Accueil international 31/October/2026 09:53 AM

L’ONU alerte sur les craintes persistantes de nettoyage ethnique à Gaza, où l’espace accessible aux civils ne cesse de se réduire

 

New York, 31 octobre 2026, WAFA — Le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé a mis en garde contre la persistance des craintes de nettoyage ethnique dans la bande de Gaza, où les forces d’occupation israéliennes contraignent les Palestiniens à se replier vers des zones de plus en plus exiguës, tout en détruisant les infrastructures civiles encore debout et en prenant pour cible les sites accueillant les déplacés, aggravant ainsi leur déracinement.

Dans un rapport publié vendredi, le Bureau indique que les forces d’occupation poursuivent leur progression vers l’ouest, repoussant les Palestiniens vers un espace toujours plus restreint à l’intérieur de la bande de Gaza, avec pour objectif déclaré d’étendre leur zone de déploiement à 70 % du territoire.

Il précise avoir observé, au cours des deux dernières semaines, une extension des zones de déploiement des forces d’occupation dans le quartier de Choujaïya, à l’est de la ville de Gaza, ainsi que dans les secteurs orientaux des camps d’Al-Boureij, de Deir al-Balah et d’Al-Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.

Le Bureau fait état d’au moins deux attaques menées par l’armée d’occupation contre des camps de déplacés à Choujaïya, ainsi que de la destruction des rares bâtiments encore debout dans le secteur. Des informations font également état de l’utilisation de robots piégés.

Le 25 octobre, un drone israélien a largué des munitions sur des tentes abritant des familles déplacées au carrefour de Choujaïya, à proximité de ce qui est désigné comme la « ligne jaune ». L’attaque a déclenché un incendie qui a fait rage pendant près de cinq heures et provoqué le déplacement de 200 familles, soit quelque 800 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Le directeur du Bureau, Ajith Sunghay, a déclaré que « le cauchemar des déplacements à Gaza est à la fois aigu et chronique », soulignant que les perspectives de retour des déplacés dans les zones qu’ils ont dû fuir sont quasiment inexistantes, la plupart de ces secteurs étant situés au-delà de ce qui est appelé la « ligne jaune » et demeurant inaccessibles. Il a également relevé que les habitants sont soumis à des déplacements forcés à répétition.

Le Bureau a souligné qu’Israël, en tant que puissance occupante, devait mettre fin au transfert forcé de Palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza, une pratique qui constitue un crime de guerre et pourrait également être qualifiée de crime contre l’humanité.

Il a en outre averti que les forces d’occupation traitaient la « ligne jaune » comme une « zone de mise à mort » et empêchaient les Palestiniens de regagner ce qu’il reste de leurs habitations situées au-delà de cette ligne.

Le Bureau souligne que la crise des déplacements est encore aggravée par les restrictions imposées par l’occupation à l’entrée de l’aide humanitaire et des matériaux nécessaires à la construction d’abris, alors que les bombardements se poursuivent, plus d’un an après l’annonce d’un cessez-le-feu. Les familles sont ainsi contraintes de vivre dans des abris précaires et inadaptés.

Sunghay a indiqué que la majorité des Palestiniens de Gaza entamaient leur quatrième année de déplacement et s’apprêtaient à passer un quatrième hiver sous des tentes de fortune, incapables de résister aux pluies, tout en restant exposés aux bombardements. Il a exprimé l’espoir que cet hiver soit le dernier qu’ils aient à affronter dans de telles conditions.

N.S

Nouvelles connexes

Lire la suite