Ramallah, 14 mai 2026 (WAFA) – Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré jeudi que la huitième conférence générale du mouvement Fatah constitue « une étape charnière » pour réévaluer le parcours national palestinien, renforcer la résilience du peuple palestinien et élaborer une vision politique unifiée pour la prochaine phase, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza, l’escalade de la colonisation israélienne et les défis régionaux croissants.
S’exprimant lors de la séance inaugurale de la conférence organisée au siège présidentiel à Ramallah, Abbas a affirmé que cette rencontre devait permettre de soutenir les efforts de reconstruction, de préserver l’unité nationale palestinienne et d’ouvrir « un véritable horizon politique » menant à la fin de l’occupation israélienne.
Le président palestinien a souligné que la conférence se tient sur le territoire palestinien avec la participation de délégués depuis Gaza, Le Caire et Beyrouth par visioconférence, estimant que cela reflète l’attachement du mouvement au processus démocratique interne ainsi qu’au renforcement du rôle des jeunes et des femmes dans les structures dirigeantes.
Abbas a déclaré que le Fatah demeure « l’épine dorsale du projet national palestinien » et le garant de la décision nationale indépendante, ajoutant que le renouvellement des cadres du mouvement contribuerait à revitaliser l’ensemble du mouvement national palestinien.
Il a estimé que les Palestiniens traversent « une phase historique critique » marquée par « des menaces existentielles », les conséquences de « la guerre de génocide » dans la bande de Gaza, les tentatives de déplacement forcé ainsi que les violations israéliennes du droit international en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
Le président palestinien a affirmé que la situation humanitaire dans la bande de Gaza exigeait de permettre à l’État de Palestine d’exercer pleinement ses responsabilités à travers ses institutions civiles et souveraines, en coordination avec les mécanismes exécutifs mis en place durant la période transitoire, sans division institutionnelle entre Gaza et la Cisjordanie.
Abbas a indiqué que plus de 270 000 Palestiniens avaient été tués ou blessés dans la guerre menée contre Gaza, affirmant que la majorité des victimes étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées. Il a accusé Israël d’avoir détruit plus de 85 % des infrastructures urbaines et des camps de réfugiés du territoire, y compris des écoles, hôpitaux, mosquées et églises, dans le cadre, selon lui, d’une tentative visant à déplacer la population palestinienne.
Il a également déclaré que plus de 2 500 familles palestiniennes avaient été entièrement rayées du registre civil à Gaza en raison des bombardements israéliens.
Concernant la Cisjordanie occupée, Abbas a dénoncé « le terrorisme organisé des colons » mené sous protection de l’armée israélienne, évoquant des attaques contre des habitants palestiniens, des incendies de maisons, la destruction de terres agricoles et l’expansion continue des colonies israéliennes.
Selon lui, la Cisjordanie et Jérusalem-Est comptent désormais plus de 214 colonies et 372 avant-postes coloniaux abritant environ 800 000 colons israéliens. Il a accusé le gouvernement israélien de poursuivre des politiques d’annexion à travers des lois facilitant la confiscation des terres palestiniennes et des projets législatifs visant les prisonniers palestiniens.
Le président palestinien a appelé la communauté internationale à prendre « des mesures dissuasives immédiates » contre Israël afin de mettre un terme aux « mesures unilatérales » israéliennes et de garantir une protection internationale au peuple palestinien.
Abbas a également demandé une intervention internationale urgente pour protéger Jérusalem-Est et préserver son statut historique, juridique et religieux, tout en réaffirmant l’importance de la tutelle hachémite jordanienne sur les lieux saints musulmans et chrétiens.
Il a accusé Israël de retenir plus de cinq milliards de dollars de recettes fiscales palestiniennes, qualifiant cette politique de « piraterie financière sans précédent » ayant aggravé la crise économique palestinienne et compromis la capacité de l’Autorité palestinienne à remplir ses obligations.
Le président palestinien a par ailleurs réaffirmé le soutien de l’État de Palestine aux initiatives diplomatiques internationales visant à résoudre le conflit israélo-palestinien, notamment les résolutions pertinentes des Nations unies, la déclaration de New York issue de la conférence internationale coprésidée par l’Arabie saoudite et la France, ainsi que le plan proposé par le président américain Donald Trump et la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Selon Abbas, ces initiatives représentent « une véritable opportunité » pour mettre fin à l’occupation israélienne et parvenir à une paix juste et durable fondée sur le droit international et la solution à deux États.
Le président palestinien a également réaffirmé l’engagement de l’État de Palestine à poursuivre les réformes administratives, judiciaires et institutionnelles engagées ces dernières années, notamment dans les domaines de la gouvernance, de la transparence, de la numérisation des services publics, de la lutte contre la corruption et du renforcement du système judiciaire.
Il a indiqué que l’Autorité palestinienne poursuivait ses préparatifs en vue des élections du Conseil national palestinien prévues en novembre, ainsi que pour de futures élections générales et présidentielle.
Abbas a insisté sur son attachement au pluralisme politique, à la transition pacifique du pouvoir et à l’intégration des jeunes et des femmes dans les institutions palestiniennes.
Il a réaffirmé que la bande de Gaza constitue « une partie intégrante de l’État de Palestine » et que toute disposition transitoire ne devait pas porter atteinte à l’unité politique et géographique palestinienne.
Le président palestinien a également déclaré que l’unité nationale restait « le fondement essentiel » pour mettre fin aux divisions internes palestiniennes, sur la base de la reconnaissance de l'Organisation de libération de la Palestine comme seul représentant légitime du peuple palestinien, du respect de ses engagements internationaux et du principe d’« une seule autorité, une seule loi et une seule arme légitime ».
Abbas a révélé qu’un accord avait été conclu avec le président libanais Joseph Aoun concernant la remise des armes détenues par des factions de l’OLP dans les camps palestiniens au Liban, ajoutant que des discussions étaient également en cours pour améliorer les conditions de vie des réfugiés palestiniens au Liban et en Syrie.
Le président palestinien a insisté sur le fait que la question des réfugiés demeurait « au cœur de la cause palestinienne » et devait être résolue conformément au droit au retour et à l’indemnisation prévus par la résolution 194 de l’ONU et l’Initiative de paix arabe.
Il a rejeté toute tentative visant à affaiblir ou supprimer l'UNRWA, estimant qu’il s’agit d’« une atteinte directe aux droits des réfugiés palestiniens ».
Dans un message adressé à la société israélienne, Abbas a affirmé que « davantage de colonisation, d’extrémisme et de déni des droits palestiniens n’apporteront ni paix ni sécurité ».
Il a conclu son discours en saluant la résilience des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, des camps de réfugiés et de la diaspora, ainsi que les prisonniers palestiniens, affirmant : « Malgré la souffrance, le siège et les épreuves, nous poursuivrons notre lutte et réaliserons nos objectifs nationaux par la patience et la résilience. »
H.A



