Ramallah, le 23 juin 2026,WAFA- Le Premier ministre Mohammad Mustafa a déclaré que « la sécurité, la stabilité et la paix dans la région ne seront possibles qu'à travers la fin de l'occupation israélienne et la création d'un État palestinien indépendant, contigu et viable, fondé sur le droit international et les résolutions pertinentes de l'ONU, et garantissant les droits inaliénables du peuple palestinien, notamment le droit à l'autodétermination ».
Cette déclaration a été faite lors d'une réunion conjointe et d'une séance d'information qui se sont tenues ce mardi au bureau du Premier ministre, en présence de la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Sujša, du représentant spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient, Christophe Begu, du représentant de l'UE en Palestine, Alexander Stutsmann, et du ministre des Finances et de la Planification, Istifan Salameh.
Concernant la politique israélienne, le Premier ministre a déclaré : « Ce qu’Israël met en œuvre sur le terrain, que ce soit dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie, y compris à Jérusalem, ne relève pas d’incidents isolés, mais bien d’une politique systématique et délibérée visant à démanteler la présence palestinienne, à saper la solution à deux États et à anéantir toute perspective d’un État palestinien indépendant. Au cœur de cette politique se trouve la guerre en cours contre la bande de Gaza, qui a engendré une catastrophe humanitaire sans précédent ».
Le Premier ministre a dénoncé la politique d'expansion des colonies et l'annexion de facto des terres palestiniennes, ainsi que les attaques systématiques perpétrées par les colons, bénéficiant de la protection et du soutien officiels d'Israël, et l'impunité dont jouissent leurs auteurs. Il a également souligné l'escalade des restrictions israéliennes à la liberté de circulation et les attaques contre les sites sacrés et patrimoniaux, toutes visant à instaurer une situation irréversible sur le terrain.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que « le blocus financier et économique constitue une grave menace pour le fonctionnement des institutions palestiniennes. Israël continue de retenir illégalement les recettes fiscales palestiniennes, s'élevant à environ 6 milliards de dollars, et de geler 5 milliards de dollars supplémentaires sur les comptes bancaires palestiniens, que la Banque centrale israélienne refuse d'accepter. Il en résulte des pertes pour l'économie palestinienne pouvant atteindre 11 milliards de dollars par an.
Il a ajouté : « Malgré ces circonstances exceptionnelles, le gouvernement a poursuivi la mise en œuvre de ses programmes de réformes et le renforcement des institutions publiques, en s'appuyant sur les priorités et les intérêts nationaux palestiniens, et en coordination avec l'Union européenne et les partenaires internationaux. » Il a souligné que la poursuite de la mise en œuvre des réformes, leur consolidation et l'amélioration du fonctionnement des institutions palestiniennes nécessitent nécessairement la mise en place d'un environnement politique, financier et opérationnel adéquat, notamment l'arrêt des mesures israéliennes qui sapent l'économie et les institutions palestiniennes.
Le Premier ministre a appelé les partenaires internationaux, et notamment l'Union européenne, à poursuivre leur engagement en faveur de la solution à deux États et du soutien à la stabilité institutionnelle et financière. Il les a exhortés à prendre des mesures concrètes et efficaces, avec fermeté et détermination, pour mettre un terme aux pratiques et politiques israéliennes qui violent le droit international et pour demander des comptes à Israël, contribuant ainsi à rendre justice au peuple palestinien.
Le Premier ministre a réaffirmé que la bande de Gaza fait partie intégrante de l'État de Palestine et que l'Autorité palestinienne est l'entité légitime et compétente, pour assumer ses responsabilités et servir la population de la bande de Gaza, comme dans tous les autres territoires palestiniens. Il a appelé à intensifier les efforts pour la mise en œuvre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, notamment par un cessez-le-feu, l'acheminement d'une aide d'urgence, un redressement et une reconstruction rapides, ainsi que le rétablissement des services essentiels, en vue de la réintégration de Gaza sous l'autorité de l'État de Palestine.
Le Premier ministre a salué la constance et la résilience du peuple palestinien, soulignant que soutenir sa résilience et renforcer les capacités des institutions nationales à remplir leurs missions et à mener à bien les efforts de reconstruction constitue un investissement pour la paix et la stabilité dans la région.
De son côté, la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Šuiša, a réaffirmé le soutien continu de l'Union européenne à la Palestine, déclarant que des institutions palestiniennes fortes et bien gouvernées favorisent ce processus. Elle a toutefois noté que l'expansion des colonies et l'escalade des attaques menées par les colons israéliens compromettent ces efforts.
La commissaire a ajouté que les souffrances humanitaires persistantes dans la bande de Gaza sont inacceptables et que l'Union européenne œuvre activement pour y mettre fin. Elle a insisté sur l'urgence d'acheminer une aide humanitaire et des secours à la bande de Gaza, condition indispensable à la reconstruction et au rétablissement complet du pays.
K.R
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