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Privés d'eau, contraints de partir : l'engrenage du déplacement en vallée du Jourdain

Privés d'eau, contraints de partir : l'engrenage du déplacement en vallée du Jourdain

Vallée du Jourdain, le 19 juillet 2026, WAFA-

Par Israa Ghorani

Six mois se sont écoulés depuis le déplacement forcé de la communauté bédouine de Ras Aïn al-Auja, contrainte d'abandonner son site historique situé à proximité immédiate de la source d'Al-Auja, au cœur de la vallée du Jourdain. Pendant des décennies, cette source a constitué le principal moyen de subsistance de la communauté. Aujourd'hui, près de 120 familles, soit plus de 600 personnes, sont dispersées dans différents lieux de déplacement dépourvus des services et infrastructures de base.

Ce déplacement est intervenu après une succession d'attaques menées par des colons israéliens, qui ont commencé par l'installation d'un avant-poste pastoral à proximité de la source, avant de s'emparer de ses eaux, de provoquer son assèchement, puis de prendre le contrôle des pâturages environnants. Les agressions quotidiennes qui ont suivi ont finalement contraint les habitants à quitter les lieux, faisant de Ras Aïn al-Auja la plus importante communauté bédouine et pastorale déplacée de force au cours des trois dernières années.

Haitham Rashaida évoque avec amertume les trois années de pertes qui ont suivi l'installation de l'avant-poste colonial et la privation des ressources en eau dont dépendaient sa famille et son élevage.

« Nous vivions à Ras Aïn al-Auja depuis des générations, mais nous n'avions jamais connu une telle situation. Ils nous ont coupé notre source de vie », confie-t-il. Installé aujourd'hui avec sa famille à quelques kilomètres de son ancien village, il dit vivre dans des conditions particulièrement difficiles.

Selon son témoignage, les colons ne se sont pas contentés d'interdire l'accès à la source. Ils ont également détourné les canaux qui alimentaient la communauté ainsi que les terres agricoles du village voisin d'Al-Auja. Les familles ont alors été contraintes d'acheter de l'eau acheminée par camions-citernes, une solution coûteuse qui a considérablement aggravé leur situation économique.

Autrefois propriétaire de 400 têtes de bétail, Rashaida explique qu'il doit désormais acheter tous les deux jours un camion-citerne de 10 mètres cubes d'eau, tout en supportant le coût croissant du fourrage après la confiscation des pâturages par les colons. L'élevage, autrefois principale source de revenus de sa famille, n'est plus économiquement viable.

La violence s'est ensuite intensifiée. Quelques mois avant le déplacement de la communauté, son troupeau a été entièrement perdu lors d'une attaque au cours de laquelle des colons ont dérobé près de 1 500 têtes de bétail appartenant à lui-même et à ses voisins. Les incursions répétées dans les habitations et les intimidations visant les enfants ont précédé le déplacement forcé des habitants.

Si les restrictions israéliennes sur l'accès à l'eau existent depuis des décennies, les trois dernières années ont marqué une nouvelle étape, caractérisée par la prise de contrôle directe des sources par les colons. Parallèlement, le creusement de puits profonds par la compagnie israélienne Mekorot a contribué à l'épuisement de la nappe phréatique, entraînant une baisse du niveau de la source d'Al-Auja jusqu'à son assèchement complet l'année dernière.

Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) publié le 19 mars 2026, environ 600 Palestiniens de la communauté de Ras Aïn al-Auja ont été déplacés en janvier 2026, dans ce qui constitue le plus important déplacement d'une seule communauté palestinienne provoqué par les attaques de colons et les restrictions d'accès enregistrées au cours des trois dernières années.

De Ras Aïn al-Auja à Khallet Khader : un même modèle fondé sur la confiscation des sources :

Dans le nord de la vallée du Jourdain, les déplacements forcés se sont accélérés, transformant progressivement la réalité démographique de la région selon un schéma récurrent centré sur le contrôle des ressources en eau.

