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Accueil international 02/November/2026 11:45 PM

Des experts de l'ONU avertissent : « l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes alimente davantage de violence »

Des experts de l'ONU avertissent : « l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes alimente davantage de violence »

 

Genève, le 2 novembre 2026 – WAFA- Des experts des Nations Unies ont appelé les États à prendre des mesures urgentes pour renforcer les enquêtes et les poursuites judiciaires, et pour garantir des recours en cas d'agressions contre des journalistes.

Ils ont averti que la persistance de l'impunité permet à la violence contre la presse de se perpétuer à travers les générations et au-delà des frontières.

Dans une déclaration publiée ce lundi, à l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, les experts onusiens ont souligné que « l'impunité ne signifie pas seulement une absence de justice après l'agression ou le meurtre d'un journaliste ; elle constitue un facteur qui encourage de futures attaques ».

Selon eux, elle envoie aux auteurs un message clair : ceux qui font taire les journalistes ne seront, très probablement, jamais tenus pour responsables. Parallèlement, elle sème la peur parmi les journalistes et tous ceux qui cherchent à révéler la corruption, la criminalité organisée, les violations des droits humains ou les abus de pouvoir.

Les données de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) illustrent l'ampleur de ce défi : plus de 1 800 journalistes ont été tués dans le monde entre 2006 et 2025, et près de neuf meurtres sur dix demeurent non élucidés par la justice.

Par ailleurs, les journalistes sont confrontés à d'autres formes d'atteintes, notamment la détention arbitraire, les disparitions forcées, la violence physique, les cyberattaques, la surveillance, l'intimidation et le harcèlement judiciaire.

Les experts ont ajouté : « Derrière chaque meurtre non élucidé se cachent des informations que quelqu'un a cherché à étouffer. Par conséquent, des enquêtes efficaces ne doivent pas se limiter à identifier les auteurs directs des attaques ; elles doivent également viser ceux qui ont donné les ordres, planifié ou financé le crime, ou qui en ont tiré profit. Cela inclut la vérification d'un éventuel lien entre le crime et le travail journalistique de la victime. »

Les experts ont mis en lumière la situation sans précédent à laquelle sont confrontés les journalistes palestiniens.

Dans son rapport pour 2026, présenté à l'Assemblée générale des Nations Unies et intitulé « La vérité sous les décombres : les médias en temps de génocide », la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 documente la mort de près de 300 journalistes, tués par les forces d'occupation israéliennes depuis octobre 2023, ainsi que les blessures infligées à plus de 400 autres.

Le rapport fait état de la mort d'environ 70 journalistes qui auraient été pris pour cible en représailles à leur travail journalistique. Il appelle à mener des enquêtes indépendantes, rapides et efficaces, à garantir l'obligation de rendre des comptes pour ces violations, et à préserver les documents journalistiques afin qu'ils puissent servir de preuves potentielles dans de futures procédures judiciaires.

Les experts des Nations Unies ont également rappelé les « Principes directeurs sur le renforcement de la protection des journalistes dans les situations de conflit armé »

 Ces principes réaffirment que les journalistes bénéficient d’une protection en tant que civils en vertu du droit international humanitaire. Ils appellent à des mesures plus robustes pour prévenir les attaques, garantir l’obligation de rendre des comptes et assurer un accès sûr et efficace aux zones de conflit. Ils préconisent également un renforcement de la coordination entre les États, les organisations internationales et les acteurs du secteur des médias, afin de transformer la protection juridique existante en garanties concrètes sur le terrain.

Les experts ont souligné : « Gaza a démontré, avec une clarté douloureuse, que la protection des journalistes dans les conflits armés est indissociable de l’obligation de rendre des comptes ; leur travail journalistique, leurs critiques ou leurs opinions politiques réelles ou supposées, ne font pas d’eux des cibles militaires légitimes ».

Les experts des Nations Unies ont exhorté les États à mener des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces sur toutes les attaques visant des journalistes, à assurer la protection des victimes, des témoins et de leurs familles, à garantir l’obligation de rendre des comptes à tous les niveaux de responsabilité, et à renforcer les mécanismes indépendants destinés à protéger les journalistes et à garantir leur sécurité.

Ils ont insisté sur le fait que les journalistes jouent un rôle vital dans l’exercice du droit de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations, et qu’ils ont droit à une protection ainsi qu’à des recours effectifs, conformément aux obligations des États en matière de droits humains.

Ils ont déclaré : « L’obtention de justice pour les crimes commis contre des journalistes ne saurait dépendre de la situation géographique, de l’influence politique ou de l’identité de l’auteur. Lorsque la presse est attaquée sans que les agresseurs ne soient sanctionnés, la société perd ses témoins et ses preuves ; à terme, sa capacité à accéder à la vérité et à demander des comptes aux détenteurs du pouvoir s’en trouve érodée. »

F.N

 

 

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