Accueil Rapports et Enquêtes 17/September/2026 03:03 PM

44 ans après Sabra et Chatila, retour sur les faits et les témoignages du massacre

Ramallah, le 17 septembre 2026, WAFA — Quatre mille hommes, femmes et enfants palestiniens ont été tués lors du massacre de Sabra et Chatila, perpétré par des milices alliées à Israël entre le 16 et le 18 septembre 1982. Les massacres contre le peuple palestinien se poursuivent à ce jour.

La machination visant les Palestiniens, seuls et sans défense, au Liban a commencé après le départ de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des fedayins, à la fin du mois d’août 1982, vers la Jordanie, l’Irak, la Tunisie, le Yémen, la Syrie, l’Algérie, Chypre et la Grèce.

Ce départ est intervenu après le retrait de la Force multinationale, quelques jours seulement avant la date officiellement prévue : les forces américaines se sont retirées le 10 septembre 1982, les forces italiennes le 11 septembre et les forces françaises le 13 septembre.

Ces retraits ont eu lieu malgré les garanties américaines et l’accord négocié par Philip Habib, qui prévoyaient que l’armée israélienne n’entrerait pas dans Beyrouth-Ouest et que les civils palestiniens ainsi que les familles des fedayins ayant quitté Beyrouth seraient protégés.

Selon les déclarations de Rafael Eitan, l’objectif était de « nettoyer les camps des terroristes », sous prétexte que 2 000 fedayins palestiniens s’y trouvaient. Pourtant, aucun corps de Palestinien armé n’a été retrouvé.

Les prémices du massacre :

Mercredi 15 septembre, les forces israéliennes ont encerclé le quartier de Sabra et le camp de Chatila. Depuis un immeuble qu’elles avaient occupé, elles surveillaient chaque mouvement dans le secteur.

À l’aube du jeudi 16 septembre, les forces déployées dans un bâtiment situé à l’entrée de Chatila ont commencé à surveiller chaque mouvement dans le camp et à donner des ordres aux tueurs, tandis que l’aviation et l’armée israéliennes tiraient des fusées éclairantes afin d’illuminer l’obscurité du secteur devant les yeux des assassins qui s’en prenaient aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées.

Le vendredi 17 septembre au matin, l’ampleur du massacre est devenue évidente pour la plupart des habitants du secteur, après qu’ils eurent vu les corps et les bulldozers démolir des maisons sur leurs occupants, ensevelissant aussi bien les morts que les vivants.

Des départs et des fuites, individuels ou collectifs, ont alors commencé pour échapper à la mort. La plupart des habitants se sont dirigés vers les hôpitaux d’Akka et de Gaza ainsi que vers l’asile pour personnes âgées. Certains ont réussi à quitter le secteur clandestinement en passant par le bois de Tabet.

D’autres familles sont restées chez elles, sans savoir ce qui se passait. Certaines ont été tuées alors qu’elles étaient réunies autour de la table familiale, les mises à mort étant perpétrées dans le silence et avec une grande rapidité.

Le vendredi ont commencé à circuler les récits des « fosses de la mort ». Le nombre d’assaillants a augmenté, même si les témoignages et les faits établissent que la majorité des victimes ont été tuées dès la première nuit du massacre, celle du jeudi.

Les méthodes de mise à mort se sont toutefois diversifiées, avec notamment l’utilisation de bombes au phosphore lancées contre les abris.

Les assaillants ont également fait irruption dans l’hôpital d’Akka, où ils ont tué des infirmiers et des médecins palestiniens. Des patients, des blessés et des personnes ayant fui le massacre ont été enlevés à l’intérieur même de l’hôpital.

La deuxième journée a été marquée par une multiplication des meurtres à l’intérieur des habitations, ainsi que dans certaines ruelles, à proximité de l’ambassade du Koweït et de la Cité sportive.

Des fosses existaient déjà à cet endroit, creusées par les impacts des missiles israéliens tombés sur la Cité sportive lors de l’invasion de Beyrouth en juin 1982.

La présence de certaines mines et leur explosion ont permis à quelques-uns des otages et des personnes conduites vers la mort de s’échapper, profitant de la confusion provoquée par le nombre considérable de personnes rassemblées, qui attendaient leur tour d’être abattues ou même enterrées vivantes.

Ceux qui ont réussi à fuir ont livré des témoignages accablants sur la manière dont les habitants étaient traités et sur les méthodes de mise à mort employées par les tueurs, qui, selon ces récits, les pratiquaient en riant, en insultant leurs victimes et en consommant des boissons alcoolisées.

Lors de la troisième journée, samedi 18 septembre, les opérations de mise à mort, d’enlèvement et de violence se sont poursuivies, malgré les instructions, selon des sources israéliennes, données aux assaillants de se retirer à 10 heures du matin.

Des dizaines de témoignages d’habitants ont toutefois confirmé que le massacre s’était poursuivi jusqu’à environ 13 heures.

Cette journée a été marquée par des opérations de mise à mort collectives et publiques. Les forces israéliennes et les milices qui leur étaient alliées ont également commencé à interroger les habitants du secteur dans la Cité sportive. Des dizaines de personnes ont été arrêtées ou enlevées. La plupart ne sont jamais revenues et leur sort demeure inconnu.

L’occupation israélienne ne s’est pas contentée de couvrir l’extermination des Palestiniens et de réunir toutes les conditions nécessaires pour écraser une population palestinienne vaincue après le siège de Beyrouth. Le dimanche 19 septembre 1982, elle a également procédé au vol de documents du Centre de recherches palestinien, dont les archives ont été chargées dans des camions.

Les camps palestiniens au Liban :

En retraçant l’histoire des camps palestiniens au Liban, on constate qu’en 1982, année de l’invasion israélienne et du massacre, douze camps palestiniens se trouvaient sur le territoire libanais : Rachidiyé, El-Buss et Bourj el-Chémali dans la région de Tyr ; Aïn el-Héloué et Miyé Miyé dans la région de Saïda ; Yibaal à Baalbek ; Chatila, Mar Elias, Bourj el-Barajneh et Dbayeh dans la région de Beyrouth ; ainsi que Nahr el-Bared et Beddawi dans la région de Tripoli.

Les camps d’Aïn el-Héloué et de Nahr el-Bared comptaient parmi les plus vastes en superficie, tandis que Chatila figurait parmi les plus petits.

À ces camps s’ajoutait celui de Nabatiyé, entièrement détruit lors des bombardements israéliens du 16 avril 1974.

Les camps de la région de Tyr et de Saïda avaient, quant à eux, été partiellement détruits à plusieurs reprises.

En raison des multiples guerres ayant ravagé le Liban, les camps de Jisr al-Bacha et de Tell al-Zaatar furent entièrement détruits en 1976. Ce dernier avait subi un long siège. Le camp de Dbayeh fut, pour sa part, partiellement détruit.

H.A

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