La communauté de Khallet Khader figure parmi les premières à avoir été déplacées. En 2022, des colons ont clôturé la source d'eau dont le hameau porte le nom, empêchant les habitants d'y accéder. Hamed Daraghmeh, éleveur d'une centaine de têtes de bétail, décrit une séquence d'événements qu'il juge identique à celle vécue à Ras Aïn al-Auja : installation d'un avant-poste pastoral à proximité, fermeture de la source, confiscation des pâturages, puis attaques contre les habitations. « Nous avons essayé de nous adapter en acheminant l'eau par camions-citernes et en achetant du fourrage, mais les colons ont continué à attaquer la communauté sous la protection de l'armée israélienne, qui intervient en leur faveur, arrête des habitants et leur impose des amendes », affirme-t-il. Il explique avoir finalement quitté les lieux après l'arrestation de ses deux fils mariés il y a environ deux ans. OCHA WAFA

Ce modèle s'étend désormais jusqu'aux moyens d'approvisionnement alternatifs. Ayed Zawahreh, déplacé de la communauté d'Al-Maita au début de l'année, raconte que les attaques contre les habitants et les camions-citernes se sont intensifiées de manière sans précédent depuis le début de la guerre à Gaza. Selon lui, cette évolution est liée à la multiplication des avant-postes pastoraux établis depuis 2016, dont le nombre a fortement augmenté ces dernières années. « Acheminer un camion d'eau jusqu'à la communauté relevait d'une véritable aventure quotidienne ; nous étions poursuivis sur la route par les colons et les forces israéliennes », dit-il. WAFA

Les données de la Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation indiquent qu'environ 270 avant-postes pastoraux ont été recensés parmi quelque 370 avant-postes coloniaux de différentes catégories en Cisjordanie, dont 89 nouveaux avant-postes pastoraux établis pour la seule année 2025.

« Une guerre de la soif » :

Dans la communauté d'Al-Burj, déplacée de force en février dernier, les habitants parlent ouvertement d'une « guerre de la soif ».

« Même la dernière nuit avant notre départ, alors que nous faisions nos bagages, des colons ont attaqué la communauté et vidé l'eau qui restait dans nos réservoirs et nos citernes », raconte Nayef al-Faqir. Selon lui, ce type d'attaque est devenu fréquent dans d'autres communautés menacées de déplacement. WAFA

Le même scénario menace aujourd'hui les habitants de Khirbet al-Hamma, dans le nord de la vallée du Jourdain. Depuis plusieurs mois, des colons ont pris le contrôle de la source dont dépendent une vingtaine de familles vivant principalement de l'élevage, l'ont entièrement clôturée et interdite désormais tout accès aux habitants. Mahyoub Faqha, l'un des résidents, explique qu'il doit acheter de l'eau dans les villages de Bardala et Aïn al-Beida et la transporter quotidiennement par camion-citerne, ce qui représente une charge financière considérable. Les familles de Khirbet al-Hamma sont également confrontées à des attaques répétées de colons provenant de deux avant-postes voisins, l'un établi en 2016 au sud du hameau, l'autre installé l'an dernier sur les terres du village de Kardala au nord.

La restriction de l'accès à l'eau et aux pâturages a déjà eu des conséquences directes sur l'élevage. Le nombre de têtes de bétail dans la communauté est passé d'environ 2 500 il y a quelques années à près de 1 700 aujourd'hui. Faqha, propriétaire de 120 bêtes, affirme acheter chaque jour une citerne de 3 mètres cubes pour 70 shekels, une quantité qui ne suffit qu'à alimenter son troupeau pendant une seule journée.

D'après les dernières données de l'OCHA, publiées en juillet 2026, les attaques de colons et les restrictions d'accès qui les accompagnent se sont nettement intensifiées depuis janvier 2023, en particulier dans les communautés bédouines et pastorales situées en zone C de Cisjordanie. Entre janvier 2023 et le 6 juillet 2026, 121 communautés palestiniennes ont subi un déplacement total ou partiel, dont 46 entièrement vidées de leurs habitants, parmi lesquelles 10 depuis le début de 2026. Au total, environ 6 200 Palestiniens, dont plus de 3 000 enfants, ont été déplacés au cours de cette période ; plus de 2 300 personnes, dont 1 000 enfants, l'ont été durant la seule année 2026.

