Paris, le 30 avril 2026, WAFA – L’Organisation Reporters sans frontières (RSF) a indiqué qu’Israël connaît un recul de la liberté de la presse et un durcissement à l’égard du pluralisme médiatique depuis le déclenchement de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, dans un contexte de pressions croissantes sur les journalistes et de multiplication des lois restrictives, parallèlement à la mort de plus de 220 journalistes à Gaza et au Liban.
Ces conclusions figurent dans le classement annuel publié jeudi par RSF, qui montre que la liberté de la presse dans le monde a atteint son niveau le plus bas depuis un quart de siècle, la situation étant jugée « difficile » ou « très grave » dans plus de la moitié des pays.
L’organisation souligne que le classement d’Israël a reculé, passant de la 112e à la 116e place sur 180 pays, évoquant un resserrement des restrictions sur le pluralisme médiatique, l’indépendance des médias et la liberté de la presse depuis le début de la guerre à Gaza.
RSF affirme que l’armée israélienne a tué plus de 220 journalistes dans le territoire palestinien assiégé, dont au moins 70 en raison directe de leur activité professionnelle. Elle ajoute que, parallèlement, les pressions sur les journalistes en Israël se sont intensifiées, tandis que les campagnes de désinformation et les lois répressives se sont multipliées.
L’organisation note qu’en 2023, la chaîne de télévision d’extrême droite « Channel 14 » est devenue la deuxième chaîne la plus regardée en Israël, derrière « Channel 12 », selon l’Institut israélien de la démocratie, tandis que le site d’information « Ynet » est le plus consulté du pays.
Elle indique également qu’une censure militaire est exercée sur les questions sécuritaires en Israël, la publication d’informations étant soumise à une autorisation préalable des autorités.
RSF relève par ailleurs qu’en 2023, la Knesset a approuvé une modification de la loi antiterroriste, qui sanctionne toute personne « consommant de manière systématique et continue des publications terroristes » ou diffusant un appel direct à commettre un acte terroriste.
Selon l’organisation, l’interprétation large de ce texte vise à interdire des médias jugés non loyaux envers le gouvernement. Cette orientation est renforcée par une loi adoptée en 2024, permettant aux autorités d’interdire la diffusion de médias étrangers considérés comme « menaçant la sécurité de l’État ».
H.A



