Bruxelles, le 13 juillet 2026, WAFA – Le Premier ministre Mohammad Mustafa a rencontré ce lundi, en marge de la deuxième réunion ministérielle des donateurs pour la Palestine à Bruxelles, plusieurs responsables européens et internationaux. Étaient également présents à cette réunion la ministre des Finances et de la Planification, Istifan Salameh, l'ambassadrice de Palestine auprès de la Belgique, du Luxembourg et de l'Union européenne, Amal Jadou Shakaa, et le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé des Affaires politiques, Omar Awadallah.
Parmi les participants figuraient le secrétaire d'État norvégien aux Affaires étrangères, Andreas Kravick, la ministre britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement, Yvette Cooper, la ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, la ministre allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabili Radovan, et la directrice des opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde.
Lors des réunions, Mustafa a passé en revue les derniers développements sur le terrain et la détérioration des conditions humanitaires et sociales, compte tenu des mesures d'occupation israéliennes en cours en Cisjordanie, notamment les restrictions à la liberté de circulation, les incursions quotidiennes, les violences et le terrorisme des colons, la confiscation de terres pour l'expansion des colonies et le maintien du versement des recettes fiscales palestiniennes. Il a également évoqué la situation critique dans la bande de Gaza, l'aggravation de la crise humanitaire et les pénuries de fournitures, de médicaments et de matériel de reconstruction et de relèvement.
Le Premier ministre a souligné que la réalité sur le terrain dans la bande de Gaza démontre que l'UNRWA est un pilier fondamental de la réponse humanitaire, aux côtés des institutions de l'Autorité palestinienne, des ONG et des organisations internationales. Il a insisté sur le fait que ces entités, collectivement, sont les seules à fournir efficacement des services aux habitants de la bande de Gaza et qu'il n'existe actuellement aucune alternative viable.
Lors des réunions, Mustafa a souligné la crise financière sans précédent que traverse le gouvernement palestinien, conséquence du gel persistant par Israël des recettes fiscales. Ce gel limite considérablement la capacité du gouvernement à honorer ses engagements envers le peuple palestinien. Il a appelé à une pression internationale accrue sur Israël afin d'obtenir le déblocage des fonds et d'éviter l'effondrement des institutions palestiniennes.
Le Premier ministre a expliqué que le gouvernement met tout en œuvre pour assurer la continuité des institutions étatiques et des services publics, malgré un déficit budgétaire important. Il a indiqué que le gouvernement a pris des mesures exceptionnelles pour prévenir l'effondrement de ces institutions, mais que sa marge de manœuvre est désormais extrêmement réduite.
Mustafa a insisté sur le fait que la politique israélienne comprend également des mesures financières et économiques visant à affaiblir l'État de Palestine et ses institutions, et à compromettre sa survie. Ces mesures incluent le gel continu des recettes fiscales palestiniennes et le blocage des excédents de shekels israéliens détenus dans les banques palestiniennes, qu'Israël refuse d'accepter ou de régler. Cette situation prive l'économie palestinienne de liquidités et l'empêche de financer les entreprises et les investissements. Par ailleurs, le fait d'empêcher les travailleurs d'accéder à leur lieu de travail a entraîné des pertes de plusieurs milliards de dollars par an pour l'économie palestinienne.
Le Premier ministre a expliqué que le gouvernement poursuit son programme de renouveau démocratique, citant les élections locales organisées en Cisjordanie et une élection pilote à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, cette ville ayant été relativement moins touchée que d'autres zones. Il a également évoqué les préparatifs des élections législatives prévues le 28 novembre, insistant sur la nécessité pour l'État de Palestine de bénéficier d'un soutien international et de faire pression sur Israël afin de garantir la tenue d'élections sans entrave à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza.
De leur côté, les responsables ont souligné que les fonds retenus par Israël sont des fonds palestiniens et que l'Autorité palestinienne a le droit d'y accéder. Ils ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les efforts conjoints pour maintenir la stabilité des institutions palestiniennes et renforcer leur résilience face aux pressions politiques et financières actuelles, ainsi que pour soutenir les programmes de redressement rapide dans la bande de Gaza et faciliter l'acheminement de l'aide et des logements temporaires.
Les responsables ont également exprimé la profonde préoccupation de leurs pays face à la crise humanitaire persistante et croissante dans la bande de Gaza, au blocage du processus politique, à l'expansion des colonies en Cisjordanie et au terrorisme des colons. Ils ont par ailleurs souligné leur intérêt à suivre les progrès accomplis par le gouvernement palestinien dans la mise en œuvre de ses programmes de réforme et de développement institutionnel.
F.N


