Londres, le 29 octobre 2026, WAFA— La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a exprimé sa solidarité avec ses syndicats affiliés qui s’apprêtent à organiser des actions syndicales coordonnées dans plusieurs pays en soutien aux droits du peuple palestinien, notamment à la sécurité, au travail décent, à la liberté et à la dignité. Ces mobilisations visent également à dénoncer les opérations militaires israéliennes et à défendre la paix et la justice.
Les travailleurs portuaires prévoient, vendredi 30 octobre, des grèves et des actions de protestation coordonnées dans plus de 100 ports répartis dans 17 pays, dans le cadre de la « Journée internationale d’action des travailleurs portuaires contre la guerre et la militarisation ».
Le secrétaire général de l’ITF, Stephen Cotton, a souligné le rôle essentiel des travailleurs portuaires dans les appels à la paix. Il a affirmé que leurs syndicats défendaient les droits des Palestiniens ainsi que la vocation des ports à servir les travailleurs et leurs communautés, réitérant le soutien plein et entier de la fédération à ces mobilisations.
Stephen Cotton a rappelé que les résolutions du congrès de l’ITF préconisaient l’arrêt des livraisons d’armes utilisées en violation du droit international humanitaire, ainsi que le respect de la voix et des droits des travailleurs. Il a insisté sur la nécessité de placer la protection des civils, le respect du droit international et la réalisation d’une paix juste et durable au premier rang des priorités.
De son côté, le président de l’ITF, Paddy Crumlin, a rappelé que les ports reliaient les communautés et soutenaient les moyens de subsistance des populations. Il a souligné que les syndicats affiliés mobilisaient leur force collective pour s’opposer à l’utilisation des infrastructures portuaires civiles à des fins d’escalade militaire, tout en défendant les emplois et les conditions de travail des salariés.
Il a également affirmé que la lutte du peuple palestinien pour sa libération bénéficiait du soutien du mouvement syndical international, estimant qu’aucun travailleur ne devrait être contraint de contribuer à la destruction de la société d’un autre travailleur.
Paddy Crumlin a appelé à un cessez-le-feu immédiat et permanent, à la fin de l’occupation et des colonies israéliennes illégales, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza et à la reconstruction du territoire, avec la garantie d’un travail décent pour les Palestiniens.
Les syndicats palestiniens saluent une mobilisation internationale :
Réagissant à ces initiatives, le secrétaire général de la Fédération générale des syndicats palestiniens, Shaher Saad, a déclaré que les travailleurs portuaires du monde entier écrivaient, à travers cette journée, une page importante de l’histoire de la solidarité syndicale et humanitaire avec le peuple palestinien et ses travailleurs.
Il a estimé que le refus des dockers de manutentionner et de transporter des armes et des munitions envoyait un message clair : le mouvement syndical international ne resterait pas silencieux face aux crimes commis contre les civils. Selon lui, la conscience des travailleurs ne saurait être associée au transport d’armes destinées à tuer et à détruire.
Shaher Saad a également souligné que la solidarité internationale ne devait pas se limiter aux déclarations de condamnation et aux expressions d’indignation, mais se traduire par des mesures concrètes. Il a ajouté que cette initiative renforçait le moral des Palestiniens et de leurs travailleurs, tout en adressant un message d’espoir aux milliers de salariés privés de leur emploi et de leurs moyens de subsistance, ainsi qu’aux familles confrontées aux morts, au blocus, à la famine et aux déplacements forcés.
Des revendications portant sur les armes, l’aide humanitaire et les droits des travailleurs :
L’ITF a renouvelé son appel aux gouvernements pour qu’ils garantissent un cessez-le-feu permanent, facilitent l’accès sans restriction de l’aide humanitaire à Gaza et soutiennent la reconstruction du territoire sur la base du travail décent. La fédération demande également l’arrêt de tous les transferts d’armes contribuant à des violations du droit international humanitaire.
Elle appelle par ailleurs à garantir aux travailleurs du transport le droit de refuser de manipuler des cargaisons militaires sans subir de représailles. Elle demande le respect intégral des décisions de la Cour internationale de Justice, le soutien à la Cour pénale internationale, la fin de l’occupation et des colonies israéliennes illégales, ainsi que la responsabilisation des entreprises qui en tirent profit.
Parmi ses autres revendications figurent la reconnaissance de l’État de Palestine, le soutien à son accession au statut de membre à part entière de l’Organisation internationale du travail (OIT), et la promotion d’une paix négociée fondée sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies. La fédération insiste également sur la protection de tous les travailleurs du secteur des transports affectés par les conflits.
Ces mobilisations visent notamment à s’opposer au transit, par les ports civils, de cargaisons militaires destinées à alimenter les guerres et les actes qualifiés de génocide par les organisateurs. Les syndicats entendent également défendre de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, tout en s’opposant à l’extension croissante de l’automatisation.
Une mobilisation inscrite dans un contexte international tendu :
Ces actions interviennent quelques jours après la publication d’un rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël. Selon le texte de la dépêche, ce rapport conclut à la commission par Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment le génocide, la persécution, la torture, le viol et d’autres formes de violence sexuelle.
Présenté à l’Assemblée générale des Nations unies le 26 octobre 2026, le rapport affirme également que le cessez-le-feu n’a pas mis fin aux opérations meurtrières et fait état de la poursuite d’actes constitutifs de génocide dans la bande de Gaza après l’entrée en vigueur de l’accord.
Des syndicats de plusieurs pays participent à ces mobilisations ou leur ont exprimé leur soutien, notamment le syndicat allemand Ver.di, le syndicat turc Liman-İş, l’Union maritime australienne, l’International Longshore and Warehouse Union (ILWU) aux États-Unis et le syndicat danois 3F.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des résolutions adoptées lors du 46e congrès de l’ITF, organisé à Marrakech en 2024. Les syndicats affiliés s’y étaient engagés à réclamer un cessez-le-feu immédiat et permanent, la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et des mesures visant à interrompre le commerce des armes alimentant les violations du droit international humanitaire.
H.A



