Ramallah, le 2 février 2026, WAFA – Le secrétaire général de la Fédération générale des syndicats des travailleurs de Palestine, Shaher Saad, a dénoncé la décision des autorités d’occupation israéliennes d’interdire l’entrée en Palestine à une délégation de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (BWI), qualifiant cette mesure de punition collective visant les travailleurs palestiniens et destinée à empêcher la communauté internationale de prendre connaissance de leurs conditions de vie et de travail.
Dans un communiqué publié lundi, Saad a indiqué que les autorités israéliennes ont retenu pendant dix heures consécutives, au pont Allenby (pont du roi Hussein), une délégation composée de neuf responsables syndicaux internationaux, conduite par le secrétaire général de la BWI, Ambet Yuson, avant de leur refuser l’accès aux territoires palestiniens.
Il a précisé que la délégation représente près de 30 millions de travailleurs dans les secteurs du bâtiment et du bois à travers le monde, soulignant que l’objectif réel de cette interdiction est de freiner les efforts internationaux de soutien à la cause des travailleurs palestiniens, notamment le dossier porté devant l’Organisation internationale du travail (OIT) par des fédérations syndicales internationales, réclamant une indemnisation pour environ 200 000 travailleurs palestiniens directement affectés par les politiques de l’occupation.
Selon Saad, cette décision s’inscrit dans une tentative de dissimuler les graves violations subies par les travailleurs palestiniens depuis le 7 octobre 2023, notamment la perte de leurs moyens de subsistance, les arrestations massives et la privation de leurs droits fondamentaux, tant sur le plan professionnel qu’humain.
Il a ajouté que la délégation devait se rendre dans des camps de réfugiés à Tulkarem, rencontrer des travailleurs palestiniens touchés par ces mesures, et recevoir des listes officielles des travailleurs tués alors qu’ils tentaient de gagner leur vie, dont le nombre s’élève à 47, ainsi que des informations sur l’arrestation de plus de 35 000 travailleurs lors de leurs tentatives d’accéder à leurs lieux de travail.
Saad a estimé que cette mesure arbitraire révèle « la véritable nature de l’occupation et de ses politiques répressives », et confirme la poursuite des violations des lois et conventions internationales, ainsi que le blocage de toute initiative internationale visant à constater la réalité humanitaire et sociale à laquelle sont confrontés les travailleurs palestiniens.
Il a souligné que ces pratiques ne dissuaderont pas le mouvement syndical palestinien de poursuivre son combat, ni les organisations syndicales internationales de continuer à soutenir les travailleurs palestiniens.
Saad a enfin appelé la communauté internationale, l’Organisation internationale du travail et la Confédération syndicale internationale à intervenir d’urgence et à faire pression sur les autorités israéliennes afin de mettre un terme à ces violations et de garantir la liberté d’action des délégations syndicales internationales.
H.A



