Gaza, le 8 novembre 2026, WAFA- Des dizaines de milliers de tentes abritant des familles palestiniennes déplacées ont été inondées ou endommagées par de fortes pluies et des vents violents qui frappent la bande de Gaza depuis vendredi soir, laissant de nombreuses familles sans protection face au froid et aux intempéries, dans un contexte de pénurie aiguë de moyens de secours et d'hébergement.
Selon des sources médiatiques, environ 70 000 tentes ont été touchées par les intempéries. La tempête a également provoqué l'effondrement de dizaines de murs et entraîné des dégâts matériels dont le coût initial est estimé à quelque trois millions de dollars.
Des correspondants de WAFA ont rapporté que les eaux de pluie avaient submergé des milliers de tentes dans différentes régions de la bande de Gaza, particulièrement dans les zones basses, s'infiltrant à l'intérieur des abris et détruisant les effets personnels des familles déplacées. Dans le nord du territoire, deux personnes ont été blessées par l'effondrement du mur d'un bâtiment précédemment endommagé par des bombardements israéliens. Selon des sources médicales citées par l’agence d’Anadolu, trois autres personnes ont également été blessées dans l'effondrement d'un second mur et la chute d'une plaque de tôle ondulée provoquée par les vents violents.
Hosni Muhanna, porte-parole de la municipalité de Gaza, a indiqué que la ville avait enregistré 60 millimètres de précipitations en douze heures, soit environ 15 % de sa pluviométrie annuelle. Les vents ont emporté certaines tentes et déchiré leurs toiles, tandis que les eaux ont envahi de nombreux abris, privant les familles de leurs maigres biens et de leur literie.
M. Muhanna a précisé qu'environ un million d'habitants et de personnes déplacées étaient concentrés sur près de 30 % de la superficie de la ville, accentuant la pression sur des infrastructures déjà largement détruites par la guerre. Les équipes municipales ont reçu quelque 250 signalements concernant des rues inondées, des phénomènes d'érosion et des canalisations obstruées. Elles sont intervenues dans la plupart des cas, malgré le manque de moyens et les dégâts considérables subis par les équipements publics.
Il a averti que 270 camps et sites d'hébergement de la ville étaient exposés aux risques d'inondation, précisant que les destructions du réseau d'assainissement et de drainage avaient ramené sa capacité de fonctionnement à seulement 20 %. Les quartiers situés en contrebas sont ainsi particulièrement vulnérables aux fortes précipitations.
De son côté, Abdullah al-Majdalawi, directeur des relations publiques de la Défense civile à Gaza, a fait état de centaines d'appels de détresse reçus depuis le début de la tempête. La majorité concernait des campements inondés ainsi que des bâtiments et des murs endommagés menaçant de s'effondrer sur les abris des déplacés. Il a souligné que les équipes pouvaient intervenir pour prévenir les dangers immédiats, mais qu'elles ne disposaient pas des moyens nécessaires pour fournir un hébergement de remplacement aux familles sinistrées. Des milliers de tentes ont ainsi été inondées ou endommagées, contraignant leurs occupants à rester exposés aux intempéries.
La situation est d'autant plus préoccupante que près de 270 000 tentes sont recensées dans les différentes régions de la bande de Gaza et que plus de 400 000 déplacés vivent dans des sites particulièrement exposés aux inondations, à l'accumulation des eaux de pluie ou à la proximité du littoral. L'absence de carburant et la pénurie de moyens de chauffage aggravent également les conditions de vie des familles, notamment celles des enfants et des personnes âgées, alors que les températures baissent durant la nuit.
Cette vulnérabilité s'inscrit dans une crise de l'hébergement qui touche la quasi-totalité de la population. Selon l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), 1,98 million de personnes, soit environ 94 % de la population de Gaza, avaient besoin d'un abri et d'autres biens essentiels, selon des évaluations réalisées en juin. Parmi elles, 58 % faisaient face à des besoins en matière de logement jugés critiques ou catastrophiques.
En octobre, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait averti que 950 000 Palestiniens vivaient dans des sites de déplacement exposés à des risques d'inondation modérés à élevés, dont plus de 400 000 dans des zones à haut risque.
Les responsables municipaux ont appelé à l'ouverture complète des points de passage afin de permettre l'entrée urgente de tentes adaptées aux conditions hivernales, de fournitures humanitaires, de carburant, de moyens de chauffage et d'équipements lourds nécessaires à la remise en état des infrastructures de drainage. Les restrictions israéliennes sur l'acheminement des matériaux d'hébergement temporaire et de reconstruction empêchent également les familles de disposer de solutions plus sûres et durables.
Ces intempéries viennent aggraver une catastrophe humanitaire provoquée par la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, qui a entraîné la destruction massive des habitations et des infrastructures et contraint des centaines de milliers de Palestiniens à vivre dans des abris de fortune. Malgré l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, les besoins en matière de logement, de reconstruction et d'assistance humanitaire restent largement insatisfaits.
Le bilan de la guerre israélienne contre la bande de Gaza s'est alourdi à 74 640 martyrs et 175 947 blessés depuis le 7 octobre 2023, selon les données du ministère palestinien de la Santé.
H.A



