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53 ONG internationales : les récentes mesures israéliennes menacent l’aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie

Jérusalem, le 2 janvier 2026, WAFA-Des organisations humanitaires internationales opérant dans les territoires palestiniens occupés ont mis en garde contre les récentes mesures israéliennes de révocation de l’enregistrement, estimant qu’elles « menacent de suspendre les opérations des ONG internationales à un moment où les civils font face à des besoins humanitaires sévères et généralisés, malgré le cessez-le-feu à Gaza ».

Dans un communiqué publié ce vendredi, 37 ONG internationales ont indiqué avoir reçu une notification officielle annonçant la fin de leur enregistrement au 31 décembre 2025, avec une période de grâce de 60 jours avant l’obligation de cesser leurs activités à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Les organisations ont souligné que les ONG internationales sont essentielles pour la réponse humanitaire, travaillant en partenariat avec l’ONU et les organisations de la société civile palestinienne pour fournir une assistance vitale à grande échelle. L’ONU, le bureau humanitaire et les gouvernements donateurs ont maintes fois rappelé que ces ONG sont irremplaçables dans les opérations humanitaires et de développement, et ont appelé Israël à revenir sur sa décision.

Malgré le cessez-le-feu, les besoins humanitaires restent extrêmement graves. À Gaza, une famille sur quatre ne reçoit qu’un seul repas par jour. Les récentes tempêtes hivernales ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes, laissant 1,3 million de personnes dans un besoin urgent de logement.

Selon le communiqué, les ONG internationales :

fournissent plus de la moitié de l’aide alimentaire à Gaza,

gèrent ou soutiennent 60 % des hôpitaux de campagne,

réalisent près de trois quarts des activités de logement et de distribution de biens non alimentaires,

assurent tous les services de traitement pour les enfants atteints de malnutrition sévère.

Les ONG mettent en garde contre le fait que leur exclusion entraînerait la fermeture de structures de santé, l’arrêt de la distribution alimentaire, l’effondrement des chaînes d’approvisionnement en abris et la suspension de soins vitaux.

En Cisjordanie, les incursions israéliennes et la violence des colons continuent de provoquer des déplacements, et l’imposition de restrictions supplémentaires aux ONG internationales limiterait gravement l’accès aux aides vitales à un moment critique.

Les organisations ont rappelé que l’évaluation de l’impact de la révocation des enregistrements basée sur des indicateurs sélectifs ne reflète pas la réalité de l’aide sur le terrain, et que l’accès humanitaire doit se mesurer à la capacité des civils à recevoir l’assistance appropriée, au bon endroit et au bon moment.

Elles ont également insisté sur le respect strict des normes internationales et des obligations de diligence imposées par les donateurs, notant que plus de 500 travailleurs humanitaires ont été tués depuis le 7 octobre 2023. Les ONG ne peuvent partager aucune donnée personnelle sensible avec les parties au conflit sans violer les principes humanitaires, la protection des données et la sécurité des travailleurs.

Selon elles, il ne s’agit pas d’une question administrative, mais d’un choix politique délibéré avec des conséquences prévisibles : si la révocation des enregistrements est appliquée, cela entravera considérablement la livraison de l’aide humanitaire à grande échelle. L’accès humanitaire est un droit légal, et non un privilège ou un outil politique.

Les organisations ont également averti que cette décision crée un précédent dangereux en élargissant le contrôle israélien sur les opérations humanitaires dans les territoires occupés, en contradiction avec le cadre légal international et le rôle de l’Autorité palestinienne.

Elles ont appelé le gouvernement israélien à suspendre immédiatement ces mesures et les gouvernements donateurs à utiliser tous les moyens de pression pour garantir la protection de l’action humanitaire indépendante et neutre, afin que les civils reçoivent rapidement l’aide dont ils ont besoin.

Dans le secteur de la santé, les ONG gèrent ou soutiennent 60 % des hôpitaux de campagne à Gaza, et la révocation de leur enregistrement entraînerait la fermeture immédiate d’environ un tiers des établissements sanitaires.

Concernant la sécurité alimentaire, ces organisations fournissent plus de la moitié de l’aide alimentaire, y compris la majorité des points de distribution de repas préparés.

En matière de logement, elles réalisent près de trois quarts des activités liées aux abris et biens non alimentaires, avec environ 600 000 unités d’aide disponibles dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène, elles fournissent 42 % des services, incluant la prévention et la prise en charge des diarrhées aiguës.

Dans le domaine de la nutrition, elles soutiennent tous les centres de suppléments nutritionnels pour enfants gravement malnutris, couvrant 100 % de la capacité de traitement à Gaza.

Pour la dépollution des mines et explosifs, elles financent plus de la moitié des programmes de déminage, et leur exclusion réduirait ces capacités jusqu’à 100 %.

En matière d’éducation, elles gèrent ou soutiennent environ 30 % des activités éducatives d’urgence, qui touchent déjà un nombre limité d’enfants en âge scolaire.

Enfin, elles ont rappelé que les données personnelles des employés locaux et de leurs familles ne peuvent être partagées, conformément aux principes humanitaires et aux obligations de protection des données, en réponse à l’exigence israélienne de communiquer ces informations.

Parmi les 53 organisations signataires figurent : OXFAM, Amnesty International, Médecins Sans Frontières, ActionAid, CARE Canada, CARE UK, Handicap International, JVC Japon, Action contre la Faim, Diakonia, Medico International, War Child, Terre des Hommes et de nombreuses autres ONG humanitaires internationales.

H.A

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