Jérusalem, le 16 février 2026, WAFA – Un rapport du centre juridique palestinien Adalah révèle une hausse sans précédent de l’utilisation de la détention administrative contre les Palestiniens citoyens d’Israël (territoires de 1948), en particulier depuis le déclenchement de la guerre à Gaza. Selon le rapport, cette pratique, historiquement limitée aux Palestiniens des territoires occupés en 1967, s’étend désormais aux Palestiniens de l’intérieur et aux résidents de Jérusalem-Est.
Le rapport s’appuie sur des données officielles obtenues auprès du ministère israélien de la Justice. Entre le début 2020 et le 21 mai 2025 :
560 affaires de détention administrative ont été ouvertes devant les tribunaux centraux israéliens contre des citoyens et résidents palestiniens des territoires de 1948 et de Jérusalem-Est.
Au moins 175 appels ont été déposés auprès de la Cour suprême contre ces décisions, dont la grande majorité a été rejetée.
Depuis le début de la guerre à Gaza jusqu’au 21 mai 2025 :
297 affaires ont été traitées par les tribunaux centraux, reflétant une forte augmentation sur une courte période.
La Cour centrale de Jérusalem a traité 376 dossiers sur 560, montrant un ciblage particulièrement intensif des résidents de Jérusalem. D’autres tribunaux, à Haïfa, Nazareth, Beersheva et le centre, ont traité des dizaines de dossiers, surtout après le 7 octobre 2023.
Le rapport note que l’administration des tribunaux a refusé de fournir des informations détaillées sur l’identité des détenus, leur âge, la durée des détentions ou le nombre d’ordres de prolongation ou d’annulation, invoquant la confidentialité des audiences et l’absence de documentation numérique. Adalah considère cela comme un signe de manque de transparence institutionnelle et de défaillance structurelle dans le contrôle judiciaire, surtout face à l’approbation quasi systématique des ordres de détention administrative.
Le rapport rappelle que la détention administrative est une mesure exceptionnelle extrêmement sévère, permettant de détenir des individus sans inculpation ni procès, sur la base de renseignements secrets auxquels le détenu et son avocat n’ont pas accès, privant ainsi les personnes de leur droit à une défense effective. Ce système, hérité des régimes d’urgence du mandat britannique, est devenu permanent et utilisé presque exclusivement contre les Palestiniens, selon différentes lois selon le lieu et le statut légal.
Pour les Palestiniens des territoires de 1948 et de Jérusalem-Est, la détention administrative est appliquée selon la loi sur les pouvoirs d’urgence (détention) de 1979, donnant au ministre de la Défense le pouvoir de délivrer des ordres renouvelables dans le cadre d’un état d’urgence quasi permanent depuis 1948, ce qui transforme une mesure prétendument exceptionnelle en outil légal permanent.
Le rapport conclut que la détention administrative est désormais un instrument central dans le système israélien, contournant les obligations du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme, notamment l’interdiction de la détention arbitraire et le droit à un procès équitable, constituant ainsi une atteinte directe aux principes de justice et de responsabilité.
H.A



