Ramallah, le 4 septembre 2026, WAFA – La Commission de résistance au mur et aux colonies a déclaré qu'une analyse des décisions relatives aux « zones d'influence » révèle que les autorités d'occupation israéliennes utilisent ces zones comme un outil central de contrôle spatial, comblant le fossé entre la confiscation des terres et la planification et la construction effectives.
La Commission a expliqué que la définition d'une zone d'influence ne se limite pas au tracé des limites administratives d'une colonie, mais lui octroie également une zone de réserve pour son expansion. Elle permet l'élaboration de plans structurels et détaillés, le développement des routes et des infrastructures, l'affectation de terrains pour les bâtiments publics, les zones commerciales et industrielles et, en dernier ressort, le lancement d'appels d'offres et la construction de logements dans la colonie. Ainsi, les terres situées à l'intérieur de ces limites, même temporairement non aménagées, sont soumises à la logique de l'aménagement colonial et entravent le développement palestinien.
La Commission a poursuivi : « Le processus de définition ou d’extension des zones d’influence n’est pas moins dangereux que les déclarations de “terres domaniales”, les confiscations ou l’approbation de plans et d’appels d’offres, car il établit le cadre spatial dans lequel ces mesures opèrent collectivement et offre un aperçu précoce de l’avenir du projet colonial.
En examinant l’orientation de ces zones d’influence et leur connexion aux routes existantes, aux colonies et aux nouveaux sites coloniaux, on peut anticiper les blocs que les autorités d’occupation s’efforcent de créer, les espaces qu’elles cherchent à occuper, les axes qu’elles visent à relier et les communautés palestiniennes menacées de siège et d’isolement.
Par conséquent, la carte des zones d’influence n’est pas une simple description de la réalité actuelle, mais une carte préventive de ce que les autorités d’occupation prévoient d’imposer sur le terrain à l’avenir.»
Les données de suivi et de documentation de la Commission de résistance au mur et aux colonies indiquent l’adoption de 67 nouvelles zones d’influence et la modification de zones existantes en 2026, pour une superficie totale de 138 076 389 dounums.
Ces zones ont été réparties en quatre phases : une zone le 4 janvier, 16 zones le 5 mars, 27 zones le 31 mai et 23 zones le 25 août. La concentration de 50 zones, couvrant 101 556 853 dounums, rien que lors des phases de mai et d’août, révèle que le processus s’est déroulé par vagues simultanées et de grande ampleur, dépassant le cadre de simples modifications municipales pour aboutir à une réorganisation de la carte coloniale en Cisjordanie.
Concrètement, une « zone d’influence » désigne l’espace géographique au sein duquel les conseils coloniaux exercent leurs pouvoirs municipaux et administratifs, notamment la fourniture de services, la gestion des ressources et des routes, ainsi que l’application des réglementations locales.
Une « zone d’influence » constitue également le cadre spatial dans lequel la planification et le développement peuvent être mis en œuvre. Ces limites, au sein du système militaire israélien, sont définies par l’ordonnance n° 783 de 1979 relative aux conseils régionaux et l’ordonnance n° 892 de 1981 relative aux conseils locaux, et sont délimitées par des cartes et des arrêtés signés par le commandant de zone.
La désignation d'une zone d'influence ne constitue pas, en soi, un transfert de propriété foncière ni une approbation définitive d'un plan de construction. Elle établit plutôt le cadre administratif nécessaire à l'expansion de la colonie, à l'annexion d'avant-postes et à la gestion du territoire à son profit.
De plus, la superficie calculée représente l'intégralité du polygone publié, et non la superficie nette ajoutée à ses limites initiales. Juridiquement, ces mesures ne confèrent à la puissance occupante ni souveraineté ni aucun droit légitime sur le territoire occupé, et ne modifient en rien l'illégalité des colonies au regard de l'article 49/6 de la Quatrième Convention de Genève.
F.N



