Ramallah, le 25 septembre 2026, WAFA — Les Palestiniens commémorent vendredi le 30e anniversaire du déclenchement de la « révolte du tunnel », une vague de violents affrontements qui avait éclaté à Jérusalem en septembre 1996 après l’ouverture par les autorités israéliennes d’une entrée d’un tunnel longeant la partie occidentale de l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa.
Les affrontements, qui s’étaient déroulés du 25 au 27 septembre 1996, avaient fait 63 morts palestiniens et plus de 1 600 blessés, selon le bilan cité par l’agence de presse palestinienne WAFA.
Le tunnel, long d’environ 450 mètres, s’étend sous et le long de la partie nord-ouest de l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa et à proximité de plusieurs biens islamiques de la Vieille Ville de Jérusalem.
À la suite de l’ouverture de son entrée, la direction palestinienne s’était réunie en urgence à l’appel du président de l’époque, Yasser Arafat. La réunion avait rassemblé des membres du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), du gouvernement et du Conseil législatif palestinien, afin d’examiner les développements autour des lieux saints musulmans et chrétiens.
À l’issue de cette réunion, la direction palestinienne avait appelé la population à s’opposer aux mesures israéliennes concernant les lieux saints et à les contester.
Le mercredi 25 septembre 1996 au matin, Jérusalem avait été le théâtre de violents affrontements autour de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville et ses environs. Les heurts s’étaient ensuite propagés à plusieurs régions de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, dans un mouvement de mobilisation en soutien à Al-Aqsa et aux lieux saints.
Les affrontements les plus violents avaient notamment été signalés dans les gouvernorats de Jérusalem, Ramallah, Hébron, Bethléem et Naplouse. Des heurts avaient également éclaté à Tulkarem, Qalqilya, Jénine et Jéricho.
Selon le bilan palestinien cité par WAFA, 32 Palestiniens avaient été tués en Cisjordanie : 17 à Ramallah, quatre à Jérusalem, trois à Hébron, deux à Jéricho, deux à Tulkarem, deux à Naplouse et deux à Bethléem. Trente et un autres Palestiniens avaient été tués dans la bande de Gaza. Plus de 1 600 personnes avaient été blessées au cours des trois jours d’affrontements.
Un tunnel au cœur des tensions autour de Jérusalem :
Selon les autorités et sources palestiniennes, l’ouverture du tunnel répondait à plusieurs objectifs politiques et territoriaux, notamment le renforcement du contrôle israélien sur Jérusalem et la transformation de l’environnement de la Vieille Ville et des quartiers arabes et musulmans situés autour de la mosquée Al-Aqsa.
Les mêmes sources avaient également exprimé leur inquiétude quant aux conséquences du projet sur les quartiers situés autour du Mur occidental, faisant notamment référence à la destruction du quartier de la Porte des Maghrébins en 1967, après la prise de Jérusalem-Est par Israël, afin d’aménager l’espace situé devant le Mur occidental.
Dans le récit palestinien des événements, les travaux du tunnel étaient également considérés comme une tentative de modifier les caractéristiques historiques et culturelles de la Vieille Ville et de renforcer le contrôle israélien sur Jérusalem et ses lieux saints.
L’ouverture de 1996 avait été précédée, selon les sources palestiniennes, par deux tentatives de faire progresser le projet : la première en 1986, près de la porte d’Al-Ghawanmeh, et la seconde en 1994, à proximité de l’école Al-Omariya, près de l’entrée finalement ouverte en 1996.
Trois jours d'affrontements :
La décision d’ouvrir l’entrée du tunnel était intervenue alors que le gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahu venait de prendre ses fonctions après les élections de 1996. Elle avait également précédé de peu Yom Kippour, la fête juive du Grand Pardon.
L’annonce avait provoqué de vives réactions palestiniennes et une série d’affrontements qui s’étaient rapidement étendus au-delà de Jérusalem.
La « révolte du tunnel » est depuis lors considérée dans les récits palestiniens comme un épisode majeur de l’histoire récente du conflit israélo-palestinien et des tensions autour de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa.
Trente ans après les événements, leur souvenir demeure étroitement lié aux débats sur le statut de Jérusalem, la protection des lieux saints et les revendications concurrentes concernant la ville.
H.A



