Ramallah, 7 novembre 2026, WAFA — Le ministre de la Santé, Majed Abou Ramadan, a lancé un appel urgent à la communauté internationale, aux Nations unies ainsi qu’aux organisations sanitaires, humanitaires et de secours, les exhortant à intervenir immédiatement pour sauver la vie de centaines de milliers de déplacés dans la bande de Gaza, alors que des milliers de tentes sont inondées par les eaux de pluie, que les conditions d’hébergement sûr font défaut et que la situation sanitaire et environnementale se détériore gravement. Il a mis en garde contre les risques croissants de propagation des maladies infectieuses et les menaces pesant sur la vie des personnes les plus vulnérables, alors que l’hiver ne fait que commencer.
Dans un communiqué publié ce samedi par le ministère, le ministre a souligné que cette situation s’inscrit dans une crise sanitaire et humanitaire complexe, marquée par les conséquences des destructions massives des infrastructures et des réseaux d’eau et d’assainissement, l’accumulation des déchets, le manque d’eau potable et de produits d’hygiène, la surpopulation extrême dans les centres d’hébergement, ainsi que la malnutrition et la dégradation de l’accès aux services de santé essentiels. Cette combinaison de facteurs accroît les risques sanitaires pour la population et crée des conditions propices à la propagation des maladies.
Il a expliqué que l’exposition prolongée au froid et à l’humidité dans des tentes délabrées, conjuguée à la surpopulation et à une mauvaise ventilation, augmente les risques de transmission des infections respiratoires, notamment la grippe et les pneumonies, et expose à de graves complications, particulièrement chez les enfants, les nourrissons, les personnes âgées et les malades, en raison du manque de moyens de chauffage, de vêtements et de couvertures hivernales.
Le ministre de la Santé a averti que l’accumulation des déchets, la propagation des eaux usées et l’absence de services d’hygiène et de lutte contre les nuisibles favorisent la prolifération des rongeurs et des insectes, augmentent les risques de contamination de l’eau et des aliments et facilitent la transmission des maladies. Il a également indiqué que le mélange des eaux de pluie aux eaux usées et leur infiltration dans les lieux d’hébergement accroissent les risques de diarrhées aiguës, d’infections intestinales et de maladies cutanées, et font craindre des épidémies difficiles à contenir dans les conditions actuelles.
Il a souligné que la malnutrition et l’insécurité alimentaire aggravent la gravité de ces maladies, notamment chez les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. La malnutrition affaiblit en effet la capacité de l’organisme à lutter contre les infections, tandis que les maladies récurrentes entraînent une détérioration supplémentaire de l’état nutritionnel et sanitaire.
Ces souffrances s’aggravent avec les déplacements répétés, la perte des abris et des biens essentiels, ainsi que l’interruption du suivi médical régulier et des traitements destinés aux personnes atteintes de maladies chroniques et à celles ayant des besoins de santé spécifiques.
Ces menaces surviennent alors que le système de santé de la bande de Gaza a été soumis à un épuisement considérable en raison des dommages subis par les établissements de santé et du manque de médicaments, de fournitures médicales, de carburant et de personnel. Cette situation limite sa capacité à répondre à des besoins croissants et rend toute augmentation des cas ou propagation d’infections particulièrement dangereuse, susceptible d’entraîner davantage de complications et de décès évitables.
Le ministre de la Santé a affirmé que les premières pluies qui frappent Gaza constituent un signal d’alarme extrêmement grave, d’autant que l’hiver ne fait que commencer. Il a averti que la persistance de ces conditions, conjuguée à l’intensification du froid et à la succession des perturbations météorologiques, laisse présager une aggravation de la catastrophe sanitaire et humanitaire à des niveaux encore plus alarmants, alors que les familles déplacées voient leur capacité à résister s’épuiser et restent privées des conditions minimales de protection.
Il a renouvelé son appel à une action internationale urgente et efficace afin de garantir l’acheminement d’abris temporaires sûrs, de tentes résistantes à la pluie et au vent, de matériaux d’isolation et de chauffage, de couvertures et de vêtements d’hiver, ainsi que la fourniture d’eau potable et de produits d’hygiène. Il a également appelé à l’élimination des déchets, à la lutte contre les rongeurs et les insectes, à la réparation des réseaux d’assainissement et à l’évacuation des eaux pluviales, parallèlement au soutien des hôpitaux et des centres de soins, au renforcement des services de surveillance épidémiologique, de prévention, de vaccination, de nutrition et de soins de santé mobiles.
Abou Ramadan a souligné que la lutte contre ces risques ne saurait se limiter aux interventions médicales, mais nécessite une réponse humanitaire, sanitaire et environnementale globale s’attaquant aux causes des maladies et garantissant des conditions de vie sûres. Il a insisté sur le fait que tout retard dans les interventions nécessaires alourdirait davantage la charge pesant sur un système de santé déjà épuisé et exposerait davantage de vies au danger.
Il a déclaré : « Ce qui se passe à Gaza n’est pas une crise hivernale passagère, mais une menace croissante pour la santé publique et la vie des habitants, qui exige une intervention internationale immédiate à la hauteur de l’ampleur de la catastrophe. Les familles qui ont perdu leurs maisons et leurs moyens de subsistance ne doivent pas être abandonnées face au froid, aux maladies et à la pollution sans protection. Il ne saurait être question d’attendre que davantage de victimes soient recensées ou que des épidémies éclatent avant d’agir. La responsabilité humanitaire et juridique impose de prendre des mesures urgentes dès maintenant, alors que nous sommes encore au début de l’hiver, avant que les risques ne s’aggravent et ne se transforment en pertes humaines qui auraient pu être évitées. »
N.S



