Ramallah, le 21 août 2026, WAFA — La Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation a indiqué que 87 Palestiniens avaient été tués dans des attaques menées par des colons israéliens entre le début de 2019 et le 21 août 2026, dont 25 depuis le début de l’année en cours.
Depuis le 7 octobre 2023, 61 Palestiniens ont été tués dans des attaques de colons, soit un peu plus de 70 % de l’ensemble des victimes enregistrées sur cette période.
La répartition annuelle établie par la Commission fait apparaître une nette aggravation du nombre de victimes : 2 morts en 2019, 1 en 2020, 5 en 2021 et 6 en 2022, avant une forte hausse à 23 morts en 2023. Le bilan s’est établi à 11 morts en 2024 et 14 en 2025, tandis que 25 Palestiniens ont été tués en moins de huit mois en 2026, faisant de l’année en cours la plus meurtrière de cette série.
Le bilan de 2026 représente déjà une hausse d’environ 79 % par rapport à l’ensemble de l’année 2025.
L’analyse mensuelle fait également apparaître des pics liés à des attaques collectives de grande ampleur : 10 Palestiniens tués en octobre 2023, 9 en mars 2026 et 7 en juillet 2026. Selon la Commission, cette concentration des victimes montre que l’augmentation ne résulte pas uniquement d’incidents isolés, mais également de vagues de violences impliquant plusieurs victimes au cours d’une même attaque ou dans une même localité.
Sur le plan géographique, le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh arrive en tête avec 36 victimes, soit environ 41 % du total, suivi de Naplouse avec 26 victimes, près de 30 %.
À elles seules, les deux provinces comptabilisent ainsi 62 morts, soit 71 % de l’ensemble des victimes recensées.
Le bilan fait également état de 9 morts à Hébron, 5 à Jérusalem et 5 à Salfit, 3 à Bethléem, 2 à Qalqilya, ainsi que d’une victime enregistrée dans les territoires palestiniens de 1948.
Selon la Commission, cette concentration géographique correspond aux zones connaissant une expansion rapide des avant-postes coloniaux ainsi que des attaques répétées contre les villages, les routes et les terres agricoles. Elle estime que ces violences contribuent à intimider les habitants, restreindre leur accès à leurs terres et faciliter leur appropriation.
La répartition par âge révèle également une forte proportion de jeunes parmi les victimes. Douze des Palestiniens tués étaient âgés de moins de 18 ans, soit près de 14 % du total, tandis que 41 avaient entre 18 et 29 ans.
Au total, 53 victimes avaient moins de 30 ans, soit 61 % de l’ensemble des personnes tuées.
Le bilan comprend également 15 victimes âgées de 30 à 39 ans, 9 de 40 à 49 ans, 7 de 50 à 59 ans et 3 âgées de 60 ans ou plus. Les victimes étaient âgées de 14 à 72 ans, avec un âge médian de 26 ans et un âge moyen d’environ 30 ans.
La Commission affirme que ces chiffres ne peuvent être considérés comme le résultat de simples affrontements sporadiques. Elle estime que la répétition des violences dans le temps, leur concentration géographique et le nombre élevé de victimes lors d’attaques collectives témoignent d’un « terrorisme des colons » organisé, dans lequel la violence est utilisée comme moyen de contrôle du territoire et de déplacement de la population palestinienne.
Elle dénonce également la protection militaire accordée aux colons, leur accès croissant aux armes et l’expansion des avant-postes coloniaux, ainsi que l’absence de poursuites suffisamment dissuasives contre les auteurs et les instigateurs des violences.
Selon la Commission, cette dynamique s’est accentuée depuis la formation, le 29 décembre 2022, du gouvernement israélien dirigé par les forces de droite les plus radicales. Elle affirme que l’environnement politique, juridique et sécuritaire a depuis favorisé l’expansion et la légalisation d’avant-postes, l’accès des colons aux armes et la mise à leur disposition de ressources et de protection.
La Commission souligne également que la frontière entre les colons armés et les forces militaires israéliennes tend à s’estomper, certains colons opérant au sein d’équipes de sécurité ou avec des statuts militaires de réserve. Elle affirme que les forces israéliennes accompagnent parfois certaines attaques ou n’interviennent pas pour les empêcher.
Elle critique enfin la réponse internationale, jugée insuffisante, évoquant des sanctions limitées contre certains individus et réseaux, tandis que les politiques et structures permettant l’expansion des colonies restent, selon elle, largement épargnées. La Commission rappelle notamment que les États-Unis ont supprimé en 2025 le régime de sanctions qu’ils avaient imposé à des personnes impliquées dans des violences en Cisjordanie.
La Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation a appelé la communauté internationale à passer des déclarations de condamnation à des mesures concrètes de responsabilisation, notamment en imposant des sanctions aux auteurs d’attaques de colons et aux responsables officiels qui les soutiennent.
Elle demande également de mettre fin à tout soutien financier ou commercial aux colonies, d’assurer une protection effective aux communautés palestiniennes menacées et de garantir que les auteurs de ces violences puissent faire l’objet de poursuites devant les juridictions internationales.
Selon la Commission, la persistance de l’impunité ne favorise pas seulement la répétition des attaques, mais risque également d’encourager des violences plus vastes et plus meurtrières.
H.A



