Bethléem, le 5 juin 2026, WAFA– L'Institut de recherche appliquée de Jérusalem (ARIJ) a indiqué que les autorités israéliennes ont émis, le 5 mars dernier, une nouvelle série d'ordres militaires qui, selon lui, visent à étendre les activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés et pourraient ouvrir la voie à la prise de contrôle d'environ 20.000 dounams (près de 20 kilomètres carrés) en Cisjordanie.
Dans un rapport publié vendredi, ARIJ estime que ces mesures poursuivent plusieurs objectifs, notamment l'appropriation de nouvelles terres, la modification de la réalité démographique et géographique des territoires occupés et la consolidation des implantations israéliennes par le biais de mécanismes administratifs et juridiques.
Selon l'institut, les nouveaux ordres militaires concernent 15 sites de colonisation et zones archéologiques répartis dans plusieurs gouvernorats palestiniens, pour une superficie totale de 20.002 dounams, les secteurs de Jérusalem-Est, Jénine et Qalqilya figurant parmi les plus touchés.
D'après les données publiées par ARIJ, les ordres concernent notamment les colonies d'Alon, de Beit El, de Beit Horon, de Kfar Tapuah, d'Elkana, de Givat Zeev, ainsi que les colonies de Ganim et Kadim, situées dans le nord de la Cisjordanie. Ils englobent également plusieurs sites archéologiques, dont celui de Nabi Samuel, au nord-ouest de Jérusalem, et le site historique de Sebastia, dans le gouvernorat de Naplouse, qui couvre à lui seul plus de 2.000 dounams.
Le rapport souligne également que les autorités israéliennes ont officiellement établi une zone de compétence administrative distincte pour la nouvelle colonie de Yetziv, connue auparavant sous le nom de camp militaire de Shedima (« Goush Gharab »), où un avant-poste de colonisation a été créé par des colons en novembre 2025.
ARIJ rappelle qu'en mai 2024, Israël avait autorisé le retour de colons dans trois colonies évacuées dans le cadre du plan de désengagement unilatéral de 2005, estimant que les nouvelles mesures administratives contribuent désormais à légaliser et à favoriser leur réimplantation et leur expansion.
L'institut précise que ces procédures reposent principalement sur trois ordres militaires israéliens relatifs à l'expropriation pour utilité publique, à la délimitation des zones de compétence des conseils régionaux de colonies et à la modification des limites des implantations existantes.
Selon ARIJ, l'ensemble de ces mesures risque de restreindre davantage l'utilisation des terres palestiniennes, de renforcer l'infrastructure de colonisation et de compromettre la continuité territoriale nécessaire à la viabilité d'un futur État palestinien.
H.A



