Hébron, le 5 novembre 2026, WAFA – Des dizaines de citoyens, parmi lesquels des hommes d’affaires, des travailleurs ainsi que des représentants d’institutions publiques et de la société civile, ont pris part jeudi à un rassemblement de protestation contre la fermeture par les forces d’occupation israéliennes des routes menant à la zone industrielle de la localité de Beit Ula, à l’ouest d’Hébron, et son isolement total.
Selon notre correspondant, des dizaines de citoyens, de propriétaires d’usines, de travailleurs et de représentants des chambres de commerce, du secteur privé et des institutions publiques et associatives ont participé à ce rassemblement organisé dans la zone industrielle de Beit Ula. L’initiative a été lancée par les propriétaires des usines et des terrains de la région ainsi que par les travailleurs qui y exercent, pour protester contre la fermeture, la veille, par les forces d’occupation israéliennes des routes qui y conduisent et son isolement complet.
Les participants ont appelé à mettre fin aux agressions de l’occupation et à rouvrir les routes menant à la zone industrielle ainsi qu’aux terres des habitants de la région. Ils ont mis en garde contre les lourdes pertes et les importants préjudices résultant de ces mesures.
Le maire de Beit Ula, Mahmoud al-Sarâhine, a déclaré à WAFA que les forces d’occupation avaient fermé, au moyen de remblais de terre, les routes conduisant à la zone industrielle et aux terres des habitants situées à l’ouest de la localité, isolant entièrement ces espaces.
Il a ajouté que cette mesure privait des centaines de familles de Beit Ula et des localités de l’ouest du gouvernorat d’Hébron de tout accès à leurs lieux de travail, qu'il s'agisse de la zone industrielle ou de leurs terres agricoles, menaçant ainsi gravement leur unique source de revenus.
Le maire a également indiqué que cette fermeture suscitait des inquiétudes parmi les habitants quant à l’existence d’un projet colonial visant à s’emparer de cette zone, dans un contexte marqué par les agressions répétées d’un groupe de colons qui y a établi, il y a un peu plus d’un an, un avant-poste colonial à proximité, sur des terres et des propriétés appartenant aux habitants.
Il a estimé que la fermeture des routes, l’interdiction faite aux habitants d’accéder à leurs terres agricoles et les entraves à leurs déplacements offraient aux colons l’occasion d’attaquer ces terres et de s’emparer de plus de 3 000 dunums appartenant à la localité, au profit de l’expansion coloniale.
De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du nord d’Hébron, Mahmoud Allan, a déclaré à WAFA que les mesures israéliennes visaient à porter atteinte au secteur économique palestinien et à affaiblir la capacité du peuple palestinien à résister et à rester sur ses terres.
Il a précisé que la zone industrielle isolée par les forces d’occupation abritait plus de 60 usines, ce qui en fait la plus importante du gouvernorat, ainsi que plusieurs élevages bovins et avicoles. Elle constitue l’unique source de revenus de plus de 2 500 travailleurs qui y sont employés.
Il a ajouté que cette agression infligeait aux propriétaires des usines des pertes quotidiennes considérables, estimées à plusieurs millions de shekels, en raison de l’impossibilité pour les travailleurs de rejoindre leurs lieux de travail, de la perturbation des chaînes d’approvisionnement en matières premières et autres fournitures industrielles, ainsi que de l’impossibilité pour les usines d’acheminer leurs produits vers les marchés.
Pour sa part, le président de l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture palestiniennes, Abdo Idris, a estimé que les agissements de l’occupation s’inscrivaient dans le cadre de sa politique de punition collective à l’encontre du peuple palestinien. Selon lui, cette mesure vise à affaiblir le secteur privé palestinien, à compromettre la capacité de centaines de familles à subvenir à leurs besoins et à les priver, au moins partiellement, de la possibilité de vivre dans la sécurité et la paix.
Il a appelé à une intervention urgente pour mettre fin à cette agression persistante, soulignant que celle-ci ne se limitait pas à la fermeture des routes, mais s’inscrivait dans un ensemble de mesures comprenant notamment la démolition de nombreuses installations économiques et d’autres restrictions imposées par les forces d’occupation au secteur économique. Ces mesures ont fortement entravé son activité et ont eu des répercussions manifestes sur les conditions de vie et les moyens de subsistance de la population.
H.A



