Ramallah, le 16 octobre 2026, WAFA – La Fédération des journalistes palestiniens a condamné l’agression commise par des colons israéliens contre la photojournaliste américaine Heidi Levine, qui collabore avec le quotidien américain The Washington Post. L’incident s’est produit dans le village d’Abu Falah, au nord-est de Ramallah, sous la protection des forces d’occupation israéliennes. La journaliste a été blessée et transportée à l’hôpital pour y recevoir des soins.
Dans un communiqué publié vendredi, la Fédération a déclaré que cette agression constituait un nouveau crime visant des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles. Elle révèle, selon elle, une volonté persistante d’intimider les professionnels des médias et de faire taire les caméras qui documentent les crimes de l’occupation et les violations commises par les colons contre le peuple palestinien.
« S’en prendre à Heidi Levine, qui a consacré plus de quatre décennies de carrière à couvrir les guerres et les zones de conflit et à documenter les événements en Palestine, constitue une grave atteinte à la liberté de la presse et au droit du monde à accéder à la vérité, ainsi qu’une violation flagrante des règles garantissant la protection des journalistes en période de conflit », a souligné la Fédération.
Elle a ajouté que la présence des forces israéliennes aux côtés des agresseurs, ou à proximité de ceux-ci lors de leurs attaques contre des journalistes, engageait la responsabilité juridique des autorités israéliennes. Elle a averti que l’impunité ne devait pas devenir un feu vert à la poursuite des attaques contre les équipes journalistiques palestiniennes et internationales.
La Fédération a appelé les Nations unies, les organisations internationales de défense de la liberté de la presse et des droits humains, ainsi que les médias américains, à intervenir immédiatement et concrètement face à cette agression, au lieu de se limiter à des déclarations de condamnation et de solidarité.
Elle a également exhorté l’administration américaine et le département d’État à adopter une position claire et sans ambiguïté et à exercer une pression sérieuse afin que les auteurs de l’agression rendent des comptes. Elle leur a demandé d’œuvrer à la cessation des attaques répétées contre les journalistes palestiniens, américains et internationaux, ainsi que contre les Palestiniens, dans les territoires palestiniens occupés.
La Fédération a invité les organisations médiatiques américaines et internationales à mobiliser leur influence professionnelle, juridique et politique pour obtenir l’ouverture d’une enquête sérieuse, exiger que les responsables soient tenus pour comptables de leurs actes et garantir la protection des journalistes et des équipes de presse. Elle a également appelé à poursuivre toute personne qui s’en prend à eux ou incite à les prendre pour cible.
Elle a demandé aux institutions internationales de documenter cette agression et de l’intégrer aux dossiers relatifs aux violations systématiques commises contre les journalistes palestiniens et étrangers, tout en œuvrant à empêcher que leurs auteurs échappent à la justice.
Selon la Fédération, l’agression contre Heidi Levine n’est pas un incident isolé, mais s’inscrit dans un contexte d’intensification des attaques contre les journalistes lors de leurs reportages sur le terrain, dans le but de les intimider et de les empêcher de relater les faits et de révéler la vérité.
La Fédération a averti que le silence de la communauté internationale et l’absence de mesures dissuasives visant à établir les responsabilités encourageaient la répétition de tels actes et portaient gravement atteinte à la liberté d’exercer le métier de journaliste.
Elle a souligné que l’agression contre une journaliste américaine travaillant avec un média international devait constituer un véritable test de la crédibilité des institutions américaines et internationales dans leur défense de la liberté de la presse. La protection des journalistes, a-t-elle insisté, ne doit dépendre ni de leur nationalité, ni du média pour lequel ils travaillent, ni des sujets qu’ils couvrent. Elle a dénoncé le recours à un « double standard » lorsqu’il s’agit de journalistes qui documentent la situation en Palestine.
La Fédération des journalistes palestiniens a enfin renouvelé son entière solidarité avec Heidi Levine, lui souhaitant un prompt rétablissement. Elle a affirmé qu’elle poursuivrait la documentation des violations commises contre les journalistes et leur transmission aux organismes internationaux compétents, en coopération avec ses partenaires syndicaux et médiatiques à travers le monde, afin d’obtenir que les responsables rendent des comptes, de mettre fin à l’impunité et de garantir aux journalistes le droit de travailler librement et en toute sécurité.
H.A



