Ramallah, 1er septembre 2026 (Wafa) — La Commission de résistance au mur et à la colonisation a indiqué que les forces d’occupation et les colons avaient commis au total 2 030 attaques contre les Palestiniens, leurs terres et leurs biens au cours du mois d’août dernier, témoignant de la persistance de la violence coloniale en tant que politique quotidienne et organisée visant la présence palestinienne et les conditions de son maintien sur ses terres.
Dans un rapport publié ce mardi, la Commission a précisé que ces attaques se répartissaient entre 1 402 attaques commises par l’armée d’occupation et 628 par des colons.
Elle a indiqué que les attaques s’étaient concentrées dans le gouvernorat de Naplouse, avec 380 attaques, suivi de Ramallah et Al-Bireh avec 353, Hébron avec 275, Bethléem avec 239, Jénine avec 230 et Jérusalem avec 194.
Cette répartition traduit la concentration persistante des attaques dans les gouvernorats confrontés à une expansion coloniale intensive et à des tentatives croissantes de contrôle des routes, des axes de circulation ainsi que des espaces agricoles et pastoraux.
La Commission a souligné que la gravité de ces attaques était amplifiée par la complémentarité de leurs fonctions au sein d’un même dispositif visant à saper la capacité des Palestiniens à rester sur leurs terres et à y vivre durablement. La violence directe, les tirs, l’arrachage d’arbres et l’incendie de cultures, les restrictions d’accès aux terres, le vol de biens, ainsi que la démolition de maisons et d’installations agricoles constituent autant de moyens qui portent atteinte à la sécurité personnelle, aux moyens de subsistance, au droit au logement et à la capacité d’exploiter les terres, transformant la vie quotidienne en une succession de risques et de coûts qui poussent les propriétaires à partir.
Elle a ajouté que ces attaques coïncidaient avec la fermeture de vastes zones palestiniennes et leur classement en tant que zones militaires ou sécuritaires, dans une contradiction révélatrice de la fonction réelle de ces mesures : les Palestiniens se voient interdire l’accès à leurs terres et leur exploitation, tandis que les colons bénéficient de la protection, des routes et des ressources nécessaires à leur expansion. Le prétexte sécuritaire devient ainsi un instrument d’exclusion des Palestiniens et de redistribution des droits d’accès, d’usage et de contrôle au profit du projet colonial.
Une intensification continue du terrorisme des colons
La Commission a indiqué que les colons avaient commis 628 attaques au cours du mois, principalement dans le gouvernorat de Ramallah et d’Al-Bireh, avec 157 attaques, suivi de Naplouse avec 137, Hébron avec 120, Bethléem avec 73, Tubas avec 40, Jénine avec 36 et Jérusalem avec 31.
Elle a précisé que le terrorisme des colons avait fait, le 21 août 2026, une victime mortelle en la personne de l’adolescent Karim Sanad Shalaldeh, âgé de 17 ans, tué par des tirs de colons lors d’une attaque contre le secteur de Hamroush, dans la localité de Saïr, dans le gouvernorat d’Hébron. Le nombre de Palestiniens tués par des colons depuis le début de l’année 2026 s’élève ainsi à 25.
Elle a également indiqué que les attaques de colons avaient directement causé des dommages à 164 Palestiniens, dont 20 enfants et 17 femmes. Le plus grand nombre de personnes touchées a été enregistré dans le gouvernorat d’Hébron, avec 68 victimes, suivi de Naplouse avec 50 et de Ramallah et Al-Bireh avec 23.
Les attaques contre les cultures ont touché, au cours du mois d’août, 21 508 arbres, dont 19 375 oliviers.
Les arbres ciblés se répartissent comme suit : 4 892 à Salfit, 4 241 à Jénine, 3 718 à Naplouse, 3 530 à Qalqiliya, 2 311 à Hébron, 1 652 à Ramallah et Al-Bireh, 802 à Tubas et 362 à Bethléem.
Tentatives d’établir 32 avant-postes coloniaux
La Commission a indiqué que les colons avaient tenté, au cours du mois d’août, d’établir 32 nouveaux avant-postes coloniaux, principalement dans le gouvernorat de Ramallah et d’Al-Bireh, avec 9 tentatives, suivi des gouvernorats d’Hébron et de Naplouse avec 6 tentatives chacun, de Jénine avec 3, ainsi que de Jérusalem, Bethléem et Tubas avec 2 tentatives chacun, et de Tulkarem et Qalqiliya avec une tentative chacune.
Elle a souligné que l’établissement d’avant-postes constituait la première étape d’un processus de prise de contrôle des terres, commençant par l’installation de tentes et de structures, l’ouverture de routes et l’imposition d’une protection militaire, avant de passer à la consolidation de l’avant-poste, à son raccordement aux services et aux infrastructures et à son intégration aux colonies existantes, pour finalement tenter d’en régulariser le statut et de le transformer en colonie reconnue par le gouvernement d’occupation.
