Bethléem, le 10 août 2026, WAFA — Le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés a organisé lundi une visite de terrain à Bethléem à l’intention du corps diplomatique accrédité auprès de l’État de Palestine, afin de présenter directement aux représentants étrangers les effets des politiques israéliennes dans le gouvernorat, notamment les saisies de terres, l’expansion des colonies et les mesures visant les Palestiniens ainsi que les sites archéologiques et historiques.
La visite, organisée en coordination avec le ministère du Tourisme et des Antiquités, le gouvernorat de Bethléem, la Commission de résistance à la colonisation et au mur et plusieurs institutions locales, a réuni le gouverneur de Bethléem, Mohammad Taha, le ministre du Tourisme et des Antiquités, Hani Al-Hayek, le sous-secrétaire aux Affaires politiques du ministère des Affaires étrangères, Omar Awadallah, ainsi que des responsables locaux, des représentants de la société civile et des membres de plusieurs missions diplomatiques accréditées auprès de l’État de Palestine.
Des sites historiques au cœur de la tournée :
La tournée a débuté au Palais des congrès de Bethléem avant de se poursuivre aux bassins de Salomon, dans la région d’Aush Ghurab, puis dans les villages de Hindaza et Khalayel Al-Louz.
Les diplomates ont reçu des informations sur la situation dans ces secteurs, notamment sur l’expansion des colonies, les saisies de terres, les mesures visant à imposer un contrôle territorial et les actions dénoncées par les autorités palestiniennes comme des tentatives de modifier le caractère et l’identité de sites archéologiques et historiques.
Le gouverneur de Bethléem a présenté un état des lieux des mesures israéliennes affectant quotidiennement le gouvernorat, citant notamment les démolitions de maisons, les incursions dans les villes et villages, les ordres militaires, les saisies de terres et l’expansion des colonies.
Selon lui, ces mesures s'inscrivent dans une politique visant à réduire la présence palestinienne, à créer de nouvelles réalités sur le terrain et à compromettre la continuité territoriale du gouvernorat.
Ramener la réalité du terrain au corps diplomatique :
Omar Awadallah a déclaré que les visites de terrain destinées au corps diplomatique constituaient l’un des moyens utilisés par l’État de Palestine pour présenter directement à la communauté internationale la situation sur le terrain.
Il a souligné que ces déplacements permettent aux représentants étrangers d’observer directement ce que les autorités palestiniennes décrivent comme des violations israéliennes contre la population palestinienne et ses terres.
Awadallah a appelé à poursuivre les efforts diplomatiques visant à dénoncer les pratiques israéliennes, à mobiliser un soutien international en faveur des droits palestiniens et à demander à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités envers la population palestinienne, ses terres, ses lieux saints et son patrimoine historique.
De son côté, Hani Al-Hayek a souligné l’importance de ces visites pour permettre aux diplomates de disposer d’une connaissance directe de la situation et des mesures affectant les terres palestiniennes ainsi que leurs sites archéologiques et historiques.
Selon lui, ces mesures menacent les fondements nécessaires à l’établissement d’un État palestinien et nécessitent des efforts de préservation à la fois sur le terrain et au niveau international.
Préserver le patrimoine palestinien :
Al-Hayek a indiqué que son ministère travaillait à la protection des sites archéologiques et historiques dans l’ensemble des gouvernorats palestiniens, notamment en renforçant la présence palestinienne sur ces sites, en développant le tourisme intérieur et en poursuivant des projets de développement, de réhabilitation et de restauration.
Il a estimé que la population palestinienne constituait la première ligne de défense du patrimoine, soulignant que le renforcement de la présence locale sur ces sites devait accompagner les efforts officiels, juridiques et diplomatiques déployés aux niveaux national et international.
Concernant les bassins de Salomon, le ministre a affirmé que son ministère poursuivait ses efforts pour préserver le site et contrer ce qu’il a décrit comme des tentatives visant à effacer son identité historique et nationale.
Il a également indiqué que des démarches étaient engagées afin que le site bénéficie du régime de « protection renforcée » du patrimoine culturel, ce qui lui offrirait, selon lui, une protection internationale supplémentaire.
Au cours de leur visite des bassins de Salomon, les diplomates ont été informés de l’importance historique et archéologique du site ainsi que des menaces qui pèsent sur lui.
La délégation s’est ensuite rendue à Aush Ghurab, où elle a reçu des informations sur les efforts attribués aux forces israéliennes et aux colons pour renforcer leur contrôle sur les terres palestiniennes. Elle a poursuivi sa tournée dans les villages de Hindaza et Khalayel Al-Louz, où les habitants et responsables locaux ont exposé les difficultés liées à l’accès aux terres et à leur exploitation, ainsi que les mesures qu’ils dénoncent comme visant à favoriser leur déplacement.
Alerte sur l’escalade des attaques de colons :
Younis Arrar, directeur de la Commission de résistance à la colonisation et au mur dans le gouvernorat de Bethléem, a alerté sur l’intensification des attaques de colons et sur leurs tentatives, selon lui, de créer de nouvelles réalités sur le terrain, de prendre le contrôle de nouvelles terres palestiniennes et de s’emparer de sites palestiniens.
Il a notamment évoqué les menaces visant la zone des bassins de Salomon, soulignant que celle-ci est classée en zone A en vertu des accords d’Oslo et relève du contrôle palestinien.
Arrar a estimé que les attaques contre cette zone constituaient une atteinte aux terres et au patrimoine historique palestiniens et visaient à imposer un contrôle sur le secteur ainsi qu’à modifier son identité nationale et culturelle.
Il a appelé à renforcer la présence des autorités et de la population dans la région, à protéger ses sites archéologiques et historiques et à intensifier les efforts diplomatiques et juridiques internationaux face aux attaques attribuées aux forces israéliennes et aux colons.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts palestiniens visant à renforcer la présence diplomatique internationale sur le terrain, à présenter directement aux représentants étrangers la situation dans les territoires palestiniens et à souligner que la protection du patrimoine archéologique et historique constitue, selon les autorités palestiniennes, un élément essentiel de la préservation de l’identité nationale face aux tentatives de modification ou d’effacement de ses caractéristiques.
H.A



