir un mode récurrent de présence religieuse dans cette zone, certains la présentant dans les faits comme une « synagogue non déclarée ».
Le gouvernorat a également fait état de l’introduction dans l’enceinte de plusieurs objets liés aux rites religieux, notamment les « quatre espèces » utilisées lors de Souccot : l’étrog, une branche de palmier, des branches de myrte et des branches de saule. Des livres et feuilles de prière auraient également été introduits et utilisés lors des rites.
Des tefillins — de petites boîtes contenant des textes religieux et portées sur le bras ou la tête — ont également été introduits dans l’enceinte. Le gouvernorat affirme par ailleurs avoir recensé 30 sonneries du shofar lors des incursions de Roch Hachana, le 13 septembre.
Parallèlement, les autorités israéliennes ont imposé des restrictions à l’accès des fidèles musulmans à la mosquée Al-Aqsa. Certains fidèles auraient notamment été informés, après la prière de l’aube, qu’ils ne pourraient revenir dans l’enceinte avant 15h30, au moment où se déroulaient les incursions de l’après-midi.
Les fidèles musulmans et les employés du département des waqfs islamiques ont également été empêchés de rester dans les cours de la mosquée pendant certaines périodes d’incursion. Des dizaines de Palestiniens ont par ailleurs fait l’objet de mesures d’éloignement d’Al-Aqsa.
Les restrictions se sont également étendues aux abords de la mosquée et à la Vieille Ville. Les forces israéliennes y ont déployé un important dispositif, installé des barrières métalliques et des barrages à plusieurs points autour du site et renforcé les restrictions aux entrées de la Vieille Ville ainsi que sur les routes menant à Al-Aqsa et au mur Al-Buraq.
Plusieurs axes principaux ont été fermés afin de faciliter l’accès des colons, tandis qu’à d’autres moments, les personnes ne résidant pas dans la Vieille Ville ont été empêchées d’y entrer. Des commerces ont également été fermés à leurs propriétaires afin de faciliter le déroulement des rites des colons, selon le gouvernorat.
Des prières collectives de colons ont également été observées aux abords de la mosquée et de ses portes, notamment autour des portes de la Chaîne, des Cotonniers et de Hatta, ainsi qu’en face de Bab al-Rahma et autour du mur Al-Buraq. La cérémonie dite de la « bénédiction des prêtres » a par ailleurs été organisée sur l’esplanade du mur Al-Buraq, avec la participation de plus de 50 000 fidèles.
Dans le cadre des mesures d’éloignement et d’interdiction d’accès, les autorités israéliennes ont poursuivi leurs restrictions visant les Palestiniens souhaitant se rendre à Al-Aqsa. Le gouvernorat de Jérusalem affirme avoir recensé près de 900 décisions d’éloignement de la mosquée depuis le début de 2026, avec une hausse de ces mesures à l’approche et pendant la période des fêtes.
Le gouvernorat affirme également que les autorités israéliennes ont empêché des journalistes et des militants d’entrer dans la mosquée et de documenter les incursions et les incidents qui s’y produisent. Plusieurs employés des waqfs islamiques ont également été éloignés, ce qui, selon le gouvernorat, a réduit la capacité des institutions palestiniennes et des médias à documenter les événements depuis l’intérieur du site.
Selon le gouvernorat, ces restrictions ont également contribué à limiter les images disponibles de l’intérieur d’Al-Aqsa, une grande partie des contenus diffusés provenant désormais des autorités israéliennes ou des personnes participant aux incursions.
Le gouvernorat de Jérusalem a affirmé que les événements survenus à Al-Aqsa et dans ses environs constituaient une « dangereuse escalade » visant, selon lui, l’identité islamique du site ainsi que son statut historique et juridique. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme des violations du droit international et des résolutions internationales, faisant notamment référence aux positions de la Cour internationale de justice sur le statut de Jérusalem-Est.
Le gouvernorat a tenu les autorités israéliennes responsables de ces pratiques et appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités, à mettre fin aux violations et à garantir la protection de la mosquée Al-Aqsa ainsi que la préservation de son identité et de son statut, afin d’empêcher l’établissement de nouveaux faits sur le terrain et toute modification de son caractère et de son identité islamiques.
H.A



