Ramallah, le 2 février 2026, WAFA – La Fédération générale des syndicats des travailleurs de Palestine a publié lundi son rapport annuel 2025 sur la situation des travailleurs palestiniens, mettant en garde contre une dégradation sans précédent de leurs conditions de vie et de travail dans le contexte de la guerre et des politiques israéliennes restrictives.
Présenté lors d’une conférence de presse, le rapport dénonce notamment la décision d’Israël d’interdire l’entrée en Palestine au secrétaire général de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (BWI), Ambet Yuson, ainsi qu’à une délégation de neuf responsables syndicaux internationaux.
Selon le secrétaire général de la fédération, Shaher Saad, le taux de chômage dans les territoires palestiniens a atteint 38 %, avec près de 550 000 travailleurs privés d’emploi sur une population active d’environ 1,4 million. Dans la bande de Gaza, le chômage dépasse désormais 80 %.
Le rapport estime les pertes financières subies par les travailleurs palestiniens à environ 9 milliards de dollars sur deux ans. Les salaires des travailleurs palestiniens employés en Israël avant la guerre s’élevaient à environ 1,35 milliard de shekels par mois, un montant supérieur au total des salaires combinés des secteurs public et privé en Cisjordanie.
Le document fait également état d’une escalade des mesures répressives à l’encontre des travailleurs palestiniens, évoquant des discours d’incitation et des menaces émanant de responsables israéliens, incluant des appels à l’arrestation, à la création de centres de détention dédiés et au blocage des recettes fiscales palestiniennes, aggravant ainsi la crise économique.
Depuis le 7 octobre 2023, 47 travailleurs palestiniens ont été tués à la suite de tirs, d’arrestations ou de poursuites par les forces israéliennes. En 2025 seulement, 74 travailleurs sont morts dans des accidents du travail en Cisjordanie et en Israël, dont 18 tués par des tirs israéliens.
Le syndicat recense en outre plus de 35 000 arrestations de travailleurs palestiniens depuis le début de la guerre, ainsi qu’au moins 1 500 blessés en deux ans, principalement lors de passages aux checkpoints militaires ou de tentatives de franchissement du mur de séparation.
Le rapport souligne enfin que le nombre de checkpoints et de barrières israéliennes en Cisjordanie atteint environ 1 150, entravant gravement la liberté de circulation des travailleurs et leur accès à l’emploi.
La fédération a appelé à des mesures urgentes, notamment la réintégration des travailleurs palestiniens dans leurs emplois, l’exemption des frais d’assurance maladie, la suspension des poursuites judiciaires liées aux dettes, l’implication de l’Organisation internationale du travail dans les projets de reconstruction de Gaza, ainsi que la garantie de revenus pour les familles des travailleurs tués.
H.A



