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Accueil Les Prisonniers 15/October/2026 06:11 PM

Deux organisations de défense des droits humains font état de 22 détenus blessés par des tirs des forces israéliennes à l’intérieur des prisons

Jérusalem, le 15 octobre 2026, WAFA – Deux organisations israéliennes de défense des droits humains ont annoncé avoir recueilli au moins 22 témoignages de détenus, en majorité palestiniens, affirmant avoir été blessés grièvement par des tirs des forces de répression dans les prisons israéliennes.

Ces témoignages figurent dans un rapport conjoint publié ce jeudi par l’organisation Médecins pour les droits humains – Israël et le Comité public contre la torture en Israël.

Selon les deux organisations, les témoignages, recueillis pour la plupart au cours de l’année écoulée, font état de tirs de projectiles décrits par les détenus comme des balles en caoutchouc, en plastique ou en mousse. Plusieurs incidents se seraient produits à courte distance, y compris à l’intérieur des cellules, où les détenus ne pouvaient ni s’éloigner de la source des tirs ni se mettre à l’abri.

Les faits ont été documentés dans plusieurs prisons israéliennes, notamment Ofer, Gannot, Ktzi’ot, Gilboa, Megiddo, Nitzan et Eshel.

Le rapport cite notamment le cas d’un détenu de 45 ans transféré en juin dernier à l’hôpital militaire Soroka après avoir été touché par des balles en caoutchouc. Des documents médicaux font état de blessures sur plusieurs parties de son corps, notamment aux testicules. Une intervention chirurgicale a été nécessaire pour retirer son testicule droit, gravement endommagé.

Dans un autre cas, un détenu a subi une fracture de la jambe gauche après avoir été touché par un tir à courte distance. Transporté à l’hôpital Soroka, il a dû être opéré pour stabiliser la fracture. D’autres détenus ont signalé des blessures aux jambes, à l’abdomen, au bassin et aux mains.

Certains témoignages font état de tirs lors d’interventions de gardiens dans les prisons ou à l’intérieur des sections et des cellules. Des détenus ont également affirmé ne pas avoir bénéficié d’examens médicaux après avoir été blessés, ou s’être vu refuser des soins adaptés.

Les organisations rapportent qu’un détenu de la prison d’Ofer a refusé de regagner sa cellule pour protester contre l’absence de traitement contre la gale, dont il souffrait depuis plusieurs mois. Selon son témoignage, les gardiens lui ont tiré dessus avant d’utiliser un dispositif à impulsions électriques contre sa tête.

À la prison de Nitzan, un autre détenu a déclaré avoir été touché par plusieurs balles en caoutchouc dans le bas du corps alors qu’il traversait une crise de panique. D’autres témoignages décrivent des tirs sur des détenus à l’intérieur de leurs cellules et à très courte distance.

Après avoir documenté ces incidents, les deux organisations ont saisi la conseillère juridique du gouvernement israélien ainsi que des responsables de l’administration pénitentiaire, réclamant la fin de ce qu’elles qualifient d’« usage incontrôlé des tirs contre les détenus ». Elles ont également demandé que soient divulgués les types d’armes et de munitions utilisés, ainsi que les consignes encadrant leur emploi.

Elles soulignent que les pratiques rapportées sont contraires aux propres directives de l’administration pénitentiaire israélienne, qui imposent le respect du principe de proportionnalité et le recours à la force en dernier ressort.

En réponse, l’administration pénitentiaire a reconnu utiliser contre les détenus ce qu’elle appelle des « moyens moins létaux », tout en refusant de préciser la nature des dispositifs et des munitions employés, leurs caractéristiques ou les règles régissant leur utilisation. Elle a également rejeté la demande visant à en suspendre totalement l’usage.

Muhannad Abou Ghosh, responsable du dossier des détenus au sein de l’organisation Médecins pour les droits humains – Israël, a déclaré que les tirs contre les détenus ne constituaient pas un phénomène nouveau, mais que leur recours avait connu une intensification sans précédent ces derniers temps.

Les témoignages recueillis montrent, selon lui, que les tirs deviennent progressivement un moyen courant d’exercer la violence dans les prisons. Les blessures signalées comprennent des hémorragies graves, des fractures et des lésions aux organes internes, certaines ayant nécessité des opérations chirurgicales. Il a averti que la multiplication de ces pratiques menaçait la vie des détenus et pouvait entraîner des séquelles permanentes.

De son côté, l’avocate Merav Ben-Ze’ev, directrice du service juridique du Comité public contre la torture en Israël, a critiqué la réponse de l’administration pénitentiaire. Elle estime que celle-ci témoigne d’un mépris pour l’intégrité physique et psychologique des détenus et contribue à maintenir l’opacité sur ce qui se déroule dans les prisons.

Selon elle, la qualification de « moyens moins létaux » soulève des interrogations sur la manière dont l’administration pénitentiaire traite les détenus palestiniens. Le comité examine actuellement d’éventuelles démarches supplémentaires contre ces pratiques, qu’il considère comme mettant en danger la vie des détenus et constituant une autre forme de torture.

H.A

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