NOUVELLES IMPORTANTES
Accueil Occupation 28/June/2026 11:30 PM

Syndicat des journalistes : Les déplacements massifs de population sont devenus une réalité quotidienne pour les journalistes dans la bande de Gaza.

Syndicat des journalistes : Les déplacements massifs de population sont devenus une réalité quotidienne pour les journalistes dans la bande de Gaza.

 

Ramallah, le 28 juin 2026, WAFA – Le Comité pour la liberté du Syndicat des journalistes palestiniens a déclaré que, depuis le 7 octobre 2023, entre 60 % et 75 % des journalistes vivant dans la bande de Gaza subissent des déplacements massifs de population au quotidien.

Dans un rapport publié dimanche et intitulé « Médias sans murs : Réalité, impacts et témoignages du déplacement des journalistes dans la bande de Gaza », le comité explique que « depuis le 7 octobre 2023, les journalistes de la bande de Gaza sont la cible d'attaques sans précédent, qui affectent leur vie, leur lieu de travail et leur domicile, dans le contexte d'une guerre qui non seulement a réduit au silence les voix, mais a aussi cherché à détruire complètement l'environnement dans lequel ils exercent leur métier. »

Le rapport ajoute que ses données indiquent qu'environ 265 journalistes ont été tués depuis le début de l'offensive, un des bilans les plus lourds enregistrés au niveau mondial pour des journalistes dans un seul conflit, et souligne que « le déplacement massif que subissent les journalistes vivants est tout aussi grave. »

La réalité des déplacements de population en chiffres:

Le Comité a indiqué qu'avec environ 1 200 journalistes dans la bande de Gaza, Il estime qu'entre 60 % et 75 % d'entre eux ont perdu leur logement ou ont été déplacés de force, soit entre 700 et 900 journalistes.

On estime également que plus de 80 % des bureaux et institutions médiatiques ont été totalement ou partiellement détruits, entraînant un effondrement quasi total de l'infrastructure nécessaire au travail journalistique.

Un journalisme sans frontières:

Le Comité a expliqué que les journalistes à Gaza ne travaillent plus dans une salle de rédaction, mais plutôt sous une tente, sur un trottoir ou dans un coin d'abri. Le téléphone portable est devenu le principal outil de production, et l'accès intermittent à Internet dicte le rythme de publication, tandis que les espaces publics sont devenus des lieux de travail de fortune.

Témoignages de terrain:

Ahed Farwana, journaliste déplacée, raconte : « J’ai perdu ma maison et mon bureau la même semaine. Je n’ai plus d’endroit où écrire, alors j’écris depuis mon téléphone, au milieu des gens, parfois en cherchant de l’eau pour ma famille.»

Ola Kassab, journaliste, témoigne : « Je travaille depuis un abri, en choisissant l’endroit le plus calme possible. Le plus dur, ce ne sont pas les bombardements, mais essayer de me concentrer malgré la promiscuité et la peur.»

Wissam Zgheir, photojournaliste, ajoute : « Ce n’est plus l’appareil photo qui me pèse le plus ; c’est le sentiment de documenter ce qui pourrait m’arriver aussi. »

Répercussions professionnelles et humanitaires:

Le Comité a souligné que la perte d'abris et de lieux de travail ne constitue pas seulement une perte matérielle, mais affecte directement la qualité du travail journalistique, la sécurité des journalistes et leur capacité à vérifier et documenter l'information. Elle limite également la protection des sources et fragilise les normes professionnelles sous la pression de ces circonstances.

Un environnement de travail dévasté:

Le Comité a expliqué qu'en l'absence d'espaces de travail sûrs, en raison des coupures d'électricité et de communication et de la dispersion des équipes journalistiques, le travail des médias est devenu davantage une lutte individuelle pour la survie professionnelle qu'une activité organisée et institutionnelle.

Le Comité pour les libertés a souligné que ce qui se passe dans la bande de Gaza représente une destruction systématique de l'environnement de travail des médias, et non pas seulement le ciblage d'individus.

Il a appelé à une protection internationale urgente pour les journalistes dans la bande de Gaza, à un soutien pour la mise en place d'espaces de travail sûrs et temporaires pour les journalistes déplacés, à des pressions pour garantir que les institutions médiatiques ne soient pas ciblées et à la fourniture d'un soutien psychologique et professionnel aux journalistes touchés.

Le Comité a déclaré que « les médias sans murs » n’est plus une métaphore, mais une réalité quotidienne pour les journalistes qui continuent de travailler dans les conditions les plus difficiles, diffusant leur message malgré la perte de leur espace physique et l’absence de sécurité dues à la destruction des murs par les missiles et les obus de l’armée d’occupation israélienne.

F.N

 

 

Nouvelles connexes

Lire la suite