Accueil international 02/November/2026 01:32 PM

UNESCO : hausse du taux d’impunité dans les affaires de meurtre de journalistes

Paris, le 2 novembre 2026, WAFA – L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a alerté, dans un rapport publié ce lundi à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, sur une hausse du taux d’impunité dans les affaires de meurtre de journalistes, pour la première fois depuis 2012.

Selon le rapport, « le taux mondial d’impunité dans les affaires de meurtre de journalistes a augmenté cette année d’un point de pourcentage, pour atteindre 86 % ».

Cet indicateur était en baisse constante depuis 2012, année où il avait atteint un pic de 95 %, avant de reculer à 85 % en 2024.

L’impunité désigne les affaires de meurtre dans lesquelles les enquêtes n’ont pas abouti ou sont toujours en cours. Cela signifie que six auteurs de meurtres de journalistes sur sept échappent à la justice.

La Sous-directrice générale de l’UNESCO pour la communication et l’information, Maria Gabriela, a déclaré à la presse que « les enquêtes et les poursuites judiciaires concernant les meurtres de journalistes dans les zones de guerre demeurent insuffisantes ».

Elle a souligné que l’organisation internationale « n’est pas un tribunal », mais qu’elle s’emploie à « faire pression pour que justice soit rendue ».

Le rapport, publié tous les deux ans, fait état de 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux tués en 2024 et 2025, dont 14 femmes.

Cette période de deux ans constitue la plus meurtrière pour les journalistes au cours de la dernière décennie. Les deux tiers des victimes (67 %) ont été tuées dans des zones de conflit, notamment dans les territoires palestiniens, au Yémen et en Ukraine.

Maria Gabriela a estimé que « cela marque un changement majeur dans le paysage mondial des risques auxquels sont exposés les journalistes ».

L’UNESCO a également relevé une recrudescence du recours aux véhicules aériens sans pilote (drones), qui ont été impliqués dans 26 % de l’ensemble des meurtres recensés en 2024 et 2025.

Le rapport indique que « l’État de Palestine a de nouveau enregistré le plus grand nombre de cas » en 2025, avec au moins 32 journalistes tués. L’organisation a également souligné que des journalistes continuent d’être tués à leur domicile ou alors qu’ils portent des gilets permettant de les identifier comme professionnels des médias.

Depuis 2006, année où l’UNESCO a commencé à assurer le suivi de ces crimes, 1 641 journalistes ont été tués dans le monde, soit une moyenne d’un journaliste tué tous les quatre jours.

Certains chiffres publiés dans le rapport de l’UNESCO diffèrent de ceux avancés par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

L’UNESCO explique ces écarts par « la difficulté d’évaluer, dans certains cas, les circonstances des décès, compte tenu de la nature en constante évolution des conflits ».

H.A

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