Ramallah, le 10 août 2026, WAFA – La Commission de la Résistance au Mur et aux Colonies a fait savoir que les autorités d'occupation sont entrées dans une nouvelle phase administrative du processus de « légalisation » des avant-postes établis autour de la ville de Sinjil, au nord de Ramallah et du gouvernorat d'al-Bireh, après avoir approuvé la juridiction de l'avant-poste appelé « Givat Harel ». Ce dernier bénéficie ainsi d'un cadre administratif et de planification indépendant, permettant l'élaboration de plans et d'infrastructures, l'allocation de budgets et l'expansion de la construction de la colonie en son sein.
Dans un communiqué de presse publié ce lundi, la Commission a expliqué que les autorités d'occupation, par le biais de ce qu'elles appellent l'Administration civile, ont annoncé l'approbation de la juridiction de l'avant-poste de « Givat Harel » afin d'achever sa légalisation et de le transformer en une colonie indépendante, capable de planification et d'expansion.
La Commission a ajouté que la juridiction concernée inclut des terres précédemment classées comme « terres domaniales » par les autorités d'occupation, permettant ainsi l'élaboration de plans d'aménagement, l'allocation de budgets et la construction de routes, de réseaux d'eau et d'électricité, ainsi que d'infrastructures publiques.
Ceci représente une nouvelle étape dans le projet de consolidation des avant-postes de colonisation entourant la ville de Sinjil.
La Commission a expliqué que cette mesure s'inscrit dans un processus entamé en février 2023, lorsque le gouvernement israélien a décidé de légaliser le statut des avant-postes adjacents de Givat Harel et Givat Haroeh conformément au droit israélien. Ce processus a progressé en juin 2026 avec la déclaration de 465,4 dounams de terres appartenant à Sinjil et Al-Lubban ash-Sharqiya comme « terres domaniales », dans le but de régulariser le statut de Givat Haroeh et de préparer une zone environ quatre fois et demie plus grande que sa superficie bâtie actuelle en vue d'une expansion future.
La Commission a précisé que la récente déclaration concerne l'approbation de la juridiction de Givat Harel/Karmei Oz, tandis que la déclaration foncière de juin visait Givat Haroeh. Elle a noté que les deux sites sont liés par une décision du Conseil des ministres de 2023 et un projet d'aménagement unique visant à établir une série de villages et d'avant-postes autour de Sinjil et de la vallée de Shiloh, tout en permettant à chaque site de mener une planification et un développement indépendants.
La Commission a également indiqué que le Conseil régional de Binyamin a affirmé que la séparation administrative entre les deux sites facilitait une planification indépendante et la pleine reconnaissance de chacun.
Elle a souligné que le conseil de colonisation connu sous le nom de « Benjamin » avait indiqué que la séparation administrative entre les deux sites permettait une planification indépendante et la pleine reconnaissance de chacun.
La Commission a ajouté que la définition des limites juridictionnelles constituait une mesure extrêmement dangereuse, car elle transformait l'avant-poste, simple implantation sur le territoire, en une unité administrative aux frontières clairement définies. Ceci permet ensuite l'élaboration d'un plan directeur, l'attribution de terres et de budgets, ainsi que la construction de routes, de réseaux d'eau et d'électricité et d'infrastructures publiques. De cette manière, les autorités d'occupation transforment les faits établis par les colons en établissements permanents bénéficiant de tous les outils de planification, de protection et de financement.
La commission a expliqué que les autorités d'occupation adoptent une approche progressive pour consolider le projet colonial, en commençant par une décision politique visant à régulariser le statut de l'avant-poste, suivie de la déclaration du territoire comme « terre domaniale », de la définition des limites juridictionnelles, de l'élaboration de plans, de l'allocation de budgets et, enfin, du lancement d'appels d'offres et de la mise en œuvre du projet. Elle a ajouté que la multiplicité des décisions ne représente pas des projets distincts, mais plutôt des étapes successives menant à un seul et même résultat : la saisie des terres et la transformation des avant-postes en colonies officielles susceptibles de s’étendre.
Elle a souligné que le système médiatique israélien présente chacune de ces étapes comme une nouvelle réussite, créant ainsi l’image d’un progrès colonial continu et fournissant aux responsables israéliens des arguments pour leur propagande politique et électorale.
Elle a noté que la décision du jour était accompagnée d’une déclaration du ministre des Finances du gouvernement d’occupation extrémiste, Bezalel Smotrich, dans laquelle il se vantait de l’approbation de 104 avant-postes de colonisation, de l’avancement de 160 exploitations agricoles et de l’allocation de budgets substantiels pour les routes et les infrastructures. Ceci révèle l’utilisation de procédures administratives à des fins de promotion politique du projet d’annexion.
La Commission de résistance au Mur et aux colonies a souligné que la republication du projet sous différents angles exige un suivi rigoureux de chaque procédure, conformément à sa nature juridique et administrative, afin d’éviter de comptabiliser un même événement plusieurs fois. Elle a également souligné l'importance de lier la déclaration foncière, le périmètre de juridiction, le plan d'aménagement et les appels d'offres au sein d'un dossier spatial unifié. La Commission a précisé que l'annonce d'aujourd'hui constitue une nouvelle étape dans le processus de légalisation et de réglementation administrative de l'avant-poste, et non une nouvelle déclaration de confiscation de terres.
La Commission a averti que ce tracé vise à étendre la zone coloniale entourant Sinjil et Al-Lubban ash-Sharqiya et à la relier aux colonies de Shilo et Ma'ale Levona ainsi qu'aux avant-postes disséminés dans la région, réduisant ainsi l'espace agricole et urbain des villes palestiniennes, limitant l'accès des citoyens à leurs terres et modifiant la contiguïté géographique au profit du projet colonial.
F.N


