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Naksa 1967 : 59 ans d'une occupation aux répercussions durables

Naksa 1967 : 59 ans d'une occupation aux répercussions durables

Ramallah, le 5 juin 2026, WAFA– Les Palestiniens commémorent aujourd'hui le 59e anniversaire de la Naksa (« le revers » en arabe), nom donné à la guerre de Juin 1967, un conflit de six jours qui a profondément transformé la carte politique et territoriale du Moyen-Orient.

Déclenchée le 5 juin 1967, la guerre opposa Israël à l'Égypte, à la Syrie et à la Jordanie. À son terme, le 10 juin, Israël prit le contrôle de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, de la bande de Gaza, du plateau syrien du Golan et de la péninsule égyptienne du Sinaï.

Pour les Palestiniens, cette guerre marque le début de l'occupation israélienne de l'ensemble du territoire palestinien historique situé à l'ouest du Jourdain et provoqua une nouvelle vague d'exode. Des centaines de milliers de Palestiniens furent contraints de quitter leurs foyers, beaucoup pour la seconde fois après la Nakba de 1948.

Les tensions ayant précédé le conflit se sont intensifiées au printemps 1967, dans un contexte d'affrontements croissants entre Israël et la Syrie. Les autorités égyptiennes, liées à Damas par un accord de défense commune signé en novembre 1966, renforcèrent alors leur présence militaire dans le Sinaï. Le 23 mai 1967, le président égyptien Gamal Abdel Nasser annonça la fermeture du détroit de Tiran à la navigation israélienne, une décision considérée par Israël comme un casus belli.

Le matin du 5 juin 1967, Israël lança une offensive aérienne surprise contre les forces aériennes égyptienne, syrienne et jordanienne. La destruction d'une grande partie des appareils arabes au sol permit à l'aviation israélienne d'obtenir rapidement la maîtrise du ciel, un facteur déterminant dans l'issue du conflit.

En six jours, l'armée israélienne occupa la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, alors administrée par la Jordanie, ainsi que la bande de Gaza et le Sinaï, sous administration égyptienne, et le plateau du Golan syrien.

À la suite de la guerre, le Conseil de sécurité des Nations unies adopta la résolution 242, le 22 novembre 1967, appelant au retrait des forces israéliennes des territoires occupés en échange d'une paix durable dans la région. La même année, le sommet arabe de Khartoum adopta la célèbre position des « trois non » : pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d'Israël et pas de négociations avec Israël.

Depuis 1967, les autorités palestiniennes considèrent que l'occupation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, s'est accompagnée d'une politique de colonisation, de confiscation de terres et d'exploitation des ressources naturelles, notamment hydriques, en violation du droit international. Les Nations unies ont, à plusieurs reprises, réaffirmé que les colonies israéliennes dans les territoires occupés n'ont aucune validité juridique au regard du droit international.

Selon les estimations historiques généralement retenues, la guerre des Six Jours a coûté la vie à plusieurs milliers de soldats et de civils arabes, tandis qu'environ 800 Israéliens ont été tués. Le conflit demeure l'un des événements les plus marquants de l'histoire contemporaine du Moyen-Orient, dont les conséquences politiques, territoriales et humanitaires continuent de façonner la réalité de la région près de six décennies plus tard.

H.A

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