Gaza, le 6 novembre 2026, WAFA – Au moins 260 cas de malformations congénitales ont été recensés chez des nouveau-nés dans la bande de Gaza au cours des neuf premiers mois de 2026, dépassant le bilan enregistré sur l'ensemble de l'année 2022, selon une source médicale locale.
La même source fait état de 184 cas en 2022 et de 322 en 2025, soit une augmentation de 75 % par rapport à 2022. Elle souligne toutefois que ces chiffres ne permettent, à eux seuls, ni d'établir le taux de malformations parmi les naissances ni d'en déterminer les causes.
Elle appelle à l'ouverture d'une enquête scientifique internationale indépendante afin d'étudier les facteurs possibles, notamment la malnutrition maternelle, l'exposition aux polluants et l'interruption des soins pendant la grossesse dans le contexte de la guerre israélienne contre Gaza.
Les malformations recensées comprennent notamment les fentes labiales et palatines, les anomalies des organes génitaux externes compliquant la détermination du sexe à la naissance, le raccourcissement des membres supérieurs et les hernies ombilicales. Plusieurs anomalies peuvent être présentes chez un même enfant.
Dans un rapport publié le 28 janvier 2025, Human Rights Watch avait déjà documenté les graves risques sanitaires auxquels sont exposées les femmes enceintes à Gaza, en raison de la guerre, du blocus, de la destruction des infrastructures médicales et des pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments. Le rapport faisait état d'un accès fortement limité aux soins prénatals, à l'accouchement et aux soins postnatals, ainsi que de cas de malnutrition, de déshydratation et d'anémie.
Par ailleurs, une enquête menée du 2 au 16 juin 2026 par les partenaires du Groupe de nutrition à Gaza, selon un rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) publié le 7 août, a révélé une dégradation de la situation nutritionnelle des enfants et des femmes.
Sur les 1 335 enfants examinés, 12,2 % souffraient d'un retard de croissance. L'enquête a également relevé des cas de malnutrition aiguë. Parmi les 3 071 femmes en âge de procréer interrogées, dont 598 femmes enceintes ou allaitantes, 7,2 % présentaient un état de malnutrition.
Ces données soulignent la gravité de la crise nutritionnelle et sanitaire dans la bande de Gaza, en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants.
H.A



