Ramallah, 24 octobre 2026, WAFA — Le Club des prisonniers palestiniens a indiqué que les forces d’occupation israéliennes poursuivaient leur offensive contre la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem. Loin de s’être véritablement interrompue après le déclenchement de la guerre génocidaire, cette offensive n’a cessé de s’intensifier, tant par son ampleur que par les moyens déployés, notamment à travers la multiplication des arrestations, des incursions et des mauvais traitements infligés aux Palestiniens.
Dans un communiqué, l’organisation a précisé que les autorités d’occupation avaient annoncé, depuis hier, le lancement d’une vaste opération militaire principalement concentrée dans le gouvernorat d’Hébron, à la suite de l’annonce d’une opération menée dans cette région.
Selon les données recueillies et documentées par le Club des prisonniers, environ 70 arrestations ont été recensées dans différents gouvernorats de Cisjordanie entre hier et l’aube de ce matin. Certaines des personnes arrêtées ont depuis été libérées, tandis que les arrestations et les interrogatoires de terrain se poursuivent, ayant concerné des centaines de Palestiniens.
L’organisation a précisé que la majorité des personnes arrêtées étaient d’anciens détenus ayant passé plusieurs années dans les prisons israéliennes. Une grande partie des personnes soumises à des interrogatoires de terrain étaient également d’anciens prisonniers, dont certains avaient été libérés dans le cadre d’accords d’échange. Cette situation illustre, selon elle, une politique visant à étendre les persécutions aux anciens détenus, à leurs familles et à leur entourage social, faisant de leur incarcération passée une « marque infamante » qui continue de les poursuivre même après l’expiration de leur peine.
Le Club des prisonniers a ajouté que les incursions avaient touché des centaines de maisons à Hébron. Elles se sont accompagnées du déplacement forcé de Palestiniens de certains secteurs de la ville et de la transformation de dizaines de maisons en postes militaires utilisés comme centres d’interrogatoire de terrain. Des actes de vandalisme, des destructions et des fouilles ont également visé les habitations et leurs biens.
L’organisation a souligné que les incursions et les arrestations ne se limitaient pas au gouvernorat d’Hébron, mais s’étendaient à plusieurs autres gouvernorats, ciblant notamment les domiciles d’anciens détenus, de prisonniers libérés et de familles de martyrs. Parmi les cas signalés figure l’incursion menée au domicile de l’ancien prisonnier Naël al-Barghouthi, dans la localité de Kobar, au nord de Ramallah, où d’importantes dégradations ont été constatées. D’autres domiciles d’anciens prisonniers ont été pris pour cible et des arrestations ont été signalées dans les gouvernorats de Qalqiliya, Jénine, Naplouse, Jéricho, Salfit, Tubas, Bethléem et Tulkarem, ainsi qu’à Jérusalem.
Le Club des prisonniers a indiqué que la majorité des personnes libérées par la suite avaient subi des violences d’intensité variable, ainsi que des actes de ligotage, des yeux bandés, des menaces et des intimidations, en particulier celles qui avaient déjà été détenues auparavant.
Ces pratiques comprenaient également des mises en garde contre toute activité politique ou organisationnelle. Parallèlement, des tracts contenant des menaces ont été distribués dans plusieurs localités de Cisjordanie. Selon le Club des prisonniers, ces agissements montrent que l’objectif ne se limite pas aux arrestations elles-mêmes, mais consiste également à intimider la société palestinienne et à restreindre son droit à l’expression et à l’action publique.
L’organisation a souligné que les autorités d’occupation se servaient de chaque opération visant leurs soldats comme prétexte pour intensifier leurs mesures de représailles contre les Palestiniens, notamment par la multiplication des arrestations et des incursions, la démolition de maisons, les déplacements forcés ainsi que le renforcement des restrictions et du blocus. Ces politiques s’inscrivent, selon elle, dans une stratégie durable qui se conjugue avec le système de barrages militaires et de portails métalliques, notamment ceux communément appelés « portails jaunes ». Leurs effets se sont aggravés depuis le début de la guerre génocidaire, accentuant l’isolement des villes et des localités et entravant davantage la circulation des Palestiniens.
Le Club des prisonniers a affirmé que ces pratiques ne pouvaient être considérées comme des mesures ponctuelles ni comme les conséquences temporaires d’un événement sur le terrain. Elles relèvent, selon lui, d’une politique de punition collective menée en l’absence de tout mécanisme de reddition de comptes, ce qui favorise leur poursuite et leur extension. L’organisation les inscrit dans le cadre du système d’apartheid en vigueur en Cisjordanie et dans le prolongement du crime de génocide qui se poursuit contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza.
Plus de 26 000 arrestations ont été recensées en Cisjordanie depuis le début de la guerre génocidaire, auxquelles s’ajoutent des milliers de Palestiniens arrêtés dans la bande de Gaza. Des dizaines de milliers de personnes ont également été soumises à des interrogatoires de terrain dans le cadre d’opérations de grande ampleur menées de manière continue en Cisjordanie et dans les différents territoires palestiniens, qui ont touché toutes les composantes de la société palestinienne.
N.S