Une étude publiée en 2024 par l'Institut de recherche appliquée de Jérusalem (ARIJ), intitulée Les ressources en eau sous le contrôle des colons dans le nord de la vallée du Jourdain, conclut que l'eau est utilisée comme un levier central pour fragiliser la présence palestinienne dans la région. L'étude indique que, avant même la dernière guerre à Gaza, des colons avaient déjà pris le contrôle total de 30 des plus de 56 sources d'eau recensées en Cisjordanie, privant les Palestiniens d'y accéder. Elle souligne également que les ordres militaires israéliens et les mesures de confiscation permettent aux autorités israéliennes de contrôler les ressources hydriques, de limiter le forage de nouveaux puits et le développement des infrastructures, réduisant ainsi l'accès palestinien à l'eau.

Plaine d'Al-Baqi'a et Qaoun : les bulldozers israéliens mettent en péril le grenier agricole de la Palestine :

L'analyse des atteintes recensées révèle une stratégie coordonnée entre les colons israéliens et les autorités d'occupation. Depuis 1967, Israël exerce un contrôle quasi total sur les ressources en eau de surface et souterraines de la vallée du Jourdain par l'intermédiaire de la compagnie nationale Mekorot, entraînant une pénurie chronique pour les Palestiniens, tandis que les colonies bénéficient d'un accès élargi aux ressources hydriques.

Selon une étude du chercheur Taysir Jabara consacrée au contrôle israélien des ressources en eau en Palestine, la majorité des sources d'eau a été placée sous contrôle israélien sous couvert de la protection de « réserves naturelles », avant d'être affectée, dans les faits, aux colonies. Aujourd'hui, près de 90 % des sources d'eau de Cisjordanie sont sous contrôle israélien. Cette politique comprend notamment l'interdiction de forer de nouveaux puits ou d'approfondir les puits existants, la limitation des volumes de pompage ainsi que l'interdiction faite aux municipalités palestiniennes de développer ou de réhabiliter leurs infrastructures hydrauliques, tandis que les colons sont autorisés à exploiter les nappes phréatiques pour irriguer leurs exploitations agricoles.

Les statistiques officielles illustrent également de profondes disparités dans l'accès à l'eau. D'après les données de l'Autorité palestinienne de l'eau et du Bureau central palestinien des statistiques pour l'année 2022, la consommation moyenne d'un Palestinien en Cisjordanie s'élève à 85,7 litres par jour, tandis qu'elle tombe à 20,5 litres par jour dans la bande de Gaza si l'on ne tient compte que de l'eau propre à la consommation. À titre de comparaison, la consommation moyenne d'un Israélien atteint environ 300 litres par jour, celle des colons étant supérieure de plus de sept fois à celle des Palestiniens.

Cette réalité touche également les principales localités agricoles de la vallée du Jourdain, notamment Bardala, Kardala, Aïn al-Beida et la plaine d'Al-Baqi'a. Depuis 1967, leurs habitants sont privés de l'accès aux eaux du Jourdain ; plusieurs puits et sources ont été asséchés, le forage de nouveaux puits est interdit et les agriculteurs sont contraints d'acheter leur eau auprès de Mekorot. Les conduites d'irrigation sont régulièrement détruites sous prétexte d'absence de permis ou dans le cadre de projets coloniaux et d'exercices militaires.

Depuis le début de cette année, ces mesures se sont intensifiées avec les opérations de terrassement menées à Atouf et dans la plaine d'Al-Baqi'a, à l'est de Tubas, dans le cadre du projet israélien baptisé « Fil écarlate », qui prévoit l'ouverture d'une route militaire et la construction d'une barrière de séparation.

Selon Abdallah Bisharat, président du conseil du village d'Atouf, ces travaux ont détruit d'importantes conduites d'eau et interrompu l'irrigation de près de 30 000 dunums de terres agricoles dans la plaine d'Al-Baqi'a, soit près d'un tiers de sa superficie totale de 96 000 dunums. Il avertit que ces destructions menacent directement l'avenir agricole de cette région, souvent considérée comme le grenier alimentaire de la Palestine.

