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Gaza : quand la « ligne jaune » transforme un ballon d’enfant en cauchemar

Gaza, le 27 août 2026, WAFA —

Par Reem Swaissi 

Le petit Moayad al-Tannani, 11 ans, ne se doutait pas que la promesse tenue par son oncle de lui offrir un ballon lui coûterait si cher. Quelques instants de jeu l’ont conduit aux soins intensifs, après qu’il a été blessé par un éclat lors d’une frappe israélienne visant une maison voisine de l’endroit où il jouait, dans le nord de la bande de Gaza.

La famille d’al-Tannani vit à proximité de l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, dans une maison menaçant de s’effondrer. Selon sa mère, cet habitat reste néanmoins préférable à une tente qui ne protège ni de la chaleur de l’été ni du froid de l’hiver.

Le secteur se trouve à proximité de ce qui est appelé la « ligne jaune », qui s’étend à l’est de la route Salah al-Din et divise de vastes portions de la bande de Gaza.

La « ligne jaune » constitue une ligne de séparation et d’isolement militaire imposée par les forces israéliennes dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025. Elle s’enfonce sur une profondeur comprise entre 2 et 7 kilomètres et couvre environ 52 à 58 % de la superficie de la bande de Gaza, tandis que les zones situées au-delà sont soumises à un contrôle israélien strict.

Sabrine al-Tannani, 37 ans, mère de l’enfant, raconte que son fils rêvait depuis quelque temps d’avoir un ballon. Il demandait régulièrement à son oncle Amin, lors de plusieurs appels téléphoniques, de lui en apporter un pour jouer devant la maison.

En larmes, elle raconte que Moayad jouait devant la porte de leur maison avec les enfants du quartier, avec le ballon que son oncle venait de lui offrir, lorsqu’un avion de guerre israélien a frappé, avant-hier en fin d’après-midi, une maison voisine avec un missile, sans avertissement préalable.

« Soudain, j’ai entendu des cris. Quand je suis sortie, j’ai trouvé mon fils couvert de sang. Il a été transféré à l’hôpital al-Shifa, dans la ville de Gaza, où il s’est avéré qu’un éclat avait pénétré son cerveau et y était resté. Son état est extrêmement grave », témoigne-t-elle.

Elle précise que Moayad « perd connaissance, se réveille brièvement puis retombe dans le sommeil », ajoutant qu’il a besoin d’une intervention chirurgicale urgente pour retirer l’éclat et que sa vie est en danger.

La mère explique que sa famille vit à quelques mètres seulement de la « ligne jaune », dans un contexte de « bombardements et de tirs incessants ».

« Nous sommes exposés à la mort à chaque instant. Nous essayons autant que possible d’être prudents, au point de ne plus savoir dormir à cause des attaques répétées. Malheureusement, nous n’avons nulle part où aller et nous sommes donc contraints de supporter ces conditions difficiles », déplore-t-elle.

Elle conclut : « Voilà comment le rêve de jouer au ballon est devenu un cauchemar qui menace la vie de mon enfant. »

La maison de la famille al-Tannani avait déjà été ciblée, il y a quatre mois, par un missile israélien, tuant trois membres de la famille et détruisant entièrement l’habitation.

Selon les données citées par WAFA, 1 303 Palestiniens, dont 300 enfants, ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, alors que les forces israéliennes continuent de prendre pour cible des civils. Ces attaques se poursuivent malgré la délimitation sur le terrain de ce qui est appelé la « ligne jaune » et touchent également des zones situées au-delà de celle-ci.

H.A

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