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Accueil Occupation 12/October/2026 02:13 PM

Gaza : des soldats israéliens affirment avoir reçu l’ordre de bombarder des bâtiments habités, selon Haaretz

Gaza, le 12 octobre 2026, WAFA– Quatre soldats du renseignement militaire israélien ont reconnu avoir reçu l’ordre de larguer des bombes lourdes sur des bâtiments habités dans la bande de Gaza, sans évacuation préalable de leurs occupants, faisant des centaines de morts et de blessés palestiniens, selon des témoignages publiés lundi par le quotidien israélien Haaretz.

Dans ce reportage, les quatre soldats décrivent un changement radical des règles encadrant l’emploi des armes lourdes et l’évaluation de la proportionnalité des frappes, ainsi qu’un assouplissement des restrictions relatives aux pertes civiles parmi les personnes ne participant pas aux hostilités, désormais considérées comme des « dommages collatéraux ».

« Il y a eu un changement radical dans la conception de la proportionnalité et de l’utilisation des armes lourdes, ainsi qu’un assouplissement considérable de la politique autorisant la mort de civils ne participant pas aux combats, considérés comme des dommages collatéraux des cibles visées », a témoigné l’un des soldats, cité par Haaretz.

Selon le journal, les témoignages mettent en évidence une évolution de la doctrine opérationnelle, dans laquelle la présence de cibles de faible importance pouvait justifier des frappes causant des pertes civiles élevées. Le quotidien affirme que le nombre important de victimes civiles classées par l’armée israélienne parmi les « dommages collatéraux » ne résultait pas uniquement d’erreurs ou de défaillances dans les évaluations, mais d’une politique ayant considérablement élargi les conditions d’ouverture du feu.

Haaretz souligne que des témoignages similaires ont été publiés au cours des trois années de guerre. Le journal estime que la volonté de compenser les défaillances du renseignement lors des attaques du 7 octobre 2023 a conduit à tolérer des pertes civiles d’une ampleur sans précédent.

Le reportage revient notamment sur une frappe menée par l’aviation israélienne le 31 octobre 2023 contre un vaste complexe résidentiel du camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, à l’aide de bombes lourdes.

Un soldat ayant participé à l’opération a déclaré qu’il était évident, au sein de l’équipe chargée de la frappe, que le nombre de civils non visés susceptibles d’être touchés serait extrêmement élevé.

D’après son témoignage, les estimations du renseignement militaire faisaient état de 250 à 300 personnes susceptibles d’être affectées par les dommages collatéraux. L’autorisation de la frappe a donc dû être soumise directement au chef d’état-major. Le soldat a ajouté qu’avec le recul, les militaires avaient compris qu’environ 250 civils palestiniens avaient été tués lors de l’attaque.

Le principe de proportionnalité en droit international humanitaire interdit les attaques dont les pertes civiles incidentes attendues seraient excessives au regard de l’avantage militaire concret et direct attendu. Les témoignages rapportés par Haaretz soulèvent des questions sur les règles d’engagement appliquées par l’armée israélienne à Gaza et sur la manière dont les pertes civiles prévisibles ont été prises en compte dans la décision de mener certaines frappes.

H.A

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