Pour sa part, Omar Sawafteh, directeur du département de l'Agriculture de la vallée du Jourdain septentrionale, affirme que la confiscation des ressources en eau a déjà retiré de vastes superficies de la production agricole. Il cite notamment la plaine de Qaoun, près de Bardala, qui couvre plus de 2 000 dunums et n'est plus cultivée depuis deux ans à la suite de l'installation d'un avant-poste colonial et de la destruction des conduites qui l'alimentaient en eau.

Sawafteh rappelle également qu'au début des années 1970, les autorités israéliennes avaient conclu un accord avec les habitants de Bardala, Kardala et Aïn al-Beida, prévoyant la fourniture de 540 mètres cubes d'eau par heure, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en compensation de leurs ressources confisquées, avec un engagement d'augmenter progressivement ces volumes en fonction de la croissance démographique. Or, ces quantités auraient été réduites d'environ 50 % il y a sept ans.

Six décennies de contrôle systématique des ressources hydriques :

Pour Walid Abou Mohsen, chercheur spécialisé dans les questions liées à l'eau et à la colonisation, les gouvernements israéliens appliquent depuis 1967 une politique méthodique visant à contrôler les ressources hydriques de la vallée du Jourdain, située au-dessus du bassin aquifère oriental, le deuxième plus important de Cisjordanie. Selon lui, cette politique constitue un instrument de déplacement forcé des Palestiniens.

Il rappelle qu'avant l'occupation, les habitants dépendaient principalement du Jourdain, des puits artésiens et des sources naturelles. Ils ont depuis été totalement privés de l'accès au fleuve, alors que les seuls habitants du gouvernorat de Tubas exploitaient autrefois 56 pompes installées sur le Jourdain.

Parallèlement, la majorité des puits artésiens palestiniens ont été fermés et leurs propriétaires contraints de conclure des accords avec Mekorot. Le forage de puits profonds par la compagnie israélienne a entraîné l'assèchement de nombreux puits palestiniens ainsi qu'une baisse importante du niveau des nappes alimentant les sources restantes.

Abou Mohsen souligne qu'après avoir pris le contrôle des ressources, les autorités israéliennes ont également imposé leur contrôle sur les volumes distribués, augmenté les tarifs de l'eau et appliqué des mesures punitives, notamment des coupures d'approvisionnement pour défaut de paiement présumé.

Il rappelle enfin que les accords d'Oslo de 1993 attribuaient aux Palestiniens 118 millions de mètres cubes d'eau souterraine par an, mais que ces volumes n'ont jamais été fournis intégralement, alors même que les besoins de la population palestinienne n'ont cessé d'augmenter. Il met également en garde contre la mise en service récente de nouvelles conduites par Mekorot, alimentant directement les colonies sans passer par les villages palestiniens, une évolution qui, selon lui, risque d'accentuer davantage la politique de « mise en soif » de la vallée du Jourdain.

Selon le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés, Israël exerce depuis 1967 un contrôle total sur les ressources hydriques palestiniennes au moyen d'ordres militaires les déclarant « biens de l'État ». Cette politique s'est poursuivie après les accords d'Oslo, qui reconnaissaient pourtant les droits des Palestiniens sur l'eau tout en renvoyant leur mise en œuvre aux négociations sur le statut final. L'article 40 de l'Accord d'Oslo II attribuait aux Palestiniens 118 millions de mètres cubes d'eau par an, avec la possibilité de développer de nouveaux puits susceptibles de fournir 80 millions de mètres cubes supplémentaires. Dans les faits, les Palestiniens n'ont pu forer que des puits produisant environ 30 millions de mètres cubes.

Le ministère affirme qu'Israël contrôle aujourd'hui près de 90 % des ressources hydriques communes, entrave les projets palestiniens liés à l'eau, impose des procédures administratives restrictives et détruit des installations hydrauliques, notamment dans les zones B et C. Il souligne également que l'Autorité palestinienne ne gère qu'une quantité limitée d'eau, tout en étant contrainte d'acheter à Israël une part importante de l'eau consommée en Cisjordanie, issue des nappes phréatiques communes.