La Commission a affirmé que ce phénomène ciblait principalement les zones rurales et pastorales ainsi que les terres situées entre les villages palestiniens, dans le but de contrôler de vastes superficies avec un nombre minimal de structures et de colons, et de créer une continuité géographique coloniale face à la fragmentation et à l’isolement des communautés palestiniennes.
Près de 1 629 dounams de terres palestiniennes confisqués
La Commission a indiqué que les autorités d’occupation avaient confisqué 1 629 dounams de terres palestiniennes au moyen d’une série d’ordres militaires, notamment des déclarations de « terres domaniales » visant 1 152 dounams dans les localités de Sinjil, Lubban al-Sharqiya et Qaryout, ainsi que 370,28 dounams à Abou Dis et dans les environs d’Arab al-Sawahreh. La superficie directement confisquée au titre des « terres domaniales » a ainsi atteint environ 1 628,5 dounams au cours du mois. La dernière déclaration menace notamment l’espace géographique de la communauté bédouine d’Al-Muntar.
Les autorités d’occupation ont également émis, au cours du mois d’août, 9 ordres de mise sous séquestre visant plus de 106 dounams, notamment 37,481 dounams à Beitunia, 19,30 dounams à Tubas, 15,580 dounams à Al-Jib, 15,342 dounams à Al-Bireh et 11,970 dounams à Jaba, ainsi que des superficies situées à Markah, Marda, Jinsafout et Jéricho.
La Commission a ajouté que les autorités d’occupation avaient émis 8 autres ordres au titre de « mesures de sécurité », portant sur 317,086 dounams et autorisant l’élimination de la végétation sauvage ainsi que l’arrachage d’oliviers, dont 310,868 dounams dans le seul gouvernorat de Jénine. Cette superficie n’est pas incluse dans le bilan des confiscations directes, mais représente une restriction effective de l’usage des terres et une modification de leur couverture végétale. La superficie totale visée par les ordres de mise sous séquestre, les déclarations de « terres domaniales » et les ordres de « mesures de sécurité » s’élève ainsi à 1 945,597 dounams en août.
155 structures démolies et 44 notifications émises
La Commission a indiqué que les autorités d’occupation avaient procédé, au cours du mois d’août, à 71 opérations de démolition, visant 155 structures, dont 47 logements occupés, 8 logements inhabités, 33 structures constituant des sources de revenus, 61 structures agricoles et 6 autres structures.
Le plus grand nombre de démolitions a été enregistré dans le gouvernorat de Jénine, avec 29 structures démolies, suivi de Jéricho et d’Hébron avec 24 structures chacune, puis de Naplouse avec 21, Ramallah et Al-Bireh avec 16, Jérusalem avec 15, Bethléem avec 13, Tubas avec 9, Tulkarem avec 3 et Qalqiliya avec une seule structure.
La Commission a ajouté que les autorités d’occupation avaient émis au cours du mois 44 notifications visant des structures et des biens palestiniens, principalement à Hébron avec 11 notifications, à Jérusalem et Bethléem avec 8 chacune, et à Jénine et Tulkarem avec 5 chacune.
Elle a précisé que les opérations de démolition avaient directement affecté au moins 200 Palestiniens recensés, dont 75 enfants et 56 femmes, confirmant que la politique de démolition ne vise pas uniquement les bâtiments, mais porte également atteinte à la stabilité familiale et aux moyens de subsistance, et pousse les familles palestiniennes vers des conditions de vie coercitives qui rendent leur maintien sur place de plus en plus difficile.
La Commission : 12 plans coloniaux à l’étude
La Commission a indiqué que les autorités d’occupation avaient fait avancer, au cours du mois d’août, 12 plans et projets coloniaux en Cisjordanie et à Jérusalem, dont 6 plans déposés, 4 approuvés et 2 appels d’offres pour des projets de construction. Ces mesures portent sur 3 819 unités coloniales, tandis que la superficie des plans déposés et approuvés atteint 5 472,22 dounams.
Elle a indiqué que la Cisjordanie concentrait 9 de ces plans, dont 4 plans déposés prévoyant 912 unités sur une superficie de 476,618 dounams dans les colonies d’Avigayil, Hananit, Psagot et Givat Ze’ev.
Trois plans approuvés prévoient 156 unités sur une superficie de 4 871,402 dounams, notamment l’élargissement de la route 60 entre le carrefour de Tapouah et celui de la Police britannique, sur une longueur de 18 kilomètres et une superficie de 4 693 dounams.
Les autorités d’occupation ont également lancé deux appels d’offres pour la construction de 1 861 unités, dont 627 à Kokhav Yaakov et 1 234 dans la zone E1. Cette mesure fait passer le projet E1 au stade de la mise en œuvre et vise à relier Ma’ale Adumim à Jérusalem et à couper la continuité géographique palestinienne entre le nord, le centre et le sud de la Cisjordanie.
N.S



