Tubas, le 22 février 2026, WAFA- Les habitants de la vallée du Jourdain, dans le gouvernorat de Tubas, font face à une escalade des attaques des colons et des forces israéliennes, provoquant des déplacements massifs et un climat de peur qui rappelle à certains le traumatisme de la Nakba de 1948.
Nayef Zawahreh, originaire de la région d’Al-Burj, a passé près de trois décennies à élever son bétail dans les pâturages locaux sans rencontrer de danger majeur. Mais depuis 2018, l’occupation coloniale a progressivement transformé la région : des colonies pastorales ont été implantées sur les sommets, suivies de la confiscation de pâturages et de l’expulsion forcée de familles palestiniennes. Ces attaques se sont intensifiées récemment, ciblant les habitations et semant la peur nocturne parmi les villageois.
Au cours du mois en cours, environ vingt familles ont été contraintes de quitter leurs maisons dans les communautés d’Al-Burj et Al-Mitta. Zawahreh et sa famille ont fui vers une zone proche de Tubas, emportant seulement quelques biens essentiels. Il exprime son pessimisme quant à un retour prochain, évoquant un sort semblable à celui de ses ancêtres déplacés en 1948.
Selon la vétérane de la Nakba, Yusra Mahameed, ce schéma de dépossession et de déplacement se répète aujourd’hui, avec des effets humains et symboliques similaires : perte de terre, de maison et de ressources vitales.
Un rapport annuel de l’Autorité de résistance au mur et à la colonisation pour 2025 documente 23 827 incidents de violences commis par l’armée israélienne et les colons à travers la Cisjordanie. Parmi eux, 18 384 actions ont été directement menées par l’armée, 4 723 par des colons, et 720 en coopération entre les deux. Cette escalade confirme que l’occupation et le terrorisme des colons ne sont plus marginaux, mais intégrés dans une politique officielle visant à imposer le contrôle territorial et à restreindre la possibilité d’un État palestinien viable.
Les attaques des colons en 2025 ont causé la mort de 14 Palestiniens, incendié 434 propriétés et champs, et détruit ou empoisonné 35 273 arbres, dont 26 988 oliviers, touchant directement l’économie et le patrimoine symbolique des habitants. Ces agressions ont également entraîné le déplacement forcé de 13 communautés bédouines, soit 1 090 personnes réparties sur 197 familles, dans le cadre d’une politique de dépossession systématique visant à étendre les implantations israéliennes dans la région.
Ce contexte montre que l’expansion coloniale et la violence associée transforment la géographie palestinienne et exacerbe la vulnérabilité des populations locales, renforçant le sentiment d’une « nouvelle Nakba » parmi les Palestiniens de la vallée du Jourdain et de Cisjordanie.
H.A



