NOUVELLES IMPORTANTES
Accueil international 25/October/2026 10:56 AM

Le Parlement arabe lance une initiative mondiale en faveur de la Palestine et met en garde contre l’extension des déplacements forcés et des destructions

Le Parlement arabe lance une initiative mondiale en faveur de la Palestine et met en garde contre l’extension des déplacements forcés et des destructions

Le Caire, le 25 octobre 2026, WAFA — Le président du Parlement arabe, le député Saad Al-Otaibi, a annoncé le lancement d’une initiative parlementaire mondiale en soutien à la cause palestinienne, dans un contexte d’escalade israélienne dans le territoire palestinien occupé et de menaces croissantes d’extension des déplacements forcés et des destructions, qui nécessitent une mobilisation urgente aux niveaux arabe et international.

Cette annonce a été faite dimanche lors d’une réunion de la commission Palestine du Parlement arabe, présidée par M. Al-Otaibi, en présence du vice-président de la commission, Nasser Abou Bakr, de la membre de la commission Mai Al-Kaila, de l’ambassadeur de l’État de Palestine auprès de la Ligue arabe, Mohannad Al-Aklouk, ainsi que de plusieurs membres de la commission.

M. Al-Otaibi a indiqué que cette initiative visait à mobiliser et à unifier les positions parlementaires régionales et internationales, à constituer une large coalition parlementaire pour défendre les droits légitimes du peuple palestinien et à activer les instruments de la diplomatie parlementaire afin de faire pression pour mettre fin à l’occupation et arrêter les violations commises contre les Palestiniens.

Il a ajouté que cette mobilisation parlementaire comprendrait le soutien aux mécanismes de reddition de comptes devant la Cour pénale internationale, le renforcement de la documentation des crimes et des violations, des démarches pour mettre fin aux agressions contre les prisonniers palestiniens et combattre les textes législatifs qui les ciblent, la protection de la mosquée Al-Aqsa et des autres lieux saints, ainsi que la garantie de la poursuite du mandat de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

Il a également souligné la nécessité de poursuivre les efforts visant à élargir la reconnaissance internationale de l’État de Palestine, à soutenir son accession au statut de membre à part entière des Nations unies, à faire pression pour permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza et pour que la reconstruction du territoire soit menée sous l’entière responsabilité palestinienne. Il a rejeté tout projet visant à déplacer les Palestiniens ou à séparer la bande de Gaza de la Cisjordanie et de Jérusalem.

Le président du Parlement arabe a mis en garde contre la poursuite des crimes commis par les forces israéliennes dans la bande de Gaza, accompagnés de morts, de destructions, de famine, de déplacements forcés et d’entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire. Il a également dénoncé l’intensification des attaques de colons en Cisjordanie, l’expansion des colonies, la confiscation de terres palestiniennes et les violations persistantes visant les lieux saints de Jérusalem occupée.

Il a appelé à l’adoption d’une position internationale ferme et de mesures concrètes pour mettre fin à ces violations et traduire leurs responsables en justice, dénonçant l’application de deux poids, deux mesures et le caractère sélectif de la mise en œuvre du droit international. Il a également plaidé pour un renforcement du rôle de l’ONU et de ses institutions dans l’application des résolutions de la légalité internationale.

M. Al-Otaibi a affirmé que la crédibilité du système international ne se mesurait pas au nombre de résolutions et de déclarations publiées, mais à sa capacité à les appliquer, à protéger les peuples contre les violations, à rendre justice aux victimes et à garantir que les responsables ne bénéficient pas de l’impunité. Il a notamment insisté sur la nécessité de rendre justice au peuple palestinien et de lui permettre d’exercer ses droits légitimes et inaliénables.

Il a par ailleurs condamné l’ouverture par la République de Colombie d’une ambassade à Jérusalem occupée et appelé à une mobilisation parlementaire internationale responsable afin d’inciter Bogotá à revenir sur cette décision, dans le respect du droit international et des résolutions pertinentes des Nations unies.

