Genève, le 10 août 2026, WAFA— Des experts des Nations unies ont condamné lundi la forte intensification des attaques visant les civils palestiniens dans l’ensemble du territoire palestinien occupé au cours du mois de juillet, avertissant d’une grave détérioration d’une situation des droits humains déjà alarmante.
Dans un communiqué, les experts ont indiqué qu’en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025, près de 160 Palestiniens avaient été tués à Gaza au cours du seul mois de juillet, portant à plus de 1 200 le nombre de Palestiniens tués dans l’enclave depuis le début de ce cessez-le-feu. Parmi les victimes figurent des femmes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que des personnes ayant trouvé refuge dans des tentes ou dans des zones présentées comme plus sûres.
La plupart des victimes ont été tuées dans des zones densément peuplées accueillant des déplacés, notamment à Al-Mawasi, loin de ce que les autorités israéliennes désignent comme la « ligne jaune ». Les experts ont réaffirmé qu’« il n’existe aucun endroit sûr à Gaza ».
Ils se sont également déclarés profondément préoccupés par les ordres d’évacuation visant des quartiers résidentiels entiers, suivis de leur destruction par des frappes aériennes, aggravant une crise du logement déjà catastrophique.
Selon les experts, la progression continue vers l’ouest de la « ligne jaune », la construction d’un mur de séparation de 23 kilomètres le long de celle-ci et la destruction systématique des bâtiments résidentiels contribuent à remodeler de force, par le déplacement de population, la géographie de la bande de Gaza occupée.
Les experts ont condamné les attaques contre les hôpitaux et les abris, le meurtre de policiers et de personnes travaillant sous contrat avec l’ONU, les attaques visant des pêcheurs, ainsi que les enlèvements et autres violations commises par des groupes armés qui seraient en coopération avec l’armée israélienne. Ils ont également dénoncé les meurtres de travailleurs humanitaires, considérés comme des défenseurs des droits humains en raison de leur mission de protection et de promotion des droits fondamentaux.
« Le génocide se poursuit sans relâche », ont-ils affirmé.
Aide alimentaire insuffisante et insécurité alimentaire :
Les experts ont averti que l’aide alimentaire ne pouvait toujours pas entrer librement dans la bande de Gaza. Les produits qui y parviennent par les circuits commerciaux sont en grande partie des aliments ultra-transformés, qui ne répondent pas aux besoins nutritionnels de la population ni à ses habitudes alimentaires.
L’impossibilité d’accéder aux terres agricoles et à l’eau potable, conjuguée à la pénurie de fournitures agricoles, empêche désormais les Palestiniens de produire suffisamment de nourriture pour subvenir à leurs besoins, ont-ils souligné. Les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées sont les plus durement touchés.
Les experts ont également averti que l’insécurité alimentaire aggravait les violences fondées sur le genre et les mariages d’enfants, tout en exposant davantage les femmes aux risques auxquels elles sont confrontées lorsqu’elles cherchent quotidiennement à se procurer de la nourriture.
Cisjordanie : des restrictions de circulation devenues « meurtrières » :
En Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, les experts ont dénoncé la mort d’au moins 14 Palestiniens en juillet, dont la majorité au cours des dix derniers jours du mois.
Ils ont également fait état de décès liés aux restrictions de circulation, notamment celui d’un bébé de quatre mois et d’une fausse couche chez une femme enceinte, après que des ambulances eurent été empêchées de franchir des barrages militaires.
« Lorsque les checkpoints et les portails militaires menacent la vie des nourrissons, des femmes enceintes et de leurs fœtus, les restrictions de circulation deviennent des outils meurtriers », ont déclaré les experts.
Ils se sont particulièrement alarmés de l’escalade des violences commises par des colons israéliens, qui a atteint son paroxysme le 24 juillet à Tell, au sud-ouest de Naplouse, où quatre Palestiniens d’une même famille ont été tués par balle lors d’affrontements impliquant des colons armés et des soldats israéliens.
Dans les jours suivants, environ 80 habitants de Tell ont été arrêtés. Plus de 20 attaques ont par ailleurs été recensées dans différentes parties de la Cisjordanie au cours d’un seul week-end, avec l’incendie de mosquées, de maisons et de fermes, la destruction d’infrastructures hydrauliques et le déplacement forcé de communautés entières.
« Le terrorisme des colons n’est pas spontané »
Les experts de l’ONU ont affirmé que « le terrorisme des colons n’est pas spontané », mais qu’il est perpétré sous la protection des forces israéliennes, et souvent avec leur participation.
Ils ont établi un lien entre ces violences et ce qu’ils décrivent comme une expansion coloniale sans précédent, des démolitions à grande échelle, la confiscation de terres et la fermeture prolongée de camps de réfugiés, autant de mesures qui, selon eux, bénéficient du soutien et des encouragements de membres du gouvernement israélien.
Les experts ont rappelé que la Cour internationale de Justice (CIJ) avait conclu, dans son avis consultatif du 19 juillet 2024, que la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé était illégale et appelé à y mettre fin dans les plus brefs délais. La Cour avait également considéré que la politique israélienne de colonisation constituait une violation du droit international.
« Deux ans plus tard, au lieu d’obliger Israël à se conformer [au droit], il lui a été permis d’accélérer les politiques mêmes que la Cour a jugées illégales », ont-ils ajouté.
Les experts ont appelé à la mise en œuvre immédiate de l’avis de la CIJ et de ses ordonnances relatives aux mesures conservatoires, notamment la cessation des attaques contre les civils, le respect du cessez-le-feu, l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et la garantie de l’obligation de rendre des comptes.
Ils ont également appelé les autres États à prendre des mesures concrètes pour garantir le respect du droit international humanitaire et du droit international des droits humains.
H.A



