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Terres agricoles ravagées, arbres déracinés, eaux polluées : 760 atteintes imputées à Israël et aux colons

Terres agricoles ravagées, arbres déracinés, eaux polluées : 760 atteintes imputées à Israël et aux colons

Ramallah, le 6 novembre 2026, WAFA – L’Autorité palestinienne de la qualité de l’environnement a indiqué que les forces d’occupation israéliennes et les colons avaient commis 760 atteintes systématiques à l’environnement en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année jusqu’à fin septembre dernier. Ces atteintes ont visé les terres agricoles, le couvert végétal, les ressources en eau et les infrastructures, dans le cadre de ce qu’elle a qualifié de « génocide environnemental ».

Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé, célébrée chaque année le 6 novembre, l’Autorité a précisé que ces atteintes comprenaient le nivellement de terres agricoles et de réserves naturelles, l’expansion des colonies, la destruction d’arbres et du couvert végétal, la dégradation des ressources en eau et des réseaux d’irrigation et d’assainissement, ainsi que le déversement de déchets dangereux.

L’Autorité a indiqué que 203 atteintes avaient ciblé les terres agricoles et les réserves naturelles. Elles comprenaient notamment le nivellement de champs d’oliviers, l’ouverture de routes coloniales, l’accaparement de milliers de dunams sous prétexte de nécessités militaires ou en vertu de ce qui est appelé la « loi israélienne sur les antiquités », ainsi que le clôturage de terres en vue de l’établissement d’avant-postes coloniaux à vocation pastorale. Des serres agricoles et des structures de culture sous abri ont également été incendiées et détruites.

Elle a par ailleurs fait état de 178 atteintes aux espaces forestiers et au couvert végétal, qui se sont traduites par l’arrachage de milliers d’arbres fruitiers et centenaires, dont environ 100 000 oliviers à la fin du mois de septembre dernier. Les pertes économiques sont estimées à près de 67 millions de dollars. Des champs de blé et d’orge ont également été incendiés au moyen de grenades lacrymogènes et de cocktails incendiaires.

S’agissant des déchets et des résidus dangereux issus des démolitions, les rapports ont recensé 185 atteintes liées à l’accumulation de milliers de tonnes de déchets de construction et de décombres mêlés à des métaux et à du plastique. Ces déchets résultent notamment des opérations de démolition et d’explosion, en particulier dans les gouvernorats de Jénine et de Tulkarem et leurs camps de réfugiés. Les habitations ainsi que les installations commerciales, industrielles et agricoles ont également été ciblées dans différents gouvernorats.

L’Autorité a ajouté que ses équipes de contrôle et d’inspection avaient déjoué plusieurs tentatives d’acheminement clandestin de déchets dangereux depuis les territoires de 1948. Ces cargaisons comprenaient 40 000 kilogrammes de déchets de voirie, notamment des résidus de bitume, ainsi que 1 816 kilogrammes de déchets médicaux dangereux et de produits périmés, destinés à être enfouis dans les gouvernorats de Qalqiliya et de Tulkarem.

Les atteintes ont également concerné la sécurité alimentaire et le cheptel, avec 52 incidents recensés, notamment le vol de centaines de têtes de bétail, ainsi que le lâcher de troupeaux appartenant à des colons dans les champs pour y causer des dégâts et harceler les bergers.

Par ailleurs, 37 atteintes ont visé les ressources en eau et les puits. Elles ont notamment consisté à remblayer des citernes de collecte des eaux pluviales, des puits artésiens et des puits agricoles avec du béton ou à l’aide de bulldozers, à détruire des sources et des réservoirs d’eau, ainsi qu’à prendre le contrôle de plusieurs sources.

L’Autorité a également documenté 35 atteintes aux conduites d’adduction d’eau et aux réseaux d’irrigation. Celles-ci ont notamment porté sur le nivellement et la destruction de conduites d’eau à Dhannaba, dans le camp de Nour Chams et à Tubas, ainsi que sur la destruction de la conduite principale alimentant la région de Birin, à Khirbet al-Furn, privant ainsi environ 450 habitants d’accès à l’eau. Une conduite desservant le village d’Ad-Daqiqa a également été coupée, privant 700 habitants d’approvisionnement en eau dans le gouvernorat d’Hébron.

Cinq atteintes aux réseaux d’assainissement ont en outre été recensées. Elles ont entraîné la destruction et le nivellement de canalisations, provoquant l’interruption de l’évacuation des eaux usées dans les camps de réfugiés des gouvernorats de Jénine et de Tulkarem.

Ces atteintes sont survenues parallèlement au déversement d’eaux usées non traitées provenant des colonies de « Sha'arei Tikva » et d'« Oranit » sur des terres agricoles et dans les cours d’établissements scolaires à Azzoun Atma et à Qalqiliya. Le nivellement de fosses septiques a également été signalé, entraînant la contamination des sols et des eaux souterraines ainsi que la propagation de mauvaises odeurs.

Concernant la bande de Gaza, l’Autorité de la qualité de l’environnement a affirmé que le territoire faisait face à une catastrophe environnementale et humanitaire de grande ampleur en raison des destructions provoquées par l’agression israélienne. Elle a estimé entre 61 et 68 millions de tonnes le volume des décombres et des bâtiments détruits, soit une moyenne de 107 kilogrammes de débris par mètre carré.

Ces décombres comprennent environ quatre millions de tonnes de déchets dangereux, au moins 50 000 tonnes de matériaux contenant de l’amiante et plus de 100 000 tonnes de résidus d’explosifs, de munitions et de phosphore blanc.

L’Autorité a ajouté que les opérations militaires avaient entraîné le nivellement et la destruction de 82 % des terres agricoles, de 97 % des arbres fruitiers et des oliviers, ainsi que la disparition de 95 % du couvert végétal. La réserve naturelle de Wadi Gaza, qui constitue un couloir de migration pour les oiseaux, est désormais devenue une zone polluée par les eaux usées.

Elle a également indiqué que la guerre avait détruit 84 % des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, provoquant le déversement et l’écoulement d’environ 120 000 mètres cubes d’eaux usées non traitées chaque jour dans les rues et les bassins d’eau. Cette situation a entraîné une augmentation des maladies et des épidémies : les cas de diarrhée aqueuse ont été multipliés par 36 et ceux de jaunisse par 384 par rapport à la période précédant la guerre.

L’Autorité de la qualité de l’environnement a affirmé que ces violations documentées et systématiques relevaient, selon son appréciation, de crimes de guerre contre l’environnement et constituaient une violation de l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, ainsi que des dispositions des protocoles relatifs à la quatrième Convention de Genève et du Protocole additionnel I de 1977.

Elle a souligné que l’environnement palestinien était devenu une cible directe des politiques destructrices de l’occupation, qui menacent les conditions indispensables à la vie humaine et effacent les caractéristiques naturelles et historiques du territoire palestinien.

Enfin, l’Autorité a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités juridiques et morales envers le peuple palestinien, à œuvrer pour mettre fin à l’occupation israélienne du territoire palestinien et à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination, ainsi que son droit de disposer de ses ressources naturelles et de les préserver.

H.A

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