De son côté, l’ambassadeur palestinien auprès de la Ligue arabe, Mohannad Al-Aklouk, a appelé le Parlement arabe à adopter une série de mesures en soutien à la cause palestinienne. Il a notamment demandé des démarches en faveur d’une protection internationale du peuple palestinien et l’envoi de communications au secrétaire général des Nations unies, à l’Union interparlementaire et au Parlement suisse, la Suisse étant l’État dépositaire de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre.

M. Al-Aklouk a également appelé à adresser une lettre de protestation au Parlement colombien concernant l’ouverture d’une ambassade colombienne à Jérusalem occupée, ainsi qu’à exercer des pressions sur le gouvernement colombien pour qu’il revienne sur cette décision, que la partie palestinienne considère comme contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU relatives au statut juridique de la ville.

Il a demandé que des initiatives soient menées auprès des parlements nationaux, en particulier arabes, afin qu’ils adoptent des résolutions et des textes législatifs visant à boycotter les entreprises opérant dans les colonies israéliennes établies sur les territoires palestiniens occupés. Il a indiqué que la base de données actualisée du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, datée du 25 septembre 2026, recensait 214 entreprises et entités commerciales opérant dans ces colonies.

L’ambassadeur a également appelé à inscrire sur les listes nationales arabes des organisations terroristes 60 organisations et groupes israéliens qu’il accuse de mener des attaques contre les Palestiniens et leurs biens et de faire des incursions dans la mosquée Al-Aqsa. Il a en outre plaidé pour la poursuite des initiatives visant à isoler la Knesset israélienne en raison des lois ciblant le peuple palestinien et ses droits.

Il a proposé l’envoi d’une délégation du Parlement arabe auprès de la Cour pénale internationale, à La Haye, afin de soutenir les procédures judiciaires de la Cour dans ses enquêtes sur les crimes commis contre le peuple palestinien et la délivrance de mandats d’arrêt contre les responsables présumés. Il a également appelé à accueillir des personnalités internationales, des parlementaires, des artistes, des sportifs, des journalistes et des militants des droits humains solidaires de la Palestine, et à leur offrir une tribune face aux pressions auxquelles ils sont confrontés.

Pour sa part, le vice-président de la commission Palestine, Nasser Abou Bakr, a mis en garde contre les déclarations incendiaires de responsables israéliens, qui menacent d’intensifier les opérations militaires en Cisjordanie à un niveau sans précédent depuis 1967, d’étendre les déplacements forcés et d’évacuer puis de détruire des quartiers de la ville d’Hébron. Il a estimé que ces menaces faisaient craindre une répétition de la Nakba au moyen de nouveaux instruments militaires et coloniaux.

M. Abou Bakr a souligné la nécessité d’intensifier les efforts internationaux pour faire face à l’escalade israélienne et d’adopter des mesures concrètes et dissuasives afin de mettre un terme à l’impunité, de protéger le peuple palestinien, ses terres, ses lieux saints et ses institutions, et de préserver son droit à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant ayant Jérusalem pour capitale.

Il a également évoqué les graves difficultés financières auxquelles est confronté le gouvernement palestinien en raison de la rétention persistante par Israël des recettes fiscales palestiniennes qu’il collecte pour le compte de l’Autorité palestinienne. Cette situation aggrave la crise économique et menace la capacité du gouvernement à honorer ses obligations envers la population palestinienne.

À l’issue de la réunion, les membres de la commission Palestine ont réaffirmé la nécessité d’assurer une protection internationale au peuple palestinien, de demander des comptes à Israël pour les crimes commis et de permettre l’acheminement urgent de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Ils ont mis en garde contre la gravité de l’escalade en cours, qu’ils ont inscrite dans le cadre d’une politique de nettoyage ethnique et de déplacements forcés menée, selon eux, par les forces israéliennes et les colons.

H.A

Nouvelles connexes

Lire la suite