Accueil Les Prisonniers 17/August/2026 01:48 PM

Prison de Damon : au moins 10 détenues atteintes de gale, alerte le Club du prisonnier

Ramallah, le 17 août 2026, WAFA — Le Club du prisonnier palestinien a indiqué, sur la base de visites récemment effectuées auprès de détenues par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont le Club du prisonnier, que des cas de gale (scabiose) avaient été recensés parmi les femmes détenues dans la prison de Damon. Au moins dix détenues ont été diagnostiquées, sur plus de 90 femmes incarcérées dans cet établissement, parmi lesquelles figurent des femmes enceintes, des mineures et des détenues souffrant de maladies chroniques.

Dans un communiqué publié lundi, le Club du prisonnier a expliqué que la propagation de la gale parmi les détenues était directement liée aux conditions sanitaires et humanitaires difficiles imposées par l’administration pénitentiaire israélienne, notamment un taux d’humidité élevé, la pénurie de produits d’entretien, la surpopulation dans les chambres et cellules, l’absence d’une ventilation suffisante et une grave pénurie de vêtements. Ces mêmes conditions ont contribué à la propagation de la maladie à grande échelle parmi les prisonniers depuis mai 2024.

Le Club du prisonnier a souligné que la persistance de la maladie, plus de deux ans après les premiers signalements, témoignait de l’absence de mesures sérieuses de la part du système pénitentiaire israélien pour s’attaquer aux causes de sa propagation. Malgré les démarches entreprises par des organisations spécialisées, notamment Physicians for Human Rights, ainsi que plusieurs recours visant à obtenir des soins pour les détenus malades et à remédier aux conditions favorisant la propagation de la maladie, la réponse israélienne est restée limitée et n’a pas permis d’enrayer sa progression ni d’assurer une protection effective aux prisonniers.

L’organisation a estimé que la gale n’était plus une simple affection cutanée dans les prisons israéliennes, mais qu’elle était devenue, en raison du manque de soins et de la persistance des conditions qui la favorisent, un risque réel pour la santé et la vie des détenus. Elle a ajouté que la maladie avait, dans plusieurs cas, aggravé leur état de santé et entraîné de graves complications, certaines ayant conduit au décès de prisonniers.

À cet égard, le Club du prisonnier a cité le cas de l’enfant Mohammed Hamid, dont l’infection par la gale aurait été suivie d’une infection bactérienne ayant provoqué des lésions aux organes vitaux, puis des atteintes neurologiques. Son état a finalement conduit à l’amputation d’une de ses jambes, selon l’organisation, qui présente ce cas comme l’un des exemples documentés des graves complications susceptibles de survenir en l’absence de traitement et de soins médicaux appropriés.

L’organisation a également indiqué qu’un grand nombre de prisonniers avaient contracté la maladie avant de connaître une amélioration partielle, puis d’être réinfectés en raison du maintien des mêmes conditions à l’intérieur des prisons. D’autres souffrent de la maladie depuis plusieurs mois, certains depuis plus de cinq mois consécutifs, sans recevoir de traitement effectif ni bénéficier d’une prise en charge médicale adéquate.

Selon le Club du prisonnier, les détenus atteints souffrent notamment de furoncles, de lésions cutanées, d’ulcérations et d’inflammations aiguës, dans un contexte d’aggravation de la maladie et d’absence de traitement. Les fortes démangeaisons et les douleurs persistantes les privent également de sommeil. Dans certains cas, ces symptômes limitent leur capacité à se déplacer normalement, tandis que la persistance de la douleur et de la maladie pendant de longues périodes aggrave leur souffrance psychologique et leur épuisement physique et mental.

Le Club du prisonnier a affirmé que l’administration pénitentiaire israélienne continuait de maintenir des conditions favorisant la propagation de la maladie, notamment en privant les détenus de produits d’hygiène personnelle, en imposant une forte surpopulation dans les cellules, en limitant la ventilation et l’exposition au soleil, ainsi qu’en maintenant une grave pénurie de vêtements. Les détenus seraient ainsi souvent contraints de laver leurs vêtements et de les porter à nouveau alors qu’ils sont encore mouillés, dans des conditions qui, selon l’organisation, portent atteinte à leur dignité humaine et aggravent leur état de santé.

L’organisation a souligné que l’apparition de nouveaux cas parmi les détenues de la prison de Damon confirmait que le risque lié à la gale persistait et s’étendait. Selon elle, la situation ne saurait être considérée comme une simple crise sanitaire au sein des prisons, alors que les conditions favorisant l’apparition et la réapparition de la maladie perdurent.

Le Club du prisonnier a estimé que la persistance de ces conditions, conjuguée à la privation de soins et de prise en charge médicale, s’inscrivait dans un ensemble plus large de politiques de torture et de négligence médicale systématique à l’encontre des prisonniers. Les maladies et épidémies, ainsi que la privation de soins médicaux, seraient utilisées comme des moyens d’épuiser les détenus, de mettre leur vie en danger et de leur infliger de profondes séquelles physiques et psychologiques, a-t-il affirmé.

L’organisation a renouvelé son appel à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi qu’à l’ensemble des institutions internationales de défense des droits humains et humanitaires pour qu’elles interviennent de toute urgence afin de mettre fin aux pratiques médicales systématiques qu’elle dénonce à l’encontre des prisonniers. Elle les a également appelées à faire pression sur les autorités israéliennes pour mettre fin aux politiques et conditions ayant, selon elle, transformé les prisons en foyers favorisant la propagation de maladies et d’épidémies, et pour garantir à tous les détenus les traitements et soins médicaux nécessaires, en particulier ceux souffrant de maladies infectieuses ou graves.

Le Club du prisonnier a enfin demandé l’ouverture d’une enquête internationale sérieuse sur les conditions de propagation des maladies dans les prisons et la mise en cause des responsables de la poursuite de ces politiques. Il a estimé que le silence de la communauté internationale face à ces faits ne pouvait perdurer, soulignant que la protection des prisonniers et la garantie de leur droit aux soins et à la prise en charge médicale constituaient une responsabilité juridique et humanitaire qui ne pouvait être davantage différée.

H.A

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