Dans un rapport publié en 2011, le Centre israélien d'information pour les droits de l'homme dans les territoires occupés (B'Tselem) estime qu'Israël contrôle la majorité des ressources en eau de la vallée du Jourdain et du nord de la mer Morte, qu'elles sont attribuées presque exclusivement aux colonies israéliennes. L'organisation indique que 28 des 42 forages réalisés en Cisjordanie sont concentrés dans la vallée du Jourdain, permettant d'extraire près de 32 millions de mètres cubes d'eau par an au profit des colonies. Quelque 9 400 colons y disposent d'environ 45 millions de mètres cubes d'eau par an pour irriguer une agriculture largement destinée à l'exportation.

Selon B'Tselem, cette politique a provoqué l'assèchement d'une partie des puits palestiniens et réduit le débit de nombreux autres. En 2008, les Palestiniens n'ont extrait qu'environ 31 millions de mètres cubes d'eau dans cette région, soit 44 % de moins qu'avant les accords d'Oslo, une situation qui les a contraints à réduire leurs surfaces cultivées ou à abandonner les cultures les plus rentables.

Dans un autre rapport consacré à la crise de l'eau, l'organisation affirme que les restrictions imposées au développement des infrastructures hydrauliques, combinées à la confiscation des sources naturelles, à la destruction de puits, de citernes et de bassins de stockage ainsi qu'aux obstacles à l'accès à l'eau, contribuent au déplacement de nombreuses communautés palestiniennes. B'Tselem estime que ces mesures réduisent parfois la consommation quotidienne à environ 20 litres d'eau par personne, obligeant les habitants à acheter une eau transportée par camions-citernes, plus coûteuse et de qualité souvent inférieure. L'organisation conclut qu'Israël utilise son contrôle des ressources hydriques pour répondre aux besoins de sa population et des colonies tout en réduisant les conditions de vie des Palestiniens dans les zones visées.

Une stratégie qui transforme l'eau en instrument de déplacement :

Des mois après le déplacement forcé des communautés de Ras Aïn al-Auja, Khallet Khader, Al-Maita, Al-Burj et de dizaines d'autres localités de la vallée du Jourdain, leurs habitants continuent de vivre dans des conditions précaires, loin de leurs terres et des sources d'eau dont ils dépendaient. Pendant ce temps, ces terres et ces ressources restent sous le contrôle des colons, tandis que les attaques se poursuivent contre d'autres communautés exposées au même risque.

Pour les familles déplacées, l'exil s'accompagne d'une hausse du coût de l'eau, de la disparition des pâturages et de la perte de leurs moyens de subsistance. Dans d'autres communautés encore présentes dans la vallée, le même scénario se répète : installation d'avant-postes pastoraux à proximité des sources, fermeture ou clôture des points d'eau, confiscation des pâturages et multiplication des agressions, jusqu'à rendre la vie quotidienne insoutenable.

L'enquête conclut que les témoignages, les données de terrain et les études examinées montrent que le contrôle des ressources hydriques ne constitue plus seulement une conséquence de l'occupation de la vallée du Jourdain, mais s'inscrit dans un schéma récurrent associant les autorités israéliennes et les colons. Dans ce contexte, l'eau, autrefois ressource indispensable à la vie des communautés agricoles et pastorales, devient un instrument de pression, de dépossession et de déplacement forcé.

Alors que la prise de contrôle des sources d'eau et des ressources hydriques se poursuit et que les déplacements forcés se multiplient dans la vallée du Jourdain, une interrogation demeure : combien d'autres communautés palestiniennes seront contraintes de quitter leurs terres ? Le rapport s'interroge également sur les conséquences de ces politiques pour la présence palestinienne dans la région, dans un contexte marqué, selon ses auteurs, par l'absence de réaction internationale face aux violations alléguées du droit international et des droits humains.

H.A

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