Bagdad, 18 octobre 2026 – Dans une déclaration publiée à l'issue de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), tenue à Bagdad, capitale de l'Irak, les 17 et 18 octobre, le Conseil a réaffirmé le caractère central de la cause palestinienne et d'Al-Qods Al-Sharif (Jérusalem) pour la Oumma islamique.
Le Conseil a souligné que la ville d'Al-Qods fait partie intégrante des territoires occupés depuis 1967 et constitue la capitale de l'État de Palestine. Le Conseil a, par ailleurs, rejeté toutes les mesures et actions israéliennes visant à modifier, ou à porter atteinte à son statut juridique, politique, géographique et démographique, ainsi que son identité arabe, islamique et chrétienne.
Les ministres ont insisté sur la nécessité de préserver le statu quo historique et juridique de la ville d'Al-Qods et de ses lieux saints, tout en réaffirmant leur soutien à la tutelle hachémite jordanienne sur ces sites.
Ils ont condamné toutes les incursions et violations perpétrées contre la mosquée bénie Al-Aqsa et les autres lieux saints islamiques et chrétiens y compris la mosquée Ibrahimi (le Tombeau des Patriarches) et ont souligné le rôle crucial joué par le Comité Al-Qods et l'Agence « Bayt Mal Al-Qods Al-Sharif » dans la protection de la ville et le soutien à la résilience de ses habitants et de ses institutions.
Les ministres ont également réaffirmé que la mosquée bénie Al-Aqsa / le Haram al-Sharif, dans sa totalité, soit une superficie de 144 dounums, constitue un lieu de culte réservé exclusivement aux musulmans. Ils ont souligné que l'Administration des Waqfs de Jérusalem et des affaires de la mosquée Al-Aqsa, relevant du ministère jordanien des Waqfs, des Affaires et des Lieux saints islamiques, est l'entité juridique détenant la compétence exclusive pour gérer toutes les affaires du site et en réglementer l'accès. Par ailleurs, ils ont réitéré leur soutien à la tutelle hachémite historique sur les lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem, ainsi qu'à son rôle dans la protection de ces lieux, la préservation de leur identité arabo-islamique et chrétienne, et le maintien du statu quo historique et juridique qui y est en vigueur.
Les ministres ont fermement condamné la poursuite, par l'occupation israélienne, de l'expansion des colonies, de l'accaparement des terres, de la démolition de maisons, des déplacements forcés et des actes de terreur perpétrés par les colons, ainsi que toutes les mesures visant à l'annexion et à l'imposition de réalités illégales sur le terrain.
Ils ont insisté tout particulièrement sur la dangerosité du projet colonial « E1 », qui menace la continuité géographique du territoire palestinien et isole Jérusalem-Est de son environnement palestinien.
Les ministres ont affirmé l'illégalité de toutes les activités coloniales dans le Territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 2334.
Ils ont appelé la communauté internationale à prendre des mesures efficaces pour y mettre fin, à garantir que les auteurs de violations commises à l'encontre du peuple palestinien rendent des comptes, et à préserver le droit des Palestiniens à demeurer sur leur terre, tout en rejetant toute tentative visant à les en expulser.
Les ministres ont salué les efforts diplomatiques et la médiation déployés par la République arabe d'Égypte, l'État du Qatar et la République de Turquie, en coopération avec des partenaires régionaux et internationaux, visant à consolider le cessez-le-feu, à garantir l'acheminement sans entrave de l'aide humanitaire, à créer les conditions propices à un relèvement précoce et à la reconstruction de la bande de Gaza, ainsi qu'au retrait israélien de ce territoire.
Ces efforts visent à préserver l'unité du territoire palestinien et à faire échec à toute tentative de déplacement forcé ou de modification de la réalité démographique dans la bande de Gaza.
Ils ont réaffirmé que la bande de Gaza fait partie intégrante de l'État de Palestine et du territoire palestinien occupé. Toute disposition la concernant doit être temporaire, limitée dans le temps et ne saurait se substituer à l'État de Palestine et à ses institutions légitimes ; elle doit, au contraire, aboutir à l'unification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie y compris Jérusalem-Est sous l'autorité de l'État de Palestine, de son gouvernement et de ses institutions légitimes.
Dans leur déclaration, les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Organisation de la coopération islamique ont insisté sur la nécessité d'une mise en œuvre intégrale de la deuxième phase du plan visant à mettre fin à la guerre à Gaza, conformément à la résolution 2803 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Cela inclut la consolidation du cessez-le-feu, le retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza, la garantie d'un acheminement suffisant, durable et sans entrave de l'aide humanitaire, ainsi que le lancement immédiat des opérations de relèvement et de reconstruction.
Ils ont, par ailleurs, exprimé leur rejet catégorique de tout plan ou tentative visant à déplacer le peuple palestinien hors de sa terre. Ils ont également souligné que la cessation de l'agression, le relèvement et la reconstruction de la bande de Gaza doivent s'inscrire dans un processus politique clair, crédible et urgent, visant à mettre fin à l'occupation israélienne, à concrétiser l'indépendance et la souveraineté de l'État de Palestine, sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et à parvenir à une solution à deux États, conformément au droit international, aux résolutions pertinentes des Nations Unies et à l'Initiative de paix arabe de 2002.
Les ministres ont salué les efforts internationaux visant à mettre en œuvre la Déclaration de New York et à renforcer l'Alliance internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux États, appelant à traduire ces engagements en mesures pratiques et concrètes qui préservent la viabilité de cette solution et empêchent sa remise en cause sur le terrain.
Par ailleurs, ils ont appelé à la libération immédiate, totale et inconditionnelle des recettes fiscales palestiniennes (« fonds de compensation ») actuellement retenues de manière illégale, et à garantir leur transfert régulier. Ils ont mis en garde contre les graves conséquences que cette rétention prolongée fait peser sur la capacité de l'État de Palestine et de ses institutions à honorer leurs engagements, à fournir des services essentiels au peuple palestinien et à renforcer sa résilience.
Ils ont également salué les progrès accomplis par l'État de Palestine dans la mise en œuvre de son programme de réformes institutionnelles, administratives et financières, ainsi que dans le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la responsabilité.
Enfin, ils ont exhorté les États membres et la communauté internationale à poursuivre et à renforcer leur soutien politique, économique et financier à l'État de Palestine, notamment par l'activation immédiate et régulière du « filet de sécurité financière islamique ».
Les ministres ont réaffirmé leur rejet de toutes les mesures et actions illégales visant à saper le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ou à restreindre sa capacité à remplir son mandat.
Ils ont souligné que cette agence est indispensable et irremplaçable, et ce, jusqu’à ce qu’une solution juste et durable soit trouvée à la question des réfugiés palestiniens, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies.
Ils ont par ailleurs appelé à lui fournir le soutien politique et financier nécessaire pour lui permettre de continuer à dispenser ses services aux réfugiés palestiniens dans ses cinq zones d’opérations, en accord avec le mandat qui lui a été conféré par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Les ministres ont salué les décisions de tous les États ayant reconnu l’État de Palestine et ont exprimé leur appréciation pour ces positions historiques.
F.N



