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Accueil Rapports et Enquêtes 03/August/2026 08:12 PM

Développement social : 1,4 million de Palestiniens sont confrontés à une grave insécurité alimentaire et 74 000 enfants ont besoin d'un traitement urgent pour malnutrition.

Développement social : 1,4 million de Palestiniens sont confrontés à une grave insécurité alimentaire et 74 000 enfants ont besoin d'un traitement urgent pour malnutrition.

 

Ramallah, le 3 août 2026, WAFA – La ministre du Développement social et ministre d'État par intérim chargée des Affaires humanitaires, Samah Hamad, a affirmé que l'amélioration relative constatée dans le dernier rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) ne signifie pas la fin de la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Elle reflète plutôt l'impact direct du maintien de l'aide humanitaire. Elle a averti que toute diminution de cette aide aggraverait encore la situation.

Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse conjointe organisée lundi, par le ministère, en partenariat avec le coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient, coordonnateur résident et coordonnateur humanitaire pour le territoire palestinien occupé, Ramiz Akbarov, et avec la participation du représentant du Programme alimentaire mondial en Palestine, Sean Hughes, afin de présenter les conclusions du rapport IPC et d'examiner les conditions humanitaires et de vie dans la bande de Gaza.

Hamad a souligné que Gaza a depuis longtemps dépassé le stade de la catastrophe humanitaire, notant que les civils ne sont plus confrontés à une pénurie alimentaire temporaire, mais à une politique systématique qui s'attaque aux fondements mêmes de la vie par le biais du siège et des restrictions imposées à l'entrée de nourriture, d'eau et de médicaments.

Cette situation a entraîné un effondrement sans précédent du pouvoir d'achat, la fermeture de dizaines de soupes populaires et de cuisines communautaires, et la transformation de l'obtention d'un seul repas par jour en une lutte pour la survie.

Elle a passé en revue les conditions catastrophiques subies par les personnes déplacées vivant sous des tentes, la détérioration continue des services de base, la hausse des taux de malnutrition et l'impact de ces conditions sur les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes âgées et les personnes handicapées

Hamad a noté que le dernier rapport du Système intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) confirme que plus de 1,4 million de Palestiniens souffrent encore d'une grave insécurité alimentaire, tandis que plus de 212 000 personnes sont confrontées à une urgence alimentaire, en plus de 74 200 enfants nécessitant un traitement pour malnutrition aiguë et de 24 600 femmes enceintes et allaitantes nécessitant des interventions nutritionnelles urgentes, soulignant que ces chiffres reflètent la fragilité persistante de la situation humanitaire malgré les améliorations limitées constatées au cours des derniers mois.

Pour sa part, le Coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire pour le Territoire palestinien occupé, Ramiz Akbarov, a affirmé que les Nations Unies apprécient les efforts déployés par le gouvernement palestinien et le ministère du Développement social pour coordonner la réponse humanitaire et gérer la crise. Il a souligné que les conclusions du rapport du CIP doivent être interprétées avec nuance, car elles reflètent une amélioration uniquement due à la poursuite de l'aide humanitaire, et non à une amélioration des conditions de vie ou au rétablissement des besoins fondamentaux.

Akbarov a expliqué que le rapport fait état d'une baisse de l'insécurité alimentaire par rapport aux évaluations précédentes. Cependant, les deux tiers de la population de la bande de Gaza, soit environ 1,4 million de personnes, vivent toujours en situation d'insécurité alimentaire de niveau 3 ou supérieur, tandis que plus de 200 000 personnes sont confrontées à la phase 4 (urgence). Il a insisté sur le fait que la crise humanitaire demeure extrêmement fragile et que la poursuite de l'aide humanitaire est essentielle pour consolider cette légère amélioration.

Il a ajouté que l'aide humanitaire à elle seule ne saurait constituer une solution durable, appelant à la réouverture complète et pérenne des points de passage, à la reprise des activités économiques et commerciales, permettant aux habitants de rétablir leurs sources de revenus, et au lancement de programmes de relèvement rapide. Il a souligné que le maintien des restrictions de circulation et d'entrée des fournitures humanitaires et commerciales compromet toute perspective de véritable redressement.

Akbarov a également mis en garde contre les conséquences à long terme de la malnutrition chez les enfants, insistant sur le fait que priver un enfant d'une alimentation adéquate pendant une période prolongée affecte durablement sa croissance, sa santé et ses capacités d'apprentissage et de rétablissement. Il a par ailleurs souligné le besoin constant d'un soutien nutritionnel et sanitaire pour des milliers de femmes enceintes et allaitantes.

De son côté, le représentant du Programme alimentaire mondial en Palestine, Sean Hughes, a affirmé que le rapport du CIP constitue une évaluation technique indépendante, réalisée par plus de 60 experts issus de plus de 20 organisations. Ce rapport s'appuie sur des données de terrain exhaustives, notamment la plus vaste enquête nutritionnelle menée dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive.

Il a expliqué que l'amélioration relative constatée par les indicateurs ne devait pas être interprétée comme la fin de la crise, mais plutôt comme le résultat direct de la poursuite des opérations de secours. Il a souligné que depuis novembre dernier, le Programme alimentaire mondial (PAM) a pu venir en aide à environ 75 % de la population de la bande de Gaza chaque mois, grâce à une aide alimentaire et des transferts monétaires, en coopération avec ses partenaires humanitaires.

Il a ajouté que 67 % de la population de la bande de Gaza souffre toujours d'insécurité alimentaire aiguë, tandis que plus de 200 000 personnes sont confrontées à une situation d'urgence alimentaire. Il a averti que toute réduction de l'aide ou du financement entraînerait une chute rapide des indicateurs alimentaires, compte tenu notamment de la réduction de la couverture de l'aide humanitaire ces derniers mois et de l'apparition de difficultés de financement, en plus des problèmes d'accès.

M. Hughes a insisté sur le fait que le maintien des progrès, même limités, exige un financement international continu et un accès sans entrave à l'aide, parallèlement à des investissements dans des programmes de relèvement rapide. Cela permettrait à la population de Gaza de retrouver une vie normale et de ne pas devenir durablement dépendante de l'aide humanitaire.

À l'issue de la conférence, les participants ont réitéré leur appel à la communauté internationale afin qu'elle assume ses responsabilités, assure l'ouverture complète et durable des points de passage, garantisse la libre circulation de l'aide humanitaire et des marchandises, et soutienne les programmes de relèvement rapide et le rétablissement des services essentiels. Ces mesures sont indispensables pour protéger les civils et préserver leur dignité, et pour donner au peuple palestinien une véritable chance de reconstruire sa vie et son avenir.

F.N

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