Jérusalem, le 10 août 2026, WAFA — La Commission présidentielle suprême palestinienne pour les affaires ecclésiastiques a adressé une lettre identique aux chefs des Églises et aux responsables ecclésiastiques du monde entier, exprimant sa profonde inquiétude face à l’escalade continue des violences, des déplacements forcés et des persécutions visant la population palestinienne, et en particulier les chrétiens palestiniens, en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que dans la bande de Gaza.
La lettre, adressée par le président de la Commission et membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Ramzi Khoury, souligne que les attaques visant les chrétiens palestiniens ne constituent plus des incidents isolés, mais s’inscrivent dans un contexte plus large marqué notamment par les violences de colons, les saisies de terres, l’expansion des colonies et les restrictions imposées à la liberté de culte et à l’accès aux lieux saints chrétiens et musulmans.
La Commission dénonce également les attaques visant des membres du clergé, des religieuses, des églises, des monastères, ainsi que les biens et institutions ecclésiastiques, outre les tentatives visant, selon elle, à modifier le statu quo historique et juridique des lieux saints à Jérusalem.
Selon la Commission, ces politiques exercent une pression croissante sur les communautés chrétiennes palestiniennes et menacent leur présence historique et enracinée dans cette terre.
Elle cite notamment la ville de Taybeh, présentée comme la dernière localité entièrement chrétienne de Palestine, qui connaît une baisse préoccupante de sa population. La Commission indique que de plus en plus de familles chrétiennes ont quitté la Palestine depuis 2023, en raison de la détérioration des conditions économiques, de l’intensification des attaques et des restrictions, ainsi que de l’absence de perspectives politiques.
La lettre évoque également la situation humanitaire décrite comme catastrophique dans la bande de Gaza. La Commission affirme que les conditions auxquelles sont confrontés les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, constituent une réalité continue qui affecte l’ensemble du peuple palestinien.
Elle souligne que la question des chrétiens palestiniens ne peut être dissociée de la question palestinienne, estimant que la protection de la présence chrétienne est intrinsèquement liée à la protection des Palestiniens, de leurs droits, de leur dignité et de leur liberté.
Appel à une présence directe des Églises :
La Commission a appelé les dirigeants des Églises à travers le monde à écouter la voix des Églises, des religieux et des théologiens palestiniens, et à se rendre en Palestine afin d’observer directement la situation.
Elle les a notamment invités à rencontrer les responsables ecclésiastiques et les communautés chrétiennes, ainsi qu’à visiter les églises, les monastères et les lieux saints, estimant qu’une observation directe de la réalité sur le terrain pourrait contribuer à l’élaboration de positions plus efficaces.
La Commission a par ailleurs exprimé sa reconnaissance aux Églises ayant manifesté leur solidarité avec le peuple palestinien, tout en soulignant la nécessité de transformer cette solidarité en positions plus concrètes et en mesures pratiques, chacun selon son rôle, ses moyens et ses responsabilités ecclésiastiques et humanitaires.
Elle a appelé à agir en faveur de la justice, de la dignité et de la reddition des comptes, ainsi qu’à la protection des lieux saints et de la présence chrétienne palestinienne.
La Commission a joint à sa lettre un rapport documentant les violations visant les chrétiens palestiniens, leurs églises et leurs lieux saints depuis le début de 2026 jusqu’à ce mois-ci.
Elle a conclu que la situation actuelle exige de passer de la simple expression de préoccupation et de solidarité à « un témoignage, une position et une action ».
H.A



