Europe, le 17 mai 2026, WAFA- Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier, samedi dans plusieurs capitales européennes à l’occasion du 78e anniversaire de la Nakba palestinienne, dénonçant la poursuite de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza ainsi que les violences en Cisjordanie occupée, au Liban et en Syrie.
Des marches et rassemblements coordonnés ont eu lieu notamment à Paris, Londres, Stockholm et Athènes, à l’appel d’organisations propalestiniennes, de mouvements de gauche et de collectifs de défense des droits humains.
À Stockholm, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Odenplan pour réclamer un cessez-le-feu immédiat à Gaza et dénoncer ce qu’ils ont qualifié de « crimes de guerre » commis par Israël. À Athènes, des manifestants ont défilé en direction des ambassades israélienne et américaine en brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes appelant à des sanctions internationales contre Israël.
À Paris, des dizaines de milliers de personnes ont participé à une marche organisée notamment par EuroPalestine et plusieurs associations propalestiniennes. Les manifestants ont dénoncé la poursuite des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, l’intensification des opérations militaires israéliennes en Cisjordanie occupée ainsi que les frappes menées au Liban et en Syrie.
Parmi les participants figuraient la députée française Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire « La France insoumise - Nouveau Front Populaire », ainsi que Olivia Zémor, présidente du collectif EuroPalestine. L’avocat et militant franco-palestinien Salah Hammouri a également pris la parole, affirmant que les événements actuels à Gaza s’inscrivaient dans la continuité de la Nakba palestinienne de 1948.
Les manifestants ont scandé des slogans réclamant un cessez-le-feu permanent, la levée du blocus imposé à Gaza et des poursuites judiciaires contre les responsables israéliens accusés de violations du droit international. Plusieurs participants ont également appelé au boycott d’Israël et dénoncé ce qu’ils considèrent comme une impunité persistante accordée au gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahu.
À Londres, la police métropolitaine a déployé un important dispositif de sécurité à l’occasion des rassemblements organisés dans le centre de la capitale britannique. Selon les autorités, des milliers de policiers, appuyés par des unités spécialisées, des véhicules blindés, des unités montées, des drones et des hélicoptères, ont été mobilisés afin de prévenir des affrontements entre groupes rivaux.
Chaque année, le 15 mai, les Palestiniens commémorent la Nakba, ou « catastrophe », en référence à l’exode massif ayant accompagné la création d’Israël en 1948. Selon les historiens palestiniens et plusieurs organisations internationales, plus de 700 000 Palestiniens avaient alors été expulsés ou avaient fui leurs villes et villages.
Ces manifestations interviennent dans un contexte de poursuite de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Selon les autorités sanitaires palestiniennes et plusieurs organisations internationales, des dizaines de milliers de Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’enclave depuis le début de la guerre.
Plusieurs agences des Nations unies et organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, Human Rights Watch et Médecins Sans Frontières, ont dénoncé des attaques répétées contre des civils, des restrictions à l’acheminement de l’aide humanitaire et l’usage de la famine comme méthode de guerre.
La Cour internationale de justice, saisie par l’Afrique du Sud, a estimé en janvier 2024 qu’il existait un « risque plausible de génocide » à Gaza et a ordonné à Israël de prendre des mesures visant à prévenir des actes entrant dans le cadre de la Convention sur le génocide.
De son côté, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza.
H.A



