Accueil Rapports et Enquêtes 01/October/2026 03:13 PM

Hammam Al-Chott, 1er octobre 1985 : le raid qui a frappé le cœur de l’OLP en Tunisie

Hammam Al-Chott, 1er octobre 1985 : le raid qui a frappé le cœur de l’OLP en Tunisie

Ramallah, le 1er octobre 2026, WAFA — Quarante et un ans après le raid aérien israélien contre le quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Hammam Al-Chott, dans la banlieue sud de Tunis, l’événement reste un épisode majeur de l’histoire de l’organisation palestinienne en exil et des relations israélo-tunisiennes.

Le 1er octobre 1985, des avions de combat israéliens ont frappé des installations de l’OLP à Hammam Al-Chott, faisant, selon les chiffres cités par des sources palestiniennes, 68 morts et une centaine de blessés parmi les Palestiniens et les Tunisiens. Le raid a également causé d’importants dégâts matériels, évalués à l’époque à plusieurs millions de dollars.

L’opération, baptisée « Jambe de bois » par Israël, visait notamment les infrastructures de l’OLP établies en Tunisie après le départ de l’organisation du Liban à la suite de l’invasion israélienne de 1982.

Parmi les installations touchées figuraient des bureaux de l’OLP, notamment ceux du président Yasser Arafat, des structures liées à la Force 17, ainsi que des locaux administratifs et militaires et des logements occupés par des responsables et des employés de l’organisation. Selon des témoignages palestiniens, plusieurs de ces bâtiments ont été lourdement détruits en quelques minutes.

Une réunion reportée le jour du raid :

Selon le récit palestinien de l’événement, une importante réunion de responsables de l’OLP devait se tenir le matin du 1er octobre 1985 à Hammam Al-Chott. Yasser Arafat avait convié plusieurs responsables palestiniens présents notamment en Algérie, en Tunisie et au Yémen.

Le matin même, alors que des responsables devaient encore rejoindre Tunis, la réunion aurait été reportée en raison de problèmes liés aux déplacements et aux réservations aériennes. Selon les témoignages rapportés par des responsables palestiniens, Arafat avait alors quitté temporairement le lieu prévu pour la réunion.

Quelques heures plus tard, des avions israéliens ont pénétré dans l'espace aérien tunisien et frappé les installations de l'OLP à Hammam Al-Chott.

La frappe a détruit une partie importante du complexe de l’organisation et provoqué de nombreuses victimes parmi les Palestiniens et les Tunisiens.

Arafat survit au raid :

Yasser Arafat a survécu au bombardement. Peu après la frappe, il est apparu sur les lieux, au milieu des bâtiments détruits, et a affirmé publiquement qu’il était vivant.

Les images du dirigeant palestinien apparaissant au milieu des décombres ont rapidement été diffusées par les médias internationaux, contredisant les informations faisant état de sa mort.

Dans des témoignages palestiniens consacrés à cette journée, l'apparition d'Arafat a été décrite comme un moment symbolique du raid. Taher al-Sheikh, alors responsable du bureau de l'agence palestinienne WAFA en Tunisie, a notamment relaté les réactions attribuées aux responsables israéliens après avoir appris que le dirigeant de l'OLP avait survécu.

Ces témoignages évoquent également la participation d'Amos Lapidot, alors commandant de l'armée de l'air israélienne, et de responsables du renseignement israélien à la préparation de l'opération. Les récits palestiniens affirment que certains responsables israéliens s'attendaient à l'élimination d'Arafat et d'autres dirigeants de l'OLP.

Une opération condamnée par la Tunisie :

Le raid israélien contre Hammam Al-Chott a suscité une vive condamnation de la Tunisie et de plusieurs gouvernements étrangers. Il constituait alors une attaque israélienne particulièrement éloignée du territoire contrôlé par Israël, la cible se trouvant en Tunisie, à plusieurs centaines de kilomètres de la Méditerranée orientale.

L'opération est intervenue trois ans après le départ de l'OLP de Beyrouth, où l'organisation avait été contrainte de quitter le Liban à la suite de l'invasion israélienne de 1982 et d'un long siège de la capitale libanaise.

L'installation du quartier général de l'OLP en Tunisie avait fait de ce pays l'un des principaux centres de l'organisation palestinienne en exil.

Quarante et un ans après :

Quarante et un ans après le bombardement, le raid de Hammam Al-Chott demeure un épisode régulièrement commémoré dans les territoires palestiniens et en Tunisie.

Pour les Palestiniens, l'événement est associé aux années d'exil de l'OLP et à la confrontation entre l'organisation et Israël loin du territoire palestinien. En Tunisie, il reste également lié à la question de la souveraineté nationale et au rôle joué par le pays dans l'accueil de la direction palestinienne.

Le 1er octobre 2026 marque ainsi le 41e anniversaire de l'opération « Jambe de bois », qui avait visé le quartier général de l'OLP à Hammam Al-Chott et coûté la vie à des dizaines de Palestiniens et de Tunisiens.

H.A

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