Accueil Politique 17/August/2026 03:42 PM

Détenus palestiniens : Ramallah réclame des enquêtes indépendantes sur les décès en détention

Ramallah, le 17 août 2026, WAFA — Le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés a adressé des messages urgents et concordants aux instances internationales concernées, notamment aux mécanismes spéciaux des Nations unies, au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, au Conseil des droits de l’homme et à l’Organisation mondiale de la santé, au sujet de la poursuite des violations graves et systématiques commises par les autorités d’occupation israéliennes à l’encontre des détenus palestiniens, en particulier de la politique de privation délibérée de soins médicaux, qui entraîne une grave détérioration de leur état de santé et met leur vie en danger.

Le ministère a notamment attiré l’attention sur le cas du mineur détenu Mohammed Moussa Hamid, âgé de 15 ans, qui a subi, durant sa détention, une série de violations et de négligences médicales ayant entraîné une dégradation critique de son état de santé et mis sa vie en danger. Il a souligné que son cas n’était pas isolé, mais constituait un exemple d’une politique plus vaste et systématique menée par les autorités d’occupation contre les détenus palestiniens, y compris les enfants.

Le ministère a précisé que cette politique comprend la privation de médicaments et de soins nécessaires, le retard dans la réalisation d’examens et de consultations médicales, l’entrave au transfert des malades vers les hôpitaux, ainsi que la privation de traitements spécialisés et de réadaptation. Elle s’accompagne également d’une négligence délibérée dans la fourniture de conditions élémentaires d’hygiène et de santé.

Selon le ministère, des milliers de détenus palestiniens sont confrontés à des conditions de détention sévères et inhumaines, marquées notamment par une surpopulation extrême, la malnutrition, le manque d’eau potable, la privation de produits d’hygiène, de vêtements et de couvertures adaptés, l’isolement prolongé, ainsi que le menottage et les violences lors de leur transfert vers des cliniques ou des hôpitaux. Ils sont également privés de visites familiales et soumis à l’absence de contrôle indépendant.

Le ministère a affirmé que ces conditions, conjuguées à la privation de soins médicaux, ont entraîné une grave détérioration de l’état de santé de nombreux détenus, notamment des enfants, des personnes âgées, des malades chroniques et des blessés, allant, dans plusieurs cas, jusqu’à des défaillances d’organes, des handicaps permanents, des amputations et des décès dans les centres de détention.

Il a souligné que les traitements infligés au mineur Hamid, ainsi que les conditions auxquelles sont confrontés des milliers de détenus palestiniens, constituent une violation flagrante des obligations qui incombent à la puissance occupante en vertu du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, notamment celles relatives au respect du droit à la vie, à la santé et à l’intégrité physique et psychologique, ainsi qu’à l’interdiction de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le ministère a ajouté que ces pratiques, compte tenu de leur caractère systématique et généralisé, pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment le crime de persécution, au regard du droit pénal international, ce qui impose l’ouverture d’enquêtes, l’établissement des responsabilités et la poursuite des responsables.

Il a averti que la poursuite de ces pratiques en l’absence de reddition de comptes au niveau international encourage les autorités d’occupation à poursuivre leurs violations à l’encontre des détenus palestiniens et traduit une politique délibérée visant à les priver de leurs droits fondamentaux et à mettre leur vie et leur intégrité en danger.

Le ministère a affirmé que les décès de détenus dans les prisons de l’occupation et la dégradation alarmante de l’état de santé de milliers de malades et de blessés exigent l’ouverture d’enquêtes indépendantes, immédiates et approfondies, afin d’identifier les responsables de ces violations et de garantir qu’ils répondent de leurs actes.

Il a appelé la communauté internationale, en particulier les Nations unies et leurs mécanismes spécialisés, à assumer ses responsabilités juridiques et morales, à exercer des pressions réelles et efficaces sur la puissance occupante afin qu’elle mette fin aux politiques de négligence médicale, de torture, de mauvais traitements et de détention arbitraire, et à garantir la libération immédiate de tous les détenus incarcérés arbitrairement, notamment les enfants, les femmes et les malades, ainsi que l’accès sans délai aux soins médicaux nécessaires pour l’ensemble des détenus.

Le ministère a également réclamé l’ouverture d’enquêtes indépendantes et impartiales sur tous les cas de décès de détenus palestiniens dans les prisons et centres de détention, ainsi que sur leurs conditions de détention et les traitements qui leur sont infligés. Il a demandé que les dépouilles des détenus encore retenues soient restituées à leurs familles et que les responsables de ces crimes soient poursuivis.

Le ministère a enfin insisté sur la nécessité pour les Nations unies et leurs mécanismes spécialisés de continuer à surveiller régulièrement la situation des détenus palestiniens et à en rendre compte, et de prendre les mesures nécessaires afin de garantir que les auteurs de ces violations ne bénéficient pas de l’impunité.

H.A

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