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Accueil Occupation 25/October/2026 11:28 AM

Hébron : 338 familles touchées par l’offensive israélienne qui se poursuit dans la ville

Hébron, le 25 octobre 2026, WAFA— Le nombre de familles touchées par l’offensive israélienne en cours depuis trois jours dans plusieurs secteurs de la ville d’Hébron s’élève désormais à 338, a annoncé dimanche Souheil Achour, membre du conseil municipal d’Hébron et de la cellule de crise et de soutien mise en place dans le gouvernorat.

Achour a confirmé que les institutions officielles et les organisations de la société civile avaient élaboré un plan d’intervention d’urgence de 96 heures afin de fournir une aide immédiate aux familles touchées et de répondre à leurs besoins essentiels.

Sur le plan juridique, il a annoncé que la municipalité d’Hébron préparait un dossier juridique international visant à documenter les violations israéliennes commises contre la ville et ses habitants, en vue d’engager des démarches auprès de la Cour pénale internationale. Il a souligné que les déplacements forcés, les évacuations de logements et les restrictions à la circulation imposés aux habitants constituaient de graves violations du droit international humanitaire, susceptibles de relever de crimes de guerre.

Achour a expliqué que le gouvernorat d’Hébron, la municipalité, les forces de sécurité palestiniennes, la branche locale du mouvement Fatah ainsi que les institutions officielles et les organisations de la société civile s’étaient réunis en urgence dès les premières heures de l’offensive au siège du gouvernorat. La réunion, à laquelle participaient le gouverneur et des représentants des organismes concernés, visait à évaluer l’ampleur des dégâts subis par les habitants et à examiner les moyens de répondre à l’augmentation des besoins humanitaires.

Cette réunion a abouti à la création d’une cellule de crise et de soutien chargée de coordonner les interventions d’urgence et de suivre la situation des familles touchées. La cellule s’est réunie de nouveau à 17 heures et a adopté plusieurs décisions et mesures concrètes pour faire face à la crise.

Selon Achour, la cellule a approuvé un plan d’urgence en coordination avec des institutions internationales et locales, afin d’acheminer une aide humanitaire aux personnes touchées, de leur fournir les produits de première nécessité et de suivre la situation des familles contraintes de quitter leur domicile ou rencontrant des difficultés pour accéder à leur lieu de résidence.

Concernant l’ampleur des dégâts, Achour a indiqué que les premières données faisaient état d’environ 310 familles touchées. Ce nombre est ensuite passé à 338, selon les dernières informations recueillies par la cellule. Les familles concernées comptent au total plus de 2 000 personnes.

Il a précisé que ces chiffres n’étaient pas définitifs et que les opérations de recensement des dégâts et d’enregistrement des familles se poursuivaient, compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain et du risque d’extension des attaques à d’autres secteurs.

La municipalité d’Hébron a lancé un formulaire en ligne destiné à recueillir les informations relatives aux familles touchées, notamment le nombre de leurs membres, leurs coordonnées, la nature de leurs besoins et leur lieu de résidence actuel. L’objectif est de constituer une base de données précise permettant aux organismes compétents de définir les priorités et d’acheminer l’aide aux bénéficiaires dans les meilleurs délais.

Achour a appelé toutes les familles dont les logements ou les biens ont été endommagés, ou qui ont été contraintes de quitter leur domicile en raison des mesures militaires, à enregistrer leurs informations au moyen de ce formulaire, afin que la cellule de crise puisse être informée de leur situation et assurer directement leur suivi.

Il a ajouté que, dans les prochaines heures, les équipes commenceraient à contacter directement plusieurs familles touchées, en coordination avec la municipalité, le gouvernorat, les institutions internationales, le Croissant-Rouge palestinien et les autres partenaires. Les interventions prévues comprennent la distribution d’une aide d’urgence, l’évaluation des besoins humanitaires des familles et la recherche de lieux sûrs pour celles qui ne peuvent plus habiter leur logement ou ne disposent plus d’un abri adapté.

La municipalité a également mis en place le numéro court 115 pour recevoir les appels, les demandes d’information et les plaintes des habitants touchés. Des équipes sont chargées de suivre les signalements et de les transmettre aux services compétents afin d’accélérer les interventions et de faciliter la communication avec la population.

Achour a par ailleurs révélé que des démarches étaient en cours pour permettre l’entrée d’un véhicule de la compagnie d’électricité d’Hébron équipé d’un système de recharge mobile. Celui-ci doit fournir une source d’électricité aux habitants se trouvant dans les zones fermées et assiégées, afin d’atténuer les difficultés quotidiennes provoquées par les mesures militaires.

Il a souligné que la municipalité et l’ensemble des institutions participant à la cellule de crise étaient en état de mobilisation. À ce stade, la priorité est de protéger les habitants, de répondre à leurs besoins essentiels et de garantir un minimum de stabilité aux familles directement touchées.

Abordant les aspects juridiques des opérations israéliennes, Achour a indiqué que les évacuations de logements, les restrictions à la circulation, la fermeture de zones résidentielles et les atteintes aux biens privés portaient atteinte à des droits fondamentaux garantis par le droit international, notamment le droit au logement, à la sécurité et à la propriété privée.

Il a rappelé que la quatrième Convention de Genève comporte des dispositions interdisant les sanctions collectives et les transferts forcés de population, tout en imposant des restrictions strictes à la destruction de biens dans les territoires occupés. Il a notamment cité les articles 33, 49 et 53 de cette convention.

Selon lui, les mesures auxquelles sont confrontés les habitants d’Hébron constituent de graves violations du droit international humanitaire, dont certaines pourraient être qualifiées de crimes de guerre et nécessiter des enquêtes ainsi que des poursuites judiciaires.

Achour a estimé que priver les habitants d’un logement sûr, contraindre des familles à quitter leur domicile et imposer des mesures qui bouleversent leur vie quotidienne ne pouvait être considéré comme de simples mesures prises sur le terrain. Ces actes nécessitent, selon lui, une action juridique sérieuse pour documenter les préjudices, protéger les droits des personnes touchées et engager des poursuites contre les responsables des violations.

Il a également révélé que la municipalité d’Hébron travaillait depuis plusieurs mois à la préparation d’un dossier juridique international exhaustif portant sur les violations israéliennes commises contre la ville, notamment dans la vieille ville et aux abords de la mosquée Ibrahimi.

Achour a confirmé que les dernières violations signalées dans les secteurs de Farsh al-Hawa, Deir Baha, al-Jalda et dans d’autres quartiers d’Hébron seraient ajoutées à ce dossier. Celui-ci comprendra notamment les évacuations, les dégâts causés aux logements et aux biens, ainsi que les restrictions imposées aux habitants.

Il a précisé que la municipalité envisageait de constituer une équipe spécialisée chargée de recenser les dégâts et de recueillir les témoignages des personnes touchées, afin d’intégrer les nouveaux faits au dossier juridique en cours de préparation.

H